Congrès de l’UPS (Union des partis sankaristes) les 1 et 2 mars 2008, revue de presse et commentaires

 

 

Nous n’avons pas vocation a nous prononcer sur la vie des partis sankaristes mais pour autant, travaillant à faire connaitre la vie et l’action de Thomas Sankara, nous souhaitons que l’unité des sankaristes se fassent eu plus vite et sur des bases solides dans l’intérêt de la population burkinabé.

 

Le « congrès de l’Unité » s’est donc tenu les 1 et 2 mars à Ouagadougou.

Nous vous livrons les premières informations et vous en donnerons d’autres au fur et à mesure que nous en recevrons.

Bien entendu nous affirmons tout de suite que nous sommes extrêmement déçus. D’abord parce que après les demandes insistantes des participants au symposium qui s’est tenu à Ouagagougou pour le vingtième anniversaire de la mort de Sankara, nous avions compris que tous les sankaristes devaient s’unir  y compris l’UNIR/MS et nous n’étions pas les seuls à avoir compris cela. Mais ce congrès de l’Unité ne devait donc que consacrer la transformation de l’UPS qui comprenait 5 partis en un seul parti ce qui devait constituer une étape en vue de l’union avec l’UNIR/MS.

Compte tenu des infos que vous verrez ci-dessous, vous comprendrez que c’est donc un échec puisque le FFS qui était la composante la plus importante voit ses deux principaux dirigeants se déchirer

Il est donc à craindre qu’une partie du FFS se maintienne, d’autant plus que si Norbert Tiendrebeogo en avait quitté récemment la présidence, il l’avait assumé pendant très longtemps ce qui rend probable le fait qu’il contrôle une bonne partie des militants.

On se trouvera en réalité donc en présence alors de 3 partis, une situation qui risque de consacrer donc un échec de l’unité.

On lira aussi les déclarations des uns et des autres. On comprendra d’abord qu’il ne semble pas qu’il y ait eu un véritable processus d’unification avec des réunions à la base des militants sankaristes de ces différentes organisations. Ensuite il apparaît bien que les obstacles soient des problèmes de personnes et de pouvoir ce qui ne fait pas honneur à ceux qui en sont la cause. Enfin la question des perspectives de changement n’est pas abordée.

Comme les péripéties précédentes qu’on vécu les partis sankaristes, il semble qu’une fois encore cette dernière ait créé de nouvelles inimitiés.

Après le succès du 20eme anniversaire de la mort de Sankara à Ouagadougou et alors qu’une révolte contre le régime vient de nouveau de toucher plusieurs villes pour protester contre vie chère on comprendra que les tergiversations actuelles ne feront qu’éloigner encore un peu plus les perspectives d’une véritable alternative au Burkina, alors que beaucoup de jeunes et de militants sont prêts à s’engager pour un véritable changement.

Reste un faible espoir que malgré ces difficultés une dynamique de l’unité s’installe vraiment.

Fassent que les sankaristes puissent entendre le désarroi de la jeunesse burkinabé et se lancent dans un véritable processus d’unité. Il faut aussi qu’il sache que l’histoire ne leur fera pas de cadeau s’ils continuent sur cette voie.

Qu’ils nous envoient vite des signes que cette nouvelle péripétie sera vite oubliée. Après ces articles sont extraits de journaux qui n’ont pas de sympathies particulières pour les sankaristes. Alors que ceux-ci s’expriment et nous envoient leurs réfléxions nous les publierons bien sur.

Les animateurs du site


Partis politiques au Burkina L’impossible unité des sankaristes

L’indépendant du 19 février 2008

A l’issue du symposium international sur la pensée et l’action du président Thomas Sankara tenu en octobre 2007 en marge de la commémoration du 20ème anniversaire de son assassinat, une recommandation sur l’unité des sankaristes a été adoptée. Des personnes ont été mandatées pour être des facilitateurs du processus d’unification du mouvement sankariste. Un chronogramme de travail devra a été adopté en vue de l’élaboration des textes fondamentaux et les organes de la future structure.

L’UPS est née pour l’union des sankaristes

Mais déjà, les suspicions nourries par les différents partis risquent de compromettre cette dynamique née à la faveur de la commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara. Les principales forces concernées par cette union sont notamment l’Union pour la Renaissance/ Mouvement sankariste (UNIR/MS) et l’Union des Partis sankaristes (UPS). L’UPS a été créée le 12 janvier 2007 avec pour objectif, la fusion des partis sankaristes. L’UPS est un regroupement de cinq partis : le FFS, la CPS, l’Espoir, le PUND et le MSD. Elle est sortie des élections législatives de mai 2007 avec deux députés. Le 13 janvier 2008 était la date retenue pour le congrès constitutif. Selon un communiqué publié dans la presse, le congrès a été repoussé de 55 jours. Plusieurs raisons ont été avancées à savoir « l’absence de symbiose complète entre les militants des partis membres dans la mise en place des structures et la réalisation des activités, le non-bouclage financier dû en partie, aux activités du 20ème anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, l’approche des autres forces sankaristes qui accusent une lenteur quant à la signature des accords d’adhésion ». Le report de la date du congrès devra permettre aux partis membres de faire partager les textes dans leur esprit, d’achever la collecte de fonds propres, de parfaire les démarches avec les partis contactés que sont le CNR-MS et le FPC. Toujours selon le communiqué, « la coordination réaffirme son credo à l’unité qui se fera sans exclusive. En ce qui concerne l’UNIR/MS, des contacts multilatéraux sont en cours par l’entremise de la présidence du comité AN XX sur l’anniversaire sur saisine de l’UPS, conformément en à ses intentions et aux recommandations du symposium sur Thomas Sankara et de la veuve Mariam ». L’UPS est consciente qu’on ne saurait parler de l’unité des sankaristes sans un parti comme l’UNIR/MS et aurait donc mandaté la présidence de la commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara pour rencontrer ce parti afin de l’amener à adhérer. Mais selon des sources proches de ce regroupement de partis, l’UNIR/MS ne serait pas prête pour cette union, elle ne serait pas partante pour plusieurs raisons au nombre desquelles il y aurait la répartition des postes dans la nouvelle structure entre les partis concernés. Une union des partis priverait certains membres de l’UNIR/MS de responsabilités. En clair, l’UNIR/MS refuserait cette union pour une question de positionnement et de leadership. Pour ce faire, le parti de l’œuf poserait des conditions à remplir comme la conceptualisation du sankarisme avant de parler d’union. C’est ainsi qu’au niveau de l’UPS, on est prêt à céder à l’UNIR/MS, la présidence de la future structure et même le siège.

