juin 2010, 308 pages, Books on Demand

ISBN 978-2-8106-1825-5

Contact Edition : Books on Demand GmbH, 12/14, rond-point de Champs Elysées, 75008 paris – www.bod.fr

Présentation de l’éditeur
Le phénomène migratoire est aussi vieux que le monde, et concerne tous les peuples. Des personnages se succèdent dans ce récit qui fait voyager les couples d’Occidentaux allant à la rencontre de leurs rêves (d’enfance) dans les colonies.

Il relate l’exode rural du grand père du héros de ce roman, s’en allant de son village natal à la ville voisine de Ouahigou, quelque part en Afrique, parce que le colon lui aura barré la route qui mène au trône de Bossomnoré, au profit du tout nouveau produit des écoles coloniales, Djadde le fumeur de GAULOISES et l’amateur du bon vin, le digne produit du modèle « blanc ».

Il est enfin question de Mbora le héros, jeune cadre prometteur de son Etat, obligé de s’exiler dans la lointaine Europe pour échapper à la terreur du tyran-président-roitelet des tropiques.

Ainsi, des thèmes aussi divers que la vie de couples, le racisme, la générosité, auront au detour des anecdotes, leur place dans ce roman.

Ici, les lois disent et les hommes en font à leur guise, qui broient des individus et piétinent la dignité humaine.

Présentation de l’auteur

 

L’auteur, après des études de Sciences Sociales et un parcours professionnel d’enseignant et de consultant, d’entrepreneur en agro business,puis en négoce international et en transport, a fait un retour aux études et obtenu un diplôme de troisième cycle en Géopolitique et Sécurité internationale de l’Institut Catholique de Paris. Il est doctorant en Sciences Politiques et Relations internationales.

On trouvera une interview de Dibrilou Tall à l’adresse

Nos commentaires

Djibrilou Tall nous raconte l’itinéraire d’un migrant, largement inspiré de sa propre histoire. Ayant du fuir le Burkifa « où cela fait rien moins que deux décennies et poussière qu’un certain capitaine-rectificateur-président-roitelet se perpétue sur le trône » (p. 150) il nous raconte sa fuite et les péripéties qu’il doit affronter à son arrivée à la confédération du Sucre où il tente d’obtenir le statut de réfugié. Chacun voudra bien y reconnaitre les ressemblances avec des pays. Mais pour le Burkifa, difficile de se tromper pour ceux qui en connaissent l’histoire, relatée rapidement dans le livre (P.96 et suivantes), y compris la période révolutionnaire dirigée par Thomas Sankara. L’auteur nous raonte sa rencontre avec Thomas Sankara.

Il est aussi question d’Oumarou Ouedraogo qui a été « buté, » de Moctar Tall, qu’on a tenté d’assassiner ou du journaliste Norbert Zongo « flingué puis brulé ». « Qu’est ce que je croyais?… Qu’on resterait sans bouger me laisser parler de Thomas Sankara, en ne lui voyant presque jamais de faute, mais en lui donnant toutes les vertus imaginables ? « p. 144. Difficile donc de ne pas situer précisément ce Burkina…

Sans manichéisme, parfois avec humour, parfois avec colère lorsqu’il découvre l’ignorance de certains interlocuteurs sur l’existence d’une identité, chargé d’histoire et culture des africains rassemblés dans les centre d’accueil, méprisants, il dépeint les différents milieux qu’il va croiser. Celui de l’administration où cohabitent des fonctionnaires arrangeants, des rigoristes froids, mais aussi des hypocrites : »Derrière certaines portes de certains services en charge du requérant, le respect de la dignité humaine est un voue pieux… On constate que la plupart des gens sont justes parce qu’on les voit. Coupez d’un clic l’interrupteur de la lumière, de sorte à les rendre invisibles, et le démon fera vite se substituer à l’agent le professionnalisme à l’apparence incontestable » (p. 261).

Heureusement il pourra trouver du réconfort auprès des membres d’association qui lui viendront en aide tout en lui permettant de se confier et de sortir du confinement des foyers ou sont rassemblés ses congénères interdits de travail pendant 3 mois.

Parmi ces derniers se côtoient toute une palette de personnages aussi différents les uns que les autres, certains au bout du rouleau pendant que d’autres, rois de la magouilles, s’en sortiront rapidement.

Le récit est bien mené, les phrases souvent bien tournées et le livre truffé de réflexions intelligentes. Ainsi p. 120, « Plutôt qu’un élan unitaire vers des objectifs majeurs, le tribalisme coalise pour leur seul avantage de l’élite clanique. La masse identitaire est transformée en mouton qui bêle, à chaque rappel de la troupe face à l’épouvantail d’un complot imaginaire ges froupes d’en face » ou encore (p. 87) a propos de la confédération du sucre : »Eux les sucrès se contentent de planquer le magot vôlé, ce qui est un moindre mal sommes toutes, que ces autres là, partis braquer proprement les sols et les sous-solrs de contrées entières! »

Comme animateurs du site thomassankara.net, nous saluons bien sur la charge contre le régime actuel et l’hommage rendu à Thomas Sankara et à la révolution, une prise de position courageuse venant d’un burkinabè. Pour il s’agit là ces prises de positon en constituent l’intérêt essentiel du livre qui renferme bien d’autres qualités, pour en faire un bon roman.

Ce premier roman annonce-t-il la naissance d’un nouveau romancier burkinabé? A suivre…

Bruno Jaffré

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