Publié dans Carrefour africain n°853 du 19 octobre 1984.

Sur invitation du camarade capitaine Thomas Sankara, président du Conseil national de la révolution, président du Faso et chef du gouvernement, le frère Mohamed Abdelaziz, secrétaire général du Front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique, a effectué une visite officielle au Burkina Faso du 14 au 15 octobre 1984.

Le président Mohamed Abdelaziz et l’importante délégation qui l’accompagnait ont reçu de la population burkinabè un accueil fraternel et chaleureux.

Au cours des entretiens qui se sont déroulés dans une atmosphère de fraternité, d’amitié et de compréhension mutuelle, les deux chefs d’État ont procédé à un vaste tout d’horizon sur la situation tant au niveau bilatéral qu’international. Les deux délégations se sont félicitées de la parfaite identité de vue qui s’est dégagée de ces entretiens.

Au plan bilatéral, les deux présidents ont exprimé avec force leur satisfaction pour l’excellence des relations entre les deux peuples et pour l’identité des objectifs des deux révolutions. Ils ont réaffirmé [avec] force leur ferme détermination à œuvrer pour que le peuple sahraoui recouvre toute sa souveraineté, prix du sang versé par les dignes fils sahraouis au cours des combats héroïques qu’ils continuent de livrer à la horde des suppôts de l’impérialisme que sont les forces expansionnistes et hégémonistes marocaines.

Ils ont par ailleurs convenu de mettre en place un mécanisme de consultation périodique en vue de réaliser l’indépendance totale et le bien-être socioéconomique de leurs peuples respectifs.

Au plan africain, le camarade président du Faso et le président de la République arabe sahraouie démocratique ont déploré les conflits de tous ordres qui secouent l’Afrique. Ils ont souligné avec satisfaction l’engagement révolutionnaire des peuples sahraouis et burkinabè à combattre toutes les forces rétrogrades pour que triomphent la cohésion et l’unité du continent.

Concernant le conflit qui oppose la République arabe sahraouie démocratique au Royaume du Maroc, les deux présidents condamnent fermement le refus marocain du plan de paix décidé à l’unanimité par la 19ème conférence au sommet des chefs d’État de l’OUA, et dénonce l’intransigeance du Maroc qui constitue le seul obstacle devant l’établissement de la paix dans la région nord-ouest africaine.

Ils rejettent sur le Maroc la lourde responsabilité de la non application de la résolution AAG_104 (XIX) du 19ème sommet de l’OUA, et appellent tous les pays africains à assumer leur responsabilité face à la poursuite de la guerre d’agression marocaine contre le peuple de la République arabe sahraouie démocratique.

À propos du Tchad, les deux chefs d’État ont pris acte de la décision de retrait simultané des troupes étrangères qui, espèrent-ils, marque une étape décisive vers une solution heureuse au douloureux conflit fratricide qui déchire ce pays depuis deux décennies. Ils encouragent d’une part les pays concernés à concrétiser leur décision de retrait et d’autres part les frères Tchadiens à se retrouver autour d’une table de négociations pour instaurer la paix et sauvegarder l’unité du Tchad, matérialisant ainsi les efforts louables de l’OUA et ceux de la République du Congo tendant à réunir les parties tchadiennes à Brazzaville.

En ce qui concerne la situation en Afrique australe, les deux chefs d’État ont condamné avec vigueur la farce constitutionnelle que le régime raciste et barbare sud-africain impose à la communauté internationale avec la bénédiction de ses alliés occidentaux. Ils ont réitéré leur conviction qu’aucune solution pacifique ne peut être envisagée dans cette partie du continent tant que la majorité noire n’aura pas acquis le libre exercice de ses droits.

Ils ont salué avec respect le sacrifice des dignes combattants de la liberté en Afrique du Sud, symbole de courage et de détermination, tombés notamment à Brazzaville et à Soweto sous les balles du régime inhumain et fasciste de Pretoria.

Ils ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la lutte héroïque que mène l’ANC pour le triomphe de la liberté et de la dignité. S’agissant de la Namibie, les deux chefs d’État ont souligné leur attachement au respect et à l’application des résolutions pertinentes des Nations unies, notamment la résolution 435 (1978) du Conseil de sécurité. Ils ont condamné toutes les tentatives visant à contourner ladite résolution et à lier l’indépendance de la Namibie au retrait des forces cubaines d’Angola et ont réaffirmé leur soutien total à la Swapo, seul et authentique représentant du peuple namibien.

Au plan international les deux chefs d’État se sont déclarés profondément préoccupés par la situation extrêmement grave qui prévaut au Moyen-Orient. Ils ont condamné les manœuvres combinées de l’impérialisme et du sionisme qui ont visé non seulement l’expulsion de sa patrie le peuple palestinien, mais aussi, à la suite d’agressions barbares successives, la réalisation et le maintien de l’occupation militaire et l’annexion de vastes territoires de plusieurs pays arabes. Ils ont apporté leur soutien à la lue courageuse du peuple palestinien sous la direction de unique et authentique représentant, l’OLP.

Les deux chefs d’État ont exprimé leur solidarité militante aux peuples du Nicaragua et du Salvador qui, les armes à la main, luttent farouchement contre les forces impérialistes pour asseoir leur indépendance véritable.

Au terme de son séjour au Burkina Faso, le frère Mohamed Abdelaziz a exprimé ses vifs remerciements à son frère et ami, le camarade président Thomas Sankara, au Conseil national de la révolution, au gouvernement et au peuple burkinabè tout entier pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité dont lui-même et sa délégation ont été l’objet durant leur séjour.

Fait à Ouagadougou, le 15 octobre 1984.

Pour la République arabe sahraouie démocratique,

Mohamed Abdelaziz

Secrétaire général du Front Polisario et président de la république arabe sahraouie démocratique

Pour le Burkina Faso,

Capitaine Thomas Sankara

Président du Conseil national de la révolution, président du Faso, chef du gouvernement

 

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