L’UNIR/MS se dit prudente

L’UNIR/MS a publié une directive à l’intention de toutes les structures statutaires du parti dans laquelle on peut clairement lire : « depuis un certain temps, il est fait cas d’une prétendue unité des Sankaristes par les médias à laquelle l’UNIR/MS serait partie prenante. Sans renier la nécessité de l’unité des sankaristes, notre parti tient à faire observer ce qui suit : notre parti, l’UNIR/MS est né par et pour l’unité des sankaristes. Notre congrès, tenu les 4 et 5 novembre 2006 a réaffirmé les conditions d’une unité saine et forte, porteuse d’espoir et à l’abri des appétits de certains camarades, prompts à la compromission avec le pouvoir en place ». A l’UNIR/MS, on a en mémoire l’unité des partis sankaristes en 2000 avec la création de la Convention panafricaine sankariste (CSP) qui a été très vite « vendue » à Blaise Compaoré pour se retrouver dans un gouvernement avec deux ministres. Cette situation a créé une grave crise au sein des sankaristes et on a assisté à la création de nouveaux partis sankaristes. L’UNIR/MS se réfère aux conclusions des travaux du symposium tenu du 11 au 15 octobre 2007 à Ouagadougou dans le cadre de la commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat du président Thomas sankara qui ont défini des modalités pratiques de cette unité qui passent préalablement par la conceptualisation du sankarisme, c’est-à-dire la définition claire du concept du sankarisme, ainsi que l’élaboration d’un code de conduite devant régir tous ceux qui se réclament de ce concept. Ce préalable devra permettre de savoir qui est sankariste. Le parti de l’œuf reste prudent à propos de cette approche dont le scénario s’apparente à celle qui a conduit à la mise en place de la CPS. Le pays connaît une morosité sur le plan politique comme en 2000 et la pression pour cette union s’apparente aussi à celle de 2000. Cette manœuvre à pour but selon eux, de noyer leur parti pour le faire disparaître. Au regard des résultats de l’élection présidentielle de novembre 2005, le candidat du parti s’est classé deuxième après Blaise Compoaré. La disparition de l’UNIR/MS serait une aubaine pour le CDP et l’UNIR/MS voit la main du CDP derrière ces agissements. Après avoir tenté en vain de salir le président du parti, il n’est pas exclu que le CDP trouve d’autres moyens de faire disparaître le parti en l’attirant dans une union pour la vendre par la suite au CDP, surtout que la présidence sera confiée à l’UNIR/MS. La justification de la directive de l’UNIR/MS trouve surtout sa source dans le fait que durant la campagne législative, des responsables de partis sankaristes ont fait savoir aux électeurs que ce parti était la fusion de tous les partis politiques sankaristes, ce qui a contribué à désorienter certains de leurs militants, selon un responsable du parti de l’œuf. A l’intention des personnes averties, ces mêmes dirigeants développement l’idée selon laquelle, seule l’UNIR/MS serait contre l’union des sankaristes. La situation est déplorable. Vivement que les personnes mandatées pour faciliter cette union fasse le travail nécessaire pour éviter un blocage parce que tôt ou tard, cette union est nécessaire.

Bary Raoul   

Source : L’indépendant du 19 février 2008  http://www.independant.bf


 Unité sankariste L’UPS attend maintenant l’UNIR/MS

 L’Observateur du 3 mars 2008 http://www.lobservateur.bf

 

Le 13 janvier 2007 au même stade du 4-Août, la Convention panafricaine sankariste (CPS), la Convergence de l’espoir (Espoir), le Front des forces sociales (FFS), le Parti pour l’unité nationale et le développement (PUND) et les mouvements sankaristes divers (MSD) décidaient de mettre sur pied un creuset pour rassembler tous les partis d’obédience sankariste : l’UPS naissait.

 Il fallait maintenant la rendre juridiquement unique. C’est chose faite depuis cet après-midi du 2 mars 2008. L’UPS existe légalement en tant qu’entité et un bureau (d’une trentaine de membres) y relatif a été mis en place (voir encadré).

 Du rapport de synthèse on retiendra que les partis ci-dessus mentionnés ont décidé de mettre un terme à la transition de « l’union » et créé un seul et unique parti : l’UPS. L’ex-patron de l’ex-FFS Norbert Tiendrébéogo (actuel député à l’Assemblée nationale) a été fustigé dans ce rapport pour ses « comportements anti-sankaristes… il s’est illustré et continue de s’illustrer comme un pion du régime Compaoré dans le mouvement sankariste ». Que repproche-t-on au juste à Norbert Tiendrébéogo ? Ecoutons Jean Hubert Bazié premier vice-président de l’UPS que nous avons interrogé sur le sujet : « En fait Norbert Tiendréogo s’est présenté pour le poste de président, il a été battu par 4 voix contre 12 pour Joseph Ouédraogo… au début toute la coordination de l’UPS était unanime pour que Nestor Bassière prenne la tête de l’UPS… mais Norbert était contre… Il a contraint Bassière a retirer sa candidature, tout en affirmant que sans lui il n’y a pas d’unité… et qu’il faut penser à cette unité dans deux ans au plus tôt… or le même Norbert n’a pas payé ses cotisations et ne vient pas aux réunions, alors qu’il a bénéficié des fruits de cette unité… Je n’étais pas là quand on redigeait le rapport mais objectivement avec ce comportement il fait le jeu du pouvoir en place ».

 Ce congrès constitutif fut l’occasion aussi de faire un arrêt sur les manifestations contre la vie chère : pour l’UPS, avec cette conjoncture sociale, le régime Compaoré a prouvé qu’il est désordonné et dangereux. « L’UPS tout en restant solidaire avec les victimes des affrontements, condamne avec la dernière énergie, les manœuvres dilatoires et les répressions féroces du régime Compaoré contre les manifestants » Du reste « l’UPS exige la démission du PM et du ministre de l’Economie et des Finances ». Enfin l’UPS condamne les privatisations qui sont des bradages de nos sociétés.

 Le nouveau patron de l’UPS Joseph Ouédraogo pour son discours en tant que nouveau président du parti remerciera le peuple burkinabè d’avoir élu 2 députés UPS et en appellera à l’unité sankariste, comme l’a souhaité le symposium sur Thomas Sankara tenu en octobre 2007 et comme le souhaite Mariam la veuve du président du CNR. Il fera un clin d’œil à l’UNIR/MS de Me Benewendé Sankara afin que la boucle relative à cette unité sankariste soit bouclée. Cet appel sera-t-il entendu par le parti de l’œuf ? Réponse dans les prochains mois.

 Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

Quelques membres de l’UPS issus du congrès constitutif

 

 Président d’honneur : Nongma Ernest Ouédraogo

 Président : Joseph Ouédraogo dit le « doyen »

 1er vice-président : Jean Hubert Bazié

 2e vice-président : Jonas Sawadogo

 3e vice-président : Charles Bado

 4e vice-président : Bassière Nestor

 5e vice-président : Justin Somé

 Secrétaire général : Ibrahim Maré

 Secrétaire général adjoint : Abdoulaye Ouédraogo

 Secrétaire général chargé des structures : Alexandre Sankara

 Secrétaire général adjoint : Hervé Ouédraogo

 

 


 

 Unité des sankaristes : Un véritable serpent de mer

Source : L’Observateur du 4 mars 2008 voir à l’adresse http://www.lobservateur.bf

Ce qui devait être un congrès de fusion avec comme socle l’Union des partis sankaristes (UPS), née le 13 janvier 2007, aura finalement consacré la désunion de cette famille politique. Une fois de plus.

Le symposium sur Thomas Sankara, tenue en octobre 2007 à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort du président du Conseil national de la révolution (CNR), avait beau inviter et inciter toutes les étoiles de la galaxie sankariste à former un seul astre pour mieux briller au firmament du microcosme politique national, rien n’y a fait. Pas même les adjurations de Mariam Sankara, du haut de son statut de veuve d’une légende.

