Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

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Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

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L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

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L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

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Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

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Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

8juin - 30Toute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 8 (Jeudi) - 30 (Vendredi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

9juin - 1JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 9 (Vendredi) - Juillet 1 (Samedi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

10juin - 2JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 10 (Samedi) - Juillet 2 (Dimanche)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

11juin - 3JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 11 (Dimanche) - Juillet 3 (Lundi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

12juin - 4JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 12 (Lundi) - Juillet 4 (Mardi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

13juin - 5JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 13 (Mardi) - Juillet 5 (Mercredi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

14juin - 6JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 14 (Mercredi) - Juillet 6 (Jeudi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

15juin - 7JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 15 (Jeudi) - Juillet 7 (Vendredi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

16juin - 8JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 16 (Vendredi) - Juillet 8 (Samedi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

17juin - 9JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 17 (Samedi) - Juillet 9 (Dimanche)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

17juin8:30 PM- 9:20 PMDJAMA MOUROUTI LA – La colère du peuple (Burkina Faso) au Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos:

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Détail de l'évènement

 

http://www.la-compagnie.org/a-venir-L-histoire-n-attend-pas

Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Horaire

(Samedi) 8:30 PM - 9:20 PM

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

FID-Marseille

17juin10:00 PM- 11:30 PMFilm "Capitaine Thomas SANKARA" au Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

Ce documentaire captivant dépeint avec humour la révolution conduite par Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso.

De 1983 à 1987, Sankara se bat en faveur de l’indépendance politique du pays, de son désendettement, mais aussi de l’éducation des jeunes, de l’émancipation des femmes et de l’éradication de la corruption. Cette politique intransigeante et les frasques de ce jeune, beau et brillant dirigeant font trembler le monde des puissants et s’achèvent en 1987, année de son assassinat.

Depuis plus de 25 ans, Christophe Cupelin collecte inlassablement les archives écrites, sonores et audiovisuelles et réussit à travers un montage méticuleux à brosser un portrait exceptionnel de cette icône révolutionnaire.

Horaire

(Samedi) 10:00 PM - 11:30 PM

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

18juin - 10JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 18 (Dimanche) - Juillet 10 (Lundi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

19juin - 11JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 19 (Lundi) - Juillet 11 (Mardi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

20juin - 12JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 20 (Mardi) - Juillet 12 (Mercredi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

21juin - 13JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 21 (Mercredi) - Juillet 13 (Jeudi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

22juin - 14JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 22 (Jeudi) - Juillet 14 (Vendredi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

23juin - 15JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 23 (Vendredi) - Juillet 15 (Samedi)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

24juin - 16JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 24 (Samedi) - Juillet 16 (Dimanche)

Printemps de l’art contemporain 2017 - Marseille Expos

Plus de détails

Détail de l'évènement

 

L’histoire n’attend pas. Marcos Avila Forero, Frédérique Lagny

Du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017

 

à l’occasion du Printemps de l’art contemporain 2017 – Marseille Expos
et en partenariat avec le FID-Marseille

vernissage le vendredi 26 mai à 18h à la compagnie

du jeudi 25 mai au samedi 24 juin 2017 
du mercredi au samedi de 15h à 19h entrée libre

 

remerciements : Galerie Dohyang Lee, Mécènes du Sud, Conseil régional Paca, Drac Paca, Ibrahim Traoré

deux films autour de l’exposition : samedi 17 juin, à Vidéodrome2


Le Burkina Faso ou la liberté en mouvement
20h30 Frédérique Lagny, DJAMA MOUROUTI LA, La colère du peuple, 49’, 2016
22h Christophe Cupelin, Capitaine Thomas Sankara, 90’, 2014 (remerciements : Marie Vachette, vendredi distribution)

Extensions de l’histoire des peuples. Avec deux artistes pour qui l’esthétique et le sens des luttes sont inséparables. Marcos Avila Forero transforme la maison de paysans colombiens, trouvaille géniale de réappropriation symbolique des terres, en sténopé photographique qui enregistre le paysage. Frédérique Lagny, quant à elle, témoigne de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, de la révolution Sankariste à la chute du régime Compaoré, avec une suite flamboyante de sérigraphies sur les monuments du pays.

Cette proposition fait dialoguer les œuvres de deux artistes qui accompagnent au plus près le politique dans son mouvement de résistance et de révolution.
Tous deux ont un discours engagé auprès de ce qu’ils documentent, et tous deux inventent des formes qui renversent les positions du spectateur. Celui-ci, toujours aveugle à son temps, est en quelque sorte replongé dans sa propre cécité, que ce soit avec la chambre noire de l’histoire chez Marcos Avila Forero, ou la vibration muette des trames noires sur les aplats de couleurs chez Frédérique Lagny. C’est depuis cette obscurité qu’ils écoutent l’histoire qui est là en train de se faire. Ils ne se risquent pas à une esthétisation du politique, ils amplifient l’histoire, proposant à la fois des dispositifs analytiques, et une chambre d’échos et de retentissements au chamboulement du monde.

De la Colombie au Burkina-Faso (pays où 80% de la population est rurale), la question paysanne est centrale dans les œuvres présentes dans l’exposition. Il en découle une fonction particulière du paysage rural (Marcos Avila Forero) ou urbain (Frédérique Lagny) : comme