Déclaration de l’UPS (Union des Partis Sankaristes) à l’occasion du 24eme anniversaire de la Révolution

 

 

Peuple du Burkina Faso,

Militantes et militants sankaristes, camarades combattants de la liberté,

Ce 4 août 2007 marque le 24e anniversaire de l’avènement de la Révolution démocratique et populaire (RDP) au Burkina Faso, alors Haute VoIta.

La survenue de la RDP a été la convergence de conditions objectives et subjectives, mais aussi, celle de plusieurs facteurs, au nombre desquels l’unité d’action des civils et militaires, autour du capitaine Thomas Sankara, et enfin la déliquescence dans laquelle le pays était plongé depuis son indépendance, 23 ans plus tôt.

 

Une expérience originale

Dès la prise et le contrôle de l’appareil d’Etat, la RDP, grâce à l’adhésion consciente et massive du peuple à travers les Comités de défense de la Révolution (CDR), va transformer qualitativement et quantitativement la société burkinabè. Celle-ci, par elle-même, et de ses propres mains, par une politique d’auto-ajustement, va jeter les bases de son bonheur, sous la direction lucide du Conseil national de la Révolution (CNR).

Ainsi, en quelques années d’exercice du pouvoir populaire, le Burkina a fait de grands bonds dans les domaines social (éducation, santé, logement…), environnemental (préservation de l’environnement et lutte contre la déforestation…), économique (développement des infrastructures routières, organisation des secteurs productifs, nette amélioration du niveau du PNB et de la Balance commerciale…) et enfin politique, par un exercice réel du pouvoir par le peuple, à travers les modes de désignation de ses représentants, la participation aux prises de décision…

Bref, les Burkinabè étaient fiers d’être Burkinabè ! Ils étaient fiers de leur pays !

A travers le monde, le pays s’est forgé un label remarquable, au point que tout étranger voulait venir découvrir le Burkina Faso !

Mais, cette nouvelle image n’aura pas fait que des heureux. La réaction locale et extérieure, tapie dans les cercles de la finance internationale et dans les palais de dirigeants autocrates, impérialistes et despotes, utilisera de félons et ambitieux membres du CNR, comme cheval de Troie, pour assassiner la RDP de l’intérieur.

 

L’envers de la Révolution

Le complot qui a germé courant 1985, va déboucher sur une boucherie incroyable le 15 octobre 1987, privant le Faso à la fois de sa Révolution, et d’hommes charismatiques, intègres et exemplaires à la tête de l’Etat burkinabè.

Les révolutionnaires de nom, jadis démunis, au service de leur peuple, sont devenus des ploutocrates, des prédateurs, qui rivalisent d’extravagance et d’escroquerie dans tous les rouages d’un Etat déliquescent !

Ils forment, comme une Confrérie des Détourneurs Ploutocrates, des gangs qui règnent sur des secteurs entiers de l’économie nationale :

Spéculation foncière, avec des sociétés et certains particuliers qui s’octroient les terres d’habitation là où elles veulent, ou des terres riches en agropastoralisme à perte de vue. Cela, en dépossédant les exploitants honnêtes et traditionnellement installés bien avant elles. Et comme pour garantir leur droit de propriété, ils parlent de sécurisation foncière, comme si quiconque dans ce pays de misère généralisée pouvait aller allègrement demander et obtenir un titre foncier sur son exploitation qu’il voudra capitaliser à plus ou moins brève échéance !

Clientélisme des opérateurs économiques et de certains hommes de droiture et d’exemples sociaux, comme des coutumiers, des religieux, des érudits… qui se croient obligés de servir le système. Le péril qu’ils craignent aujourd’hui en faisant allégeance au système du jour, ils le retrouveront plus patent lorsque les vents leur seront défavorables.

L’affairisme aux postes de l’appareil d’Etat. Outre le monnayage des services, nos dirigeants sont passés maîtres dans les trafics internationaux les plus illicites (trafics de pierres précieuses, de lubrifiants, de moyens roulants… sans oublier le soutien aux rebellions les plus exécrables d’Afrique et d’ailleurs). Ce ne sera que justice rendue si la Cour pénale internationale de justice sur la Sierra Léone apostrophait les suppôts, les mentors et les parrains du RUF de Foday Sankoh et du NPFL de Charles Taylor, dont le procès se tient en ce moment même.

  On ne saurait passer sous silence, le désespoir du lendemain qui désenchante, avec la vie chère, la santé privatisée, les examens et concours faits de fraudes avec les fils à papa qui sont dans le sillage de leurs géniteurs qui nous gouvernent, ou encore cette insécurité qui, après les axes interurbains, est devenue urbaine, avec ces mêmes fils à papa qui circulent armés, les patrons de sociétés de vigiles qui flinguent leurs employés réclamant leur salaire, ou encore ces éléments de défense et de sécurité qui font usage de l’arme de service à la moindre altercation !

La liste est si longue… En rajouter pourrait donner l’illusion que la situation est irréversible, alors que nous sommes conscients que demain, il fera beau.

 

2010 : rééditer l’exploit de 1983 !

Il nous appartient en effet, peuple du Faso, intellectuels non défaitistes, leaders d’opinion à la conscience non encore éteinte, jeunes épris de liberté et soucieux du devenir de notre chère patrie, de nous unir pour en finir avec ce système mafieux et ravageur. L’avènement de la Révolution n’a pas été le seul fait d’armes des militaires du CNEC, mais aussi et surtout des civils et autres militaires de la capitale.

C’est dire donc que l’unité des Sankaristes, des révolutionnaires, des progressistes, des démocrates et patriotes, permettra de parvenir au changement qualitatif.

23 ans après notre indépendance sous une gestion défaitiste, la Révolution est venue essuyer nos larmes. L’histoire peut se répéter : Faisons en sorte qu’au terme des 23 ans de la Rectification, la Révolution soit de nouveau en marche au Burkina Faso !

Pour cela, l’Union des Partis Sankaristes (UPS) a déjà fait le pas, et invite les Sankaristes sincères à rejoindre ses rangs pour la marche triomphale vers la victoire de 2010.

Passée l’épreuve des législatives 2007 où l’UPS a démontré qu’elle est sur la bonne voie, l’épreuve de la commémoration du 20e anniversaire de la mort du président Thomas Sankara doit achever de nous situer et de nous fixer à jamais sur la voie de l’unité de tous les Sankaristes.

Le peuple l’exige depuis au moins le vote de la Constitution en 1991.

 

Peuple du Burkina Faso,

camarades sankaristes,

La balle est dans notre camp. Rappelons-nous encore que le camarade président nous a enseigné que l’esclave qui ne se bat pas pour se libérer de ses chaînes ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort !

Vive le sankarisme, vive la lutte des peuples, vive le 4 août !

La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

 

Ouagadougou, le 2 août 2007

Pour la Coordination nationale, Le président, B. Nestor Bassière

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