 La faute, disent les congressistes des 1er et 2 mars 2008, à des personnalités comme Norbert Tiendrébéogo, député… UPS qui, à défaut d’être calife, aurait boudé le rassemblement. Et de fait, l’incriminé a d’ores et déjà déclaré que son parti, le Front des forces sociales (FFS), n’en fait pas partie. La faute aussi, croit-on lire entre les lignes, à l’Union pour la renaissance/Mouvement sankariste (UNIR/MS), à qui le vieux Joseph Ouédraogo et ses camarades ont fait un appel du pied, mais qui se ferait désirer.

 A mots à peine couverts, certains accusent en fait Me Bénéwendé Sankara, auréolé de sa deuxième place à la présidentielle de novembre 2005 et de ses scores honorables aux législatives de 2002 et de 2007, de se la jouer perso, convaincu qu’il serait de pouvoir exister et réussir sans les autres. « Une Union sans l’UNIR », tel était d’ailleurs le titre de notre papier qui annonçait la naissance de l’UPS (1).

 Et voici ce qu’en pensait alors Me Sankara : « L’unité est une chose louable, seulement elle doit avoir des bases solides et reposer sur des principes clairement établis ». Et d’enfoncer le clou de la division en estimant que « les dés ont malheureusement été pipés depuis la présidentielle, où certains responsables se sont déclarés candidats sans un consensus, qui était pourtant en gestation ». Sa position a-t-elle évolué entre-temps ? On peut en douter.

 Dans une situation où les uns imputent aux autres la responsabilité de l’échec, difficile de dire qui a raison et qui a tort. Une chose est par contre sûre : hors de l’union, point de salut. Cette vérité, elle vaut non seulement pour le cas présent, mais aussi pour toutes les autres obédiences politiques, où beaucoup de chefs de partis sont à la tête de leur propre « affaire » (dans tous les sens du terme) ; n’ayant d’existence véritable qu’à travers des déclarations soporifiques dans les médias à l’occasion de leur anniversaire, de journées mondiales de ceci ou de cela ou quand la conjoncture s’y prête.

 Comme c’est le cas en ce moment avec les manifestations violentes contre la vie chère, une occasion en or pour des formations, dont on avait oublié jusqu’à l’existence, de se faire un peu de pub pour se donner l’illusion d’exister. Sans l’UPS, Norbert Tiendrébéogo et Nestor Bassière auraient sans doute éprouvé quelque difficulté à siéger à l’hémicycle, car malgré leur valeur intrinsèque et leur expérience certaine, il n’est pas sûr que leur équation personnelle eût suffi à les y propulser.

 Les regroupements donc, c’est a priori tout bénef surtout quand on a la chance d’avoir une mascotte fédératrice, mythifiée de son vivant et sanctifiée depuis qu’elle a été fauchée par les balles assassines du 15-Octobre. D’où vient donc que toutes les cellules du sankarisme ne parviennent pas à fusionner ? Certainement du choc des ego parfois surdimensionnés, des protubérances du moi sur un air de « plus sankariste que moi tu meurs ».

 Thomas Sankara a beau se retourner dans sa tombe, il a de la peine à réaliser ce miracle, son idéal comme on dit dans le jargon du cru n’étant manifestement pas un ciment suffisamment fort pour rassembler tous ceux qui se réclament de lui. Faut-il donc se résoudre à l’idée que, décidément, cette introuvable unité sankariste est un véritable serpent de mer qu’on ne verra jamais ?

 Ousséni Ilboudo

(1) Cf « L’Observateur paalga » n°6804 du 15 janvier 2007

 


 

Norbert Tiendrébéogo au sujet de l’UPS : « Qui vaut 40 millions parmi ces gens-là ? »  

Source : l’Observateur du 4 mars 2008 voir à http://www.lobservateur.bf. On trouvera un peu plus bas la réponde de Nestor Bassière dont il est longuement question ici.

 

Accusé par Hubert Bazié de faire le jeu du pouvoir, le député Norbert Tiendrébéogo a répondu qu’il n’en était rien et que trop de médisances sont dites contre lui. « On raconte même que le pouvoir m’avait donné 40 millions pour saborder l’UPS.

Qui vaut 40 millions parmi ces gens-là ? C’est me manquer de respect que de raconter des choses comme ça sur mon compte ». Voilà un extrait de l’entretien que nous a accordé, hier à l’Assemblée nationale, en milieu de matinée, le fondateur du Front des forces sociales (FFS). Il a déclaré que le FSS ne fait pas partie de l’Union des partis sankaristes (UPS) et qu’il écrirait instamment au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation pour le lui signifier. Lisez plutôt.

Bien que vous soyez député UPS, on ne vous a pas vu au congrès de fusion du week-end dernier. Y a-t-il une raison particulière à cela ?

 C’est vrai que je n’étais pas à ce congrès, mais je n’étais pas le seul militant ni le seul responsable du FFS à n’y avoir pas participé. C’est ensemble que nous avons pris la décision au niveau des responsables du FFS de ne pas participer à cette fusion-là, parce qu’elle devait annoncer la mort, c’est-à-dire la disparition, du FFS alors qu’absolument rien n’avait été préparé pour cela.

Autrement dit, il eût fallu que nous conscientisions davantage nos camarades et que nous convoquions un congrès de dissolution du FFS avant de pouvoir participer à une quelconque fusion. Tout cela n’ayant pas été fait, nous ne pouvions pas aller à ce congrès-là.

Nous avions du reste demandé que le temps soit donné afin qu’ensemble on puisse voir venir les choses. Mais il y avait comme une course de vitesse de la part de certains, une course de vitesse qui ne s’explique pas d’ailleurs. Et voilà aujourd’hui le résultat auquel on est arrivé.

Vos camarades disent que vous vouliez le poste de président et que c’est parce que vous avez été battu par 12 contre 4 voix pour Joseph Ouédraogo que vous avez boudé le rassemblement. Qu’en est-il au juste ?

 C’est vrai que je voulais le poste de président. Mais cela n’est un secret pour personne, parce qu’il y a déjà plus de 4 mois que j’annonçais à qui voulait l’entendre que je considère que c’était une mission essentielle pour moi d’assumer la présidence de l’UPS. Et cela, au vu de la démarche des uns et des autres. Vous savez que c’est une présidence tournante qui a été instaurée.

 J’ai vu la présidence d’Ernest Nongma qui, parce que celui-ci ne réside malheureusement pas à Ouaga, a été plutôt entamée par Jean Hubert Bazié. J’ai vu la présidence de Jean Hubert Bazié, celle de Nestor Bassière et enfin celle de Joseph Ouédraogo. Aucun d’eux ne m’a convaincu quant à sa capacité de diriger une formation politique qui se veut crédible.

 C’est en me fondant sur cela que je m’en étais ouvert à Bassière, qui est mon président de parti, pour lui dire que j’estimais qu’il était très essentiel pour moi de me préparer et qu’au niveau du FFS nous nous préparions tous ensemble afin de récupérer la présidence du futur parti.

 La raison de cette démarche est simple : vous savez bien que le FFS, c’est la force principale de ce regroupement-là. Nous sommes implantés pratiquement dans toutes les provinces, contrairement aux autres, qui se retrouvent chacun à peine dans une demi-douzaine de provinces. Dans ces conditions, vous savez très bien que nous ne pouvons pas marchander la présidence d’un tel regroupement.

 Si le FFS devait disparaître, il fallait que le socle dont il dispose puisse servir au futur parti. Personne d’autre qu’un responsable du FFS ne pouvait jouer ce rôle de responsable du nouveau parti. C’est pourquoi nous avons pris sur nous la décision de briguer la présidence.

 Lorsque les choses se sont présentées concrètement, au niveau du Bureau politique national (BPN) du FFS, nous avons demandé que les candidatures ne soient faites que par les partis et non par les individus. Deuxièmement, nous avons dit qu’il fallait qu’un conseil politique national, une structure qui est prévue par les textes de l’UPS, décide des candidatures et non pas la coordination politique nationale, qui ne compte qu’une vingtaine de membres et dont au moins 8 ne viennent jamais aux réunions.

 Le maximum qu’on a pu réunir à chaque fois qu’il y avait réunion, c’était 12 membres. Comment voulez-vous qu’une douzaine de responsables prennent sur eux tout l’avenir politique des uns et des autres ? Voilà comment les choses se sont posées.

 Et lorsque nous sommes arrivés en réunion il y a une semaine de cela, on nous a dit que c’était pour présenter les candidatures. Je me suis d’ailleurs rendu compte que la mienne n’avait pas été déposée par le président de notre parti.

 Au contraire, la sienne, qui avait été déposée depuis longtemps, était restée là alors qu’il était manifeste qu’il ne pouvait pas être candidat, puisque le FFS avait déjà désigné son candidat en la personne de Norbert Tiendrébéogo.

 Qu’à cela ne tienne, nous avons compris qu’il y avait du flou et nous nous sommes dit qu’il fallait suivre le mouvement jusqu’au bout et voir ce qui a été monté. Ensuite, on nous dit que c’est la coordination elle-même qui va se charger de désigner le président.

 Alors qu’il était clairement dit et même que tout le monde était d’accord que c’est le Conseil politique national, instance plus élargie que la coordination nationale, qui allait choisir le président. Lorsqu’on a demandé combien il y avait de candidats, nous nous sommes présenté. Au finish, on était trois candidats.

 Il y avait qui et qui ?

Il y avait moi-même, il y avait Joseph Ouédraogo et puis un certain Ibrahim Maré. Nous sommes sortis nous concerter, puisque personne ne voulait retirer sa candidature. Lorsque nous sommes revenus, Ibrahim Maré a déclaré qu’il retirait la sienne. Il ne restait plus que Joseph Ouédraogo et moi. Celui-ci a refusé de retirer sa candidature. Comment voulez-vous que lui, qui n’a pas de parti…

 …il n’est militant d’aucun parti ?

 Il n’est militant d’aucun parti. Il fait partie de ceux qui sont venus sous le couvert du MSD (Mouvement sankariste divers). Mais en fait, c’est lui et Mamadou Kabré. On ne peut pas comparer ceux-là au FFS. Déjà c’était illogique.

 Je lui ai quand même dit : rappelle-toi que tu m’avais dit que tu soutenais ma candidature. Je suis étonné que ce soit toi mon concurrent aujourd’hui. Il a dit oui, que c’est vrai qu’il me l’avait dit et promis, mais qu’après on a proposé sa candidature. En fait, c’est Kabré, son camarade du MSD, qui a proposé sa candidature. Il m’a dit avoir eu le soutien de tous les autres.

 Je lui ai aussi rappelé qu’il m’a dit que nous, nous ne pouvions pas en tant que Mossi laisser les Gourounsi prendre la présidence de l’UPS. Je lui ai rappelé qu’il s’en était vertement pris à Jean Hubert Bazié et lui ai demandé ce qu’il dira à ces gens-là s’il devient président.

 Je m’en étais ouvert à Bassière en lui expliquant ce que Hubert m’avait dit. Je n’ai pas compris cet élan tribaliste et ethniciste. Je n’y ai rien compris du tout. Qui plus est, il avait demandé, si je devenais président, à pouvoir compter sur moi pour devenir tête de liste nationale aux prochaines législatives parce qu’à son âge, il ne peut plus rien faire et si au moins une fois il pouvait siéger à l’Assemblée nationale…

 Vous voyez bien qu’une telle personne n’est pas en train de viser la fusion de l’UPS, dont on parle tant, c’est juste une personne qui court après ses intérêts propres. Considérant tout cela, je ne pouvais pas me désister en faveur d’une telle personne, en qui je ne saurais me reconnaître.

 Donc vous êtes allés aux élections…

 Tout à fait. Mais c’était pour voir jusqu’où les gens sont prêts à aller. Effectivement, nous n’avons bénéficié du soutien d’aucun parti. Les 4 voix dont on parle tant sont celles des membres du FFS, chaque parti a 4 représentants.

 Nous, du FFS, on était 4. Bassière lui-même n’était pas là, mais on nous a dit que comme c’est le parti qui présente son candidat et étant lui-même le président du parti, on peut bénéficier de sa voix. Voilà comment nous avons eu les 4 voix. Tous les autres ont voté Ouédraogo Joseph.

 Tous les autres, c’est qui ?

 Ce sont ceux de la Convention panafricaine des sankaristes (CPS), de la Convergence de l’Espoir, du PUND et du MSD. Dans ces conditions, j’ai fait savoir aux camarades qui étaient avec moi que nous ne pouvions briguer un autre poste. Il fallait que nous en rendions compte au parti. Lorsque nous l’avons fait, le parti nous a dit que nous avons manqué de vigilance parce que nous n’aurions pas dû aller aux élections.

 On nous avait dit que nous sommes la force principale, nous ne pouvions pas transiger en ce qui concerne le poste spécifique de la présidence. Si nous avions la présidence, on pouvait concéder d’autres postes de responsabilités aux autres membres des autres partis. Avec ce que nous avons sur le terrain, si nous perdions la présidence, ça signifierait du coup que nous perdons tout le travail, tous les acquis que nous avons capitalisé sur le terrain.

 Et pourtant, Bassière, qui était le président du FFS, est quand même vice-président de l’UPS…

Oui, parce que quand on a connu les résultats, nous nous sommes retrouvés entre membres du secrétariat exécutif permanent du FFS. Nous avons analysé la situation. Nous avons dit que nous ne pouvions pas abandonner la présidence. On pouvait à la limite ne pas avoir une vice-présidence pour Bassière, mais il y a un certain nombre de postes que nous devions avoir.

Nous avons d’ailleurs prévu 6 ou 8 camardes pour entrer dans le secrétariat exécutif. Nous avions tenu aussi à ce que les présidents des régions soient également membres du secrétariat exécutif, parce que c’est eux qui ont la lourde tâche de représenter le parti dans les régions et s’ils ne peuvent pas participer aux prises de décision, ça pose problème.

Le bureau qui nous était proposé par les autres, c’était des postes de secrétaires nationaux avec des adjoints à tous les niveaux. Vous savez bien qu’un tel bureau ne serait pas fonctionnel. Lorsque nous avons fait le point, Bassière a été désigné avec Sankara et Komo, le premier vice-président, pour aller revoir les autres et leur dire que nous tenions à la présidence et quelles étaient nos revendications.

Les autres ont dit qu’on pouvait discuter des autres postes mais pas de la présidence. Dans ces conditions, nous avons dit que nous ne pouvions pas aller à ce congrès. Effectivement, si vous voyez, c’est Bassière qui y est parti avec Alexandre Sankara.

Bassière et Sankara se sont donc désolidarisés de vous ?

Tout à fait. Ils se sont désolidarisés du parti, pas de Norbert Tiendrébéogo. Ils sont allés en leur nom propre au congrès et non au nom du parti. C’est pourquoi je suis étonné que votre reporter ait parlé d’ex-FFS. Il n’en est pas question. Le FFS n’a pas été dissout. Nous allons d’ailleurs adresser une correspondance dans ce sens pour le signifier au ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation.

Pourquoi n’avoir pas voulu, comme certains le prétendent, que Nestor Bassière prenne la tête de l’UPS alors que, semble-t-il, l’unanimité était faite autour de son nom ?

 Ce sont des histoires. C’est personnellement que j’ai vu Bassière pour lui faire part de mon intention de briguer la présidence de l’UPS. Il m’a automatiquement donné son accord. Après, j’ai appris dans les couloirs qu’il y a un groupe qu’on appelle Jeunes rénovateurs (c’est des membres de la coordination de l’UPS) dont les membres s’étaient retrouvés pour désigner Bassière comme candidat à la présidence.

 Je l’ai rencontré par trois fois pour savoir s’il était au courant de cela. Il avait évité de me répondre puis par finir, il m’a affirmé que des gens lui proposent d’être président mais que lui-même n’est pas chaud, que les gens insistent tellement. Bref.

 Les Jeunes rénovateurs, ce ne sont pas des gens du FFS. Nous, nous travaillons en parti politique et non en regroupement d’individus. Notre candidat ne peut pas nous être proposé voire imposé de l’extérieur du parti.

 Lorsque nous nous sommes retrouvés en BPN du FFS, Bassière a dû retirer sa candidature parce que manifestement il ne pouvait pas voter contre moi. Donc ce n’est pas Norbert qui a contraint Bassière à retirer sa candidature, mais le parti politique FFS, qui a dit que son candidat, c’est Norbert Tiendrébéogo.

 On vous accuse également de ne pas payer vos cotisations et de sécher les réunions. Que dites-vous pour votre défense ?

 C’est vrai que c’est trop facile de dire que je ne paie pas mes cotisations. Je suis le seul à avoir payé entièrement mes 12 mois de cotisation à raison de 5 000 F par mois. Et ça, je l’ai fait depuis longtemps.

Donc vous êtes à jour de vos cotisations ?

Sur ce plan, oui. Mais on a imposé aux députés de donner 100 000 F par parti à l’UPS, c’est là que le bât blesse. C’est pour faire quoi ? Je ne sais pas.

 C’est chaque député qui doit payer cette somme par mois ?

 Oui, chaque député doit payer 100 000 F par mois. Moi, je n’ai jamais payé, Bassière non plus. Mais j’ai fait des dépenses qui peuvent compenser ces 100 000 F par mois que je n’ai pas versés et il le savent bien. J’ai payé les arriérés du siége de l’UPS. Il s’agit du siège de la CPS qui est devenu celui de l’UPS. Il fallait qu’on quitte le bâtiment puisqu’on ne payait plus le loyer.

 Bref, j’ai mis sur la table plus de 500 000 F. On m’a dit que c’est un don que j’ai fait et que ça n’a rien à voir avec les cotisations. Ça, c’est trop facile. Mais ce n’est pas une excuse pour moi. En fait, comme on avait un congrès de prévu, j’ai dit à Bassière qu’il fallait qu’on mette notre argent de côté pour pouvoir financer l’organisation du congrès.

 Parce que si on doit donner 100 000 F par mois, on va arriver au congrès et ils vont encore dire aux députés de le financer. Lorsqu’il a été question de financer le congrès, j’ai proposé de donner 1 500 000 F et que le député Bassière en fasse autant. Et chacun des autres, pendant 4 mois donneraient 10 000 F. Ma proposition a été balayée du revers de main. Donc aujourd’hui quand on dit à l’opinion que je ne paye pas mes cotisations, moi ça me fait rire. Ça manque de rigueur.

 Je ne vais pas aux réunions ? Oui, j’ai manqué des réunions. Si vous allez à des réunions et que quelqu’un les dirige comme s’il était à une réunion avec ses enfants dans son salon, j’avoue qu’il y a des raisons de ne pas y être intéressé. Deuxièmement, les textes de l’UPS disent que les réunions ont lieu une fois par mois. Mais là, pratiquement toutes les semaines, on nous dit qu’il y a réunion. Mais on a autre chose à faire !

 Je n’ai pas à me cacher sur ces questions. C’est de façon objective que j’ai pris position pour ne pas payer les 100 000 F par mois, parce que je pensais que ça pouvait servir à financer le congrès. Deuxièmement, il y avait trop de réunions. Les gens n’ont pas que ça à faire !

Jean Hubert Bazié estime que vous faites le jeu du pouvoir. Votre réaction.

 Ce que dit Jean Hubert Bazié n’engage que lui. C’est trop facile, c’est de l’étiquetage gratuit. Mais j’ai entendu pire que cela. La veille de la rencontre où on devait présenter les candidatures, l’un d’entre eux a convoqué une responsable du FFS pour lui dire que le pouvoir m’avait donné 40 millions pour saborder l’UPS. Qui vaut 40 millions parmi ces gens-là ?

 C’est trop gros et puis c’est me manquer de respect que de raconter des choses comme ça sur mon compte. L’opinion sait qui est Norbert Tiendrébéogo. Les gens savent bien ce que je vaux en la matière. Si c’est des offres, moi j’ai vu des offres passer. Ce n’est pas pour venir saborder l’UPS que je vais prendre 40 millions. Pour faire quoi ? Est-ce que le pouvoir a besoin de sortir 40 millions pour saborder un truc comme l’UPS ?

 Vous êtes et restez sankariste militant UPS ou FFS ?

 Je suis un sankariste. Je n’ai pas attendu ces dernières années pour être sankariste. J’ai été un militant du MTP de Nayabtigoungou Congo Kaboré, c’est vous dire. Après j’ai quitté ce parti avec d’autres camardes. J’ai été fondateur du Comité de réflexion et d’action pour l’unité des sankaristes avant d’en arriver à la création du FFS. Donc c’est un long parcours, un long trajet.

 Moi, je suis un militant du FFS. Je ne me reconnais pas dans l’UPS. C’est vrai que j’ai été élu sous la bannière de l’UPS, mais là aussi la clarification sera faite parce que je vais adresser une correspondance au président de l’UPS pour lui dire que je ne me reconnais plus dans ce regroupement, qui est d’ailleurs devenu un parti politique. Moi, mon parti, c’est le FFS.

 En clair vous démissionnez de l’UPS ?

 Bien sûr.

