Discours du Capitaine Thomas Sankara, Président du Conseil national de la Révolution, Chef d’Etat et du Gouvernement du Burkina Faso tenu lors de sa visite, du 25 septembre au 1er août 1984, à Cuba. Après avoir reçu l’Ordre de José Marti des mains du révolutionnaire et président de la république Cubaine, Fidèle Castro, le président Thomas Sankara a rendu une visite à Santiago, ses sites historiques et des centres de production. Il a aussi effectué une visite à l’Ile de la jeunesse pour rencontrer les élèves des écoles internationalistes notamment de nombreux namibiens avant de partir pour la Conférence des Nations Unis où il représentera le Burkina Faso. 

Ce discours a été traduit de l’espagnole par Alicia Jaffré. Qu’elle soit ici chaleureusement remercier pour le travail effectué.

Ce discours est disponible dans sa version originale en espagnole à l’adresse http://thomassankara.net/sankara-et-cuba-articles-et-photos-de-la-presse-cubaine/

La rédaction


Camarades ;

Entre révolutionnaires, on ne perd pas son temps à se lancer des fleurs de manière hypocrite comme ont l’art de le faire les réactionnaires.

L’honneur que le peuple cubain a rendu à mon peuple après m’avoir attribué la plus haute distinction de la Révolution Cubaine, est plus qu’un acte symbolique. C’est un engagement d’un appui politique pour mon pays, le Burkina Faso, et pour sa révolution démocratique et populaire.

C’est un engagement ferme qui s’appuie sur la mémoire d’un des plus grands combattants patriotes, pas seulement de Cuba et d’Amérique Latine mais aussi de tous les recoins de la Terre ou les  peuples luttent pour la liberté et l’indépendance.

Cette décoration est une manifestation de l’amour profond que ressent le peuple de Cuba pour le peuple burkinabé. Et le propre José Martí n’a-t-il pas intitulé son écrit mémorable Amor avec  l’amour qu’il éprouve ? José Martí, qui déjà à l’âge de 16 ans fut déporté de sa patrie pour ses idées politiques révolutionnaires, et dont la réalité de la solidarité militante entre tous les peuples du monde réside dans sa chair et dans son sang.

Les peuples s’aiment et savent aimer. Durant 9 ans, Marti connut les EU (États Unis), le Mexique et le Guatemala, où il a toujours su unir les peuples et se faire aimer d’eux. Sans cet amour profond, les 2 déportations de sa courte vie (1869 et 1879) auraient pu le décourager et lui saper le moral.

Mais en 1895, José Martí retourna au pays et prit les armes contre les oppressions colonialistes. C’est ainsi qu’il mourut à Dos Rios pour la liberté de tous les peuples du monde, et il nous appartient à tous, au  Cuba et au Burkina Faso.

C’est avec le sang courageux des héros comme lui que se nourrissent et se renforcent les peuples pour livrer des batailles de plus en plus importantes.

Le camarade Fidel Castro et ses camarades de la Sierra Maestra en 1958, n’ont fait que de continuer la même lutte révolutionnaire du peuple cubain pour atteindre la liberté totale.  Les révolutionnaires et le peuple burkinabé  qui ont combattu durant des années les régimes réactionnaires et pro impérialistes au Burkina Faso, ont continué et continuent, jusqu’à aujourd’hui, la même lutte que José Martí.

Cuba et le Burkina Faso sont si éloignés et à la fois si proches, si différents et si similaires que seuls les révolutionnaires peuvent comprendre l’amour sincère qui nous attire irrésistiblement vers la complémentarité.

Mon pays est petit ( 274 mille km²) et compte 7 millions d’habitants, 7 millions de paysans qui vivent depuis des siècles dans des conditions identiques (voire pires) à celles de votre peuple sous la dictature fasciste de Batista.

Eau potable, 3 repas par jour, un dispensaire médical, une école et une simple charrue continuent à être aujourd’hui  des éléments constitutifs d’une vie idéale dont des millions de burkinabé n’ont pu accéder qu’après un an de pouvoir révolutionnaire. Je dois le dire aussi, avec quel lourd héritage négatif le Conseil National de la Révolution et le peuple burkinabé ont conquis et exercé le pouvoir politique de l’Etat.

Mais voici ici, les exemples positifs comme le vôtre pour lever la moral des moins décidés, renforcer les convictions révolutionnaires des autres et encourager le peuple à lutter contre la faim, la maladie et l’ignorance de notre pays.

Nous avons lutté, nous luttons et nous continuerons à lutter pour créer de nos propres mains les bases matérielles de notre bonheur. Et dans cette lutte, nous savons que nous pouvons compter à chaque instant sur l’appui infaillible du peuple révolutionnaire de Cuba et sur celui de tous ceux qui ont assumé  l’idéal de José Martí.

Que José Martí m’écoute ! Que cette médaille me guide et guide mes camarades pour faire triompher la révolution au service des peuples qui réclament leur bonheur.

Et ce n’est pas par hasard que notre devise nationale se résume en un mot d’ordre que vous connaissez très bien :

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

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