Une foule compacte et bouillonnante de Sankaristes a répondu présent à la cérémonie de dépôt de gerbes sur la tombe de Thomas Sankara, précédée d’une longue procession, lundi 15 octobre à Ouagadougou.

La foule, qui a commencé à se former dès midi, s’est largement agrandie au fur et à mesure, à tel point que le cimetière de Dagnoen était noir de monde à l’heure de la cérémonie. Le rituel rehaussé par l’arrivée annoncée de la veuve Mariam Sankara sur place, a été modifié, voire abandonné.

Mariam Sankara, accompagnée de Me Bénéwedé Stanislas Sankara, a fait une brève apparition devant une foule de jeunes en majorité. Elle s’est retirée sans mot dire, dans une cohue indescriptible alors que la foule réclamait un mot de sa part. Le député Norbert Tiendrébéogo est resté pour sa part muet et coincé à la tribune durant une dizaine de minutes, espérant vainement le retour du calme.

Me Sankara, puis l’artiste Sam’s K le Jah, tenteront sans succès de raisonner les jeunes. Le passage, qui avait été aménagé pour les officiels, a rapidement disparu sous la pression de la foule. Quelques éléments de la police municipale présents sur les lieux, n’ont rien pu faire face à l’agitation des gens. Les tombes de Sankara et de ses douze compagnons du 15 octobre, ainsi que celles avoisinantes, se sont transformées en perchoirs.

Les leaders sankaristes ont pu néanmoins lancer quelques slogans révolutionnaires sans pouvoir prononcer les quatre discours qui étaient prévus. Me Sankara réussira également à dire à la foule que Mme Sankara exhorte les Sankaristes à l’unité.

« Je souhaite à tout un chacun un bon retour et que demain, la victoire soit notre victoire, » a lancé Me Sankara qui était obligé de se répéter pour se faire entendre.

« Le mot à cette occasion est l’unité et la mobilisation générale, pour libérer notre peuple, » a confié M. Derra de l’UNIR/MS, à la fin de la cérémonie. Pour lui, les 20 ans de renaissance démocratique sont 20 ans de « pillage par une caste ». Pas donc de dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe « occupée » de Sankara. La plupart des jeunes présents à Dagnoen n’avaient jamais vu Mariam Sankara qui vit en France depuis 1987. A défaut de son mari qu’ils n’ont pas non plus connu, ils tenaient à tout prix à voir de près la femme de leur idole. Mais certains membres de l’organisation voient dans « l’indiscipline » de la foule, un acte de sabotage. Les sankaristes se sont données rendez-vous à l’ATB dans les jours qui viennent.

Mouor Aimé KAMBIRE

Sidwaya

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