 A votre avis, à quoi sont dues ces éternelles bisbilles qui repoussent l’unité sankariste aux calendes grecques ?

 C’est le manque de maturité politique des uns et des autres. Il y en a qui pointent une querelle de leadership. Je ne le crois pas. Moi, par exemple, si j’avais un problème de leadership, je n’aurais jamais passé la direction du FFS à Bassière. J’ai voulu donner un exemple qui, malheureusement, est en train de se retourner contre moi. Mais je ne le regrette pas pour autant.

 Je pense que c’est une expérience qui valait la peine d’être vécue. Par contre quand je dis qu’il y a un manque de maturité politique, je veux parler de la facilité avec laquelle les uns et les autres se caractérisent, s’étiquettent, se soupçonnent.

 Lorsque j’ai proposé une démarche intelligente pour arriver à une union saine avec l’UNIR/MS, d’aucun parmi eux ont commencé à crier que j’étais contre l’unité. Non, il faut réfléchir et faire des projections. On ne peut pas aujourd’hui, à l’étape où nous sommes, discuter d’égal à égal avec l’UNIR/MS. Mais si on prend les composantes de l’UPS d’alors, on ne voit pas quel parti peut discuter d’égal à égal avec l’UNIR/MS. Peut-être le FFS dans une certaine mesure.

 Mais au sein de l’UPS, on ne veut pas reconnaître la force du FFS. Quand je vois Joseph Ouédraogo aller dire à Me Sankara de venir être le président du parti unifié, pendant que ce même Joseph Ouédraogo est incapable de reconnaître la supériorité du FFS sur les autres partis de l’UPS, il y a visiblement un problème.

 Est-ce que Me Sankara a une valeur individuelle irréfutable ou bien est-ce que c’est au FFS que nous n’avons pas des camarades à même d’assumer une présidence ? Voilà comment il faut poser les problèmes. Mais je dis que si on avait réussi à faire de l’UPS une vraie machine politique véritablement implantée dans toutes les provinces et même dans le plus petit hameau de culture, si dans ces conditions on ouvrait des négociations avec l’UNIR/MS, elles pouvaient durer peut-être un trimestre ou deux mais nous parviendrions à un accord.

 Mais quel temps nous faut-il pour nous implanter ainsi ? Avec ce congrès, ils sont en train de repartir de zéro alors que le FFS avait déjà un socle, sur lequel on aurait pu parachever le travail. Voilà tout le problème. Moi, j’avais donné un an à deux ans pour l’unité de l’UPS avec l’UNIR/MS. Mais là, je leur donne dix ans pour parvenir à cette union avec l’UNIR/MS. A moins qu’ils n’aillent plonger dans ce parti, je ne vois pas comment l’UNIR/MS va fusionner avec eux dans leurs positions actuelles. Voilà, c’est une question d’analyse.

 Est-ce qu’aujourd’hui Nestor Bassière reste un militant du FFS ?

 Bassière ne peut plus être militant du FFS. Il a choisi d’être dans l’UPS qui est un parti et non un regroupement de partis. Il ne peut pas appartenir à deux partis politiques. Il va donc de soi qu’il est du coup démissionnaire du FFS.

Propos recueillis par San Evariste Barro


 

Nestor Bassière à Norbert Tiendrébéogo : « J’ai hérité d’un FFS exsangue et vidé »

Source : L’Observateur du 7 mars 2008. (voir à l’adresse  http://www.lobservateur.bf) . Dans un entretien Nestor Bassière répond à l’interview de Norbert Tiendrébéogo publiée ci-dessus où il expliquait les raisons pour lesquelles il n’était pas allé au congrès de fusion de l’Union des partis sankaristes (UPS) et pourquoi, selon lui, le Front des forces sociales (FFS) ne fait pas partie de l’UPS .

En m’adressant à l’opinion publique et à nos militants à travers la présente déclaration, je voudrais tout d’abord m’excuser. M’excuser du fait qu’une fois encore des événements viennent mettre négativement des sankaristes au-devant de la scène. M’excuser parce que cela n’honore pas la mémoire de l’illustre disparu et le mouvement sankariste en général.

M’excuser enfin parce qu’en choisissant de faire cette déclaration, je m’inscris dans une ligne que j’abhorre. Cependant, il est indispensable que je rétablisse la vérité après l’interview accordée par Norbert Tiendrébéogo au journal l’Observateur Paalga dans sa parution du mardi 4 mars 2008. Je promets qu’en ce qui me concerne, il n’y aura pas de batailles de ‘’chiffonniers’’ dans la presse autour de cette histoire, car cela va de la crédibilité de tout le mouvement sankariste.

I- De la gestion du FFS

1) De l’émiettement du FFS

J’ai toujours été aux côtés du camarade Norbert dans toutes les difficultés. Quand il a été arrêté pour la pseudo-tentative de putsch, la région des Hauts-Bassins, dont j’étais le coordonnateur FFS, a été la seule à publier spontanément une déclaration de soutien au camarade avant même que les instances du parti se réunissent pour donner des directives.

Quand il a fallu aller à l’élection présidentielle en rang serré pour soutenir un seul candidat au niveau du Groupe alternance 2005, j’ai encore été du côté du camarade Norbert en me désolidarisant du mouvement général. Certains camarades ont cependant abandonné la barque parce qu’ils ne pouvaient pas accepter que le FFS ne soutienne pas un sankariste qui semblait être le candidat le mieux placé de l’opposition.

Après cette élection présidentielle, de nombreux autres camarades ont rendu leur démission. Il y avait dans le groupe des démissionnaires deux vice-présidents et plusieurs autres membres du Secrétariat exécutif permanent (SEP). Je rappelle qu’entre-temps, le camarade Chériff Sy avait quitté les instances après les législatives de 2002 pour finalement se mettre dans la société civile sankariste. C’est dans de telles conditions que j’ai hérité du FFS, un parti exsangue et vidé de beaucoup de ses cadres.

2) De mon élection à la présidence du parti

Avant tout propos, il est nécessaire que les uns et les autres sachent que beaucoup d’amalgames sont faits au niveau de la presse par rapport à la création du FFS, amalgames d’ailleurs entretenus par le camarade Norbert Tiendrébéogo.

J’ai fait partie du CRAUS (Comité de réflexion et d’action pour l’unité des sankaristes) au même titre que Norbert et d’autres camarades tels Fidèle Kientéga, Chérif Sy. Quand ce mouvement de la jeunesse sankariste s’est mué en parti sankariste le 02 octobre 1996, donnant ainsi naissance au FFS, j’étais encore présent, ainsi que beaucoup d’autres camarades.

Le poste de président a échu à Fidèle Kientèga à la naissance du FFS. Ce n’est qu’au deuxième congrès du parti en 1997 que Norbert a hérité de la présidence du parti. Conformément aux statuts du parti, il ne pouvait plus prétendre à la présidence du FFS après deux mandats ; c’est ainsi que j’ai été élu à la présidence du parti au congrès de septembre 2007, à Bobo.

Cette alternance avait été d’ailleurs saluée par l’opinion publique, qui était loin de se douter que le camarade Norbert n’avait fait que partir pour mieux revenir prendre ‘’sa chose’’. Quand dans ses propos le camarade Norbert parle de ‘’son’’ parti qu’il ‘’a donné’’, il confirme ainsi toute la vision qu’il a d’un parti politique.

