Lorsque nous avons pris connaissance du discours de Blaise Compaoré à l’assemblée générale de l’ONU en septembre 2009, nous avons été particulièrement frappés par le manque de clarté si ce n’est de courage dans la position énoncée à propos de la question palestinienne par l’actuel président du Burkina Faso. Nous avions en souvenir ce que Sankara, lui, avait déclaré. Des militantes de SURVIE nous ont fait parvenir le récit de la marche sur Gaza décembre 2009, janvier 2010, auxquelles elles ont participé (voir à l’adresse ). A cette occasion il nous a semble utile de vous livrer, à titre de comparaison, l’extrait du discours de Compaoré à l’ONU consacré au Moyen Orient en septembre 2009 et quelques citations extraites de différents discours de Thomas Sankara. Un exemple supplémentaire de l’actualité de la pensée de Thomas Sankara.

On notera enfin que, plus récemment, lors des bombardements israéliens sur Gaza en juillet 2014 le Burkina s’est abstenu (voir ci-dessus) lors du vote d’une résolution proposée au conseil des droits de l’homme de l’ONU, par la Palestine condamnant des violations généralisées, systématiques et flagrantes des droits de l’Homme dans les Territoires Palestiniens ainsi que des attaques disproportionnées qui peuvent constituer des crimes internationaux. La résolution prévoit par ailleurs l’ouverture d’une enquête internationale afin de déterminer la liste des violations et crimes perpétrés par l’armée israélienne à Gaza

Bruno. Jaffré


blaise2Discours de Blaise Compaoré à l’occasion du débat général de la 64ème session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (New-York, 25 septembre 2009)

Extrait sur le Moyen Orient :

« Au Moyen-Orient, nous nous félicitons du bon déroulement des élections au Liban et encourageons ce pays à améliorer ses relations avec la Syrie et Israël. La stabilité retrouvée du Liban et les perspectives de normalisation avec les Etats voisins constituent une opportunité pour envisager avec sérénité un règlement global de la question palestinienne. »


jpg/thomas-sankara-1.jpgExtraits de discours de Thomas Sankara sur le Moyen Orient

Discours prononcé au Sommet des Non alignés de New Delhi en mars 1983.

«De même pensons-nous, notre mouvement ne peut accepter le rôle d’observateur muet et passif qu’on cherche à lui imposer, comme au reste du monde dans ce conflit du Proche Orient, vieux maintenant de près 40 ans, où les manoeuvres combinées de l’impérialisme et du sionisme, ont réussi non seulement à expulser de sa patrie le peuple palestinien mais aussi à la suite d’agressions barbares successives à réaliser et maintenir l’occupation militaire et l’annexion de vastes territoires de plusieurs pays arabes membres de notre mouvement.

Récemment encore, il y a moins d’un an, le gouvernement d’Israël publiquement encouragé par les celui des Etats-Unis, et malgré la condamnation unanime des peuples du monde entier, a envahi avec son armée l’état du Liban, soumis la capitale Beyrouth à la destruction impitoyable de ses énormes moyens militaires, terrestres, maritimes et aériens, malgré l’héroïque résistance de la ville et des palestiniens sous la direction de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine).

Malgré le cessez-le feu obtenu par la communauté internationale, le gouvernement israélien a permis les massacres inqualifiables de Sabra et Chatila dont les responsables méritent d’être poursuivis pour crime contre l’humanité et s’obstinent encore à refuser de retirer du Liban les troupes d’agression.»

Discours de Thomas Sankara devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 4 octobre 1984. 

«Enfin, je veux m’indigner en pensant aux Palestiniens qu’une humanité inhumaine a choisi de substituer à un autre peuple, hier encore martyrisé. Je pense à ce vaillant peuple palestinien, c’est-à-dire à ces familles atomisées errant de par le monde en quête d’un asile. Courageux, déterminés, stoïques et infatigables, les Palestiniens rappellent à chaque conscience humaine la nécessité et l’obligation morale de respecter les droits d’un peuple : avec leurs frères juifs, ils sont antisionistes.»

…/…

«Mais la recherche de la paix va de pair avec l’application ferme du droit des pays à l’indépendance, des peuples à la liberté et des nations à l’existence autonome. Sur ce point, le palmarès le plus pitoyable, le plus lamentable, oui, le plus lamentable, est détenu au Moyen Orient en termes d’arrogance, d’insolence et d’incroyable entêtement par un petit pays, Israël, qui, depuis, plus de vingt ans, avec l’inqualifiable complicité de son puissant protecteur les Etats-Unis, continue à défier la communauté internationale.

Au mépris d’une histoire qui hier encore, désignait chaque Juif à l’horreur des fours crématoires, Israël en arrive à infliger à d’autres ce qui fut son propre calvaire. En tout état de cause, Israël dont nous aimons le peuple pour son courage et ses sacrifices d’hier, doit savoir que les conditions de sa propre quiétude ne résident pas dans sa puissance militaire financée de l’extérieur. Israël doit commencer à apprendre à devenir une nation comme les autres, parmi les autres.

Pour l’heure, nous tenons à affirmer du haut de cette tribune, notre solidarité militante et agissante à l’endroit des combattants, femmes et hommes, de ce peuple merveilleux de la Palestine parce que nous savons qu’il n’y a pas de souffrance sans fin.»

…/…

«Enfin ma délégation n’aurait pas accompli tous ses devoirs si elle n’exigeait pas la suspension d’Israël et le dégagement pur et simple de l’Afrique du Sud de notre organisation. Lorsque, à la faveur du temps, ces pays auront opéré la mutation qui les introduira dans la Communauté internationale, chacun de nous nous, et mon pays en tête, devra les accueillir avec bonté, guider leur premier pas.»

Discours de Thomas Sankara lors de la visite de François Mitterrand à Ouagadougou le 17 novembre 1986 

« Nous suivons et apprécions aussi chaque jour, les actes comme ils sont posés. La France est engagée avec les autres peuples du monde dans la lutte pour la paix et c’est pourquoi, à l’heure où nous nous rencontrons aujourd’hui, il convient de rappeler que d’autres, ailleurs, ignorent, et pour combien de temps, cette paix.

Il s’agit d’abord des Palestiniens. Les Palestiniens, des hommes et des femmes qui errent de part en part, bohémiens du sionisme. Ces hommes et ces femmes qui sont contraints de chercher refuge, ces hommes et ces femmes pour qui la nuit est une succession de cauchemars et le jour, une avalanche d’obus. »

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