II- Du processus d’unification des sankaristes

1) De la création de l’Union des partis sankaristes à l’orée des législatives de 2007

Après mon élection à la tête du parti et face aux échecs répétés du FFS aux différents scrutins, j’ai fait différentes analyses qui m’ont amené à m’inscrire dans une certaine dynamique. Les sankaristes étant restés émiettés pendant longtemps, pour moi, il n’y avait plus de salut pour ce mouvement en dehors de l’union des forces.

C’est pourquoi, quand des partis, comme la CPS, ont initié la création de l’UPS, j’ai marqué sans hésiter mon accord. On a alors prévu avec les autres partis membres de faire d’abord la coalition pour aller aux élections législatives pour peaufiner l’unité après. Au sortir des législatives, l’UPS a obtenu deux députés, tous issus du FFS (que sont Norbert Tiendrébéogo et moi-même).

2) De la fusion des partis après les élections législatives

Forts de ces résultats qui viennent confirmer l’attachement des militants à l’unité des sankaristes, les partis membres de l’UPS ont décidé de parachever l’œuvre entreprise en transformant l’union en une unité organique à travers la création d’un seul parti le 13 janvier 2008. A l’approche de ladite date, alors que les préparatifs se faisaient dans la sérénité, le camarade Norbert m’a approché pour manifester son souhait de diriger l’UPS en gestation.

Je lui ai alors dit que je n’avais pas d’ambition personnelle par rapport à la présidence, donc a priori, il n’y avait pas de raison qu’il ne bénéficie pas de mon soutien. Mais, je lui ai suggéré de revoir son projet de bureau dans lequel les premiers responsables des autres partis n’occupaient que des postes de seconde zone et où le FFS se taillait la part du lion. Avec un bureau FFS bis, j’étais convaincu que les autres camarades n’auraient jamais consenti à aller à une telle union.

Entre-temps, une nouvelle donne est advenue. Des jeunes camarades de tous les quatre partis membres de l’UPS, appelés ‘’jeunes rénovateurs’’, se sont réunis à plusieurs reprises et m’ont fait part de leurs analyses : au vu du passif de tous les anciens leaders sankaristes et des rancœurs qu’ils se vouent les uns à l’endroit des autres, il serait difficile pour l’un d’entre eux de conduire le parti unifié sans que des problèmes de personnes ne surviennent pour mettre en péril l’unité, comme à l’accoutumée.

Aussi ont-ils estimé que je suis la personne à même de faire l’unanimité autour d’elle, surtout que le FFS avait ‘’réussi’’ à faire la passation entre la vieille garde et la nouvelle génération. Après réflexion, j’ai fini par accepter la proposition des jeunes rénovateurs de briguer la présidence du futur parti tout en posant une seule condition : que les anciens leaders et chefs des différents partis membres de l’UPS acceptent de ne pas se présenter.

Je ne voulais pas faire la concurrence avec mes aînés. Les rénovateurs ont accepté ma proposition et chacun d’entre eux a travaillé à convaincre son chef du bien-fondé de leur démarche. C’est ainsi qu’ils sont parvenus, en discutant avec les leaders que sont Bazié, Nongma Ernest et Joseph Ouédraogo, à les convaincre de cette option.

Entre-temps, quand le camarade Norbert a eu vent de cette nouvelle donne, et sentant les différents obstacles à sa candidature, il a entrepris des manœuvres qui mettaient en péril l’union, au point que nous nous sommes demandé s’il voulait vraiment de cette amitié. J’ai alors convoqué le Bureau politique national (BPN) du FFS. Devant cette instance, j’ai signifié ma volonté d’être candidat à la présidence de l’UPS.

J’ai exposé de long en large les raisons qui m’ont guidé dans ce choix. J’ai également exposé le risque qu’il y avait pour le FFS de perdre la présidence, au regard des tractations qui se menaient au sein de l’UPS. Le camarade Norbert a maintenu malgré tout sa candidature, consacrant du même coup la division du parti en deux camps. Norbert suggéra alors que nous allions au vote. Cette procédure était pour moi le signe manifeste d’une division inéluctable. En toute responsabilité, j’ai décidé de retirer ma candidature pour sauvegarder l’unité du parti.

Au sortir de nos consultations, le BPN a pris deux résolutions importantes :
- aller à l’unité sans condition ;
- soutenir la candidature de Norbert Tiendrébéogo pour la présidence de l’UPS. A quelques jours du congrès, j’ai multiplié les rencontres pour faire aboutir la candidature du camarade Norbert.

Je lui ai dit qu’il devait tout faire pour rencontrer les autres partis membres pour s’assurer de leur soutien parce que ce n’était pas gagné d’office, au regard de toutes les frustrations que ses déclarations et positions léonines avaient engendrées.

Le 24 février 2008, la coordination de l’UPS, dont le camarade Norbert est membre, décida de procéder à la mise en place du bureau qui sera présenté pour approbation ou rejet au congrès. Après avoir tenté vainement de trouver le consensus entre les deux candidats en course, la coordination décida alors de désigner le président par vote. Le camarade Norbert fut battu par Joseph Ouédraogo.

Sur place, il demanda à tous les camarades du FFS de ne pas prendre de postes. Je rappelle que j’étais à Dakar en mission lors des élections. De retour, j’ai convoqué une réunion du SEP du FFS pour analyser la situation. C’est alors que Norbert a souhaité, en accord avec certains de ses proches, qu’on se retire de l’union parce que lui, Norbert, a perdu la présidence.

J’ai une fois de plus essayé une dernière tentative pour sauver l’union. J’ai suggéré au SEP de repartir négocier avec les camarades pour occuper des postes au sein du nouveau bureau de l’UPS. Lors de ces négociations, nous avons obtenu des camarades tous les postes que nous souhaitions dans le bureau, sauf la présidence, que Joseph Ouédraogo a gagnée à la suite d’une élection.

J’ai alors convoqué une réunion du SEP, le lendemain, à 48h du congrès, pour rendre compte aux membres de celui-ci des fruits de nos négociations avec les autres camarades de l’UPS. Norbert et ses proches ont boycotté cette rencontre, comme cela avait commencé à être le cas depuis un certain temps à chaque fois qu’ils sentaient l’étau se resserrer autour d’eux. J’ai alors compris que l’objectif premier du camarade Norbert n’était sans doute pas l’unité.

Après la commémoration des 20 ans de l’assassinat de Thomas Sankara, j’ai vu l’engouement du peuple pour l’idéal et pour le mouvement sankariste. Il était donc hors de question pour moi de travailler à l’émiettement du sankarisme au risque d’être comptable de l’échec devant l’histoire. Alors, à l’unanimité de ceux qui étaient présents, nous avons décidé de mettre en œuvre la résolution du BPN, qui avait décidé d’aller à l’unité conformément à la recommandation faite lors du symposium international sur Thomas Sankara.

Notre avenir politique à tous aujourd’hui se trouve dans l’unité et nous assumons notre choix, avec tous les camarades du FFS qui nous accompagnent. Quand Norbert affirme qu’il n’y a qu’Alexandre Sankara et moi qui faisons partie du bureau de l’UPS, il est loin du compte.

En dehors du président que j’étais et du secrétaire général qu’était Sankara, sont aussi dans le bureau de l’UPS l’ex 4e vice-président, Justin Somé, l’ex-secrétaire national à l’organisation, Sawadogo Lassina, l’ex-secrétaire à l’animation, Bicaba Zoubiéssé. Ces anciens responsables du FFS occupent des postes au niveau de l’UPS au nom du FFS conformément à la résolution du BPN. Ainsi, qu’il plaise ou non au camarde Norbert, le FFS est bel et bien dissout et fait désormais partie intégrante de l’UPS.

Nestor Bassière Député, ex-président du FFS, 2e vice-président de l’UPS


 

Jeunesse sankariste unie : « Nous ne voulons pas laisser le monopole du sankarisme aux partis politiques »

Source : Sidwaya (http://www.sidwaya.bf/) du 7 mars 2008

L’association Jeunesse sankariste unie (JSU) a animé, le jeudi 6 mars 2008 au Centre national de presse Norbert-Zongo, une conférence de presse pour informer l’opinion sur ses ambitions.

En organisant la conférence de presse, l’association Jeunesse sankariste unie (JSU) voulait d’abord se faire connaître. En effet, elle a reçu son récépissé le 31 décembre 2007. « La JSU est une association apolitique née de la volonté souveraine d’anciens pionniers de la Révolution démocratique et populaire, de jeunes sankaristes, de jeunes démocrates patriotes désireux d’apporter leur contribution à l’édification d’un Burkina Faso juste, libre, démocratique et prospère dans l’union de ses fils et filles ». C’est en ces termes que Issa Balima a présenté l’association qu’il dirige. Pour lui, il faudra désormais compter avec la JSU dans les luttes « émancipatrices et libératrices » du peuple. C’est pourquoi, elle lance un appel à tous les démocrates, sankaristes ou non, de quelque bord que ce soit à réaliser une unité d’action basée sur la justice, la liberté, la vérité, le courage politique et le respect matériel afin de donner une lueur d’espoir à notre vaillant peuple ».

Selon M. Balima, dans les jours à venir son association va envoyer des émissaires auprès d’organisations sociales et partis politiques pour les informer de la naissance de la JSU et aborder avec chacun d’eux la question de l’idéal sankariste dans un contexte constitutionnel et porteur. Les critiques acerbes qu’ils ont formulées sur les gouvernants ont amené les journalistes à poser la question aux membres de la JSU pour savoir s’ils sont réellement une association ou au contraire un parti politique. « Nous sommes une association de la société civile. Dans ce sens nous ne faisons pas de la politique politicienne. Nous disons aux partis ce que nous pensons mais nous sommes autonomes. Nous avons un parti pris pour un sankarisme fort et mobilisateur », ont répondu les conférenciers. Pour eux, la JSU vise avant tout à éveiller la jeunesse sur les idéaux du sankarisme et ne veut pas laisser le monopole du sankarisme aux partis politiques.

A propos de la récente création de l’Union des partis sankaristes (UPS) et du refus du député Norbert Tiendrébéogo d’y participer, le président de la JSU dira que : « l’attitude de Norbert Tiendrébéogo ne peut pas être une fierté pour nous. Nous l’avons vu évoluer, il a été élu sous la bannière UPS. L’unité ne doit pas être moi ou le chaos ». Pour la JSV, la problématique de l’unité des sankaristes est d’abord « une question de bonne foi et il faut dépasser l’égoïsme individuel…l’unité doit se faire sur des bases d’objectivité politique ». Issa Balima trouve que « Me Bénéwendé Sankara est classé deuxième personnalité politique par les sondages et est arrivé deuxième aux dernières élections présidentielles, c’est une fierté pour les sankaristes ». Sur les manifestations contre la vie chère, la JSU estime qu’il faut reconnaître aux organisations le droit de manifester mais dans les conditions légales car « force doit rester à la loi ».

Pour eux, « la vie chère est cautionnée par des gens détachés de la réalité ». A propos des mesures prises par le gouvernement pour réduire la vie chère, la JSU affirme : « Nous ne disons pas que c’est le médecin après la mort. Mais nous attendons de voir dans trois mois ». Quelles sont les sources de financement de cette association sankariste ? « Nos sources de financements sont basées sur les cotisations de nos membres », a répondu Bonaventure Keita, le secrétaire à l’organisation de la JSU.

Bachirou NANA

Sidwaya

 

1 commentaire

  1. > Congrès de l’UPS (Union des partis sankaristes) les 1 et 2 mars 2008, revue de presse et commentaires
    Je tiens a coeur que vous publiez ma pensee. Je suis sankarisme (et non « sankarasmiste » comme certains ont appele ceux qui se disent sankararistes sans vraiment vouloir de l’unite) et j’ai honte que l’unite tant recherchee soit toujours eloigne par les « sankarasmistes » au detriment des sankaristes que nous sommes (Ne faisons pas l’amalgame en croyant que sankarisme vient du nom Sankara. Pour moi le sankarisme est une facon nouvelle de diriger un pays pauvre pour l’amener sur le bon chemin, celui d’un veritable developpement durable. Sankara est celui qui a ete le premier a commencer a experimenter cette voie). Au fait, qu’est ce qui a provoque la mort de sankara? . C’est bel et bien le leadership ! Sinon que Blaise aussi fut sankariste a un moment donne ; et croyant etre plus sankariste que Sankara, il a provoque les tragiques evenements (paix a son ame !). Ainsi donc, je pense que ceux qui sement la zizanie en allant d’un parti sankariste a un autre doivent plutot rejoindre le CDP, (les sankaristes de leur accabit s’y trouvent) et nous laisser faire notre union. Pour moi, la federation des sankaristes viendra du peuple a travers de dignes fils (pas necessairement vivant a l’heure actuelle dans le Burkina). Le sankariste s’implantera en Afrique comme l’a ete le RDA dans les annees 1960. Et ces sankaristes burkinabe sinceres serreront la main des blaisistes (CDP et satellites) sans aucune vengeance ni rancoeur (Sankara ne disait-il pas que qui aime son peuple aime les autres peuples?). Nous cheminerons tous dans la meme direction contre l’exploitation de l’homme par l’homme et pour la dignite du burkinabe. La premiere vraie bataille des sankaristes sinceres commencera par aller vers les blaisistes (avant de coopter ceux qui se decretent sankaristes aujourd’hui dans les partis « sankaristes ») afin de les convaincre au lieu de les combattre (Sankara vers la fin de son regne avait meme deja commence a parler du rassemblement de tous les fils du pays; il disait que la victoire sera apres que tous (meme les reactionnaires) soyons dans la meme direction pour le combat). J’ai foi que ce jour est proche. Il y en a qui pensent que le sankariste c’est d’etre contre Blaise et le CDP. Si Sankara avait cette haine, il aurait elimine Blaise des les moments durs (puisqu’il en avait les capacites). Alors, chers sankaristes sinceres, reorganizons nous en ayant comme objectif le durable et non le spectaculaire.

    Que Dieu nous benisse !

Laisser une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here

1 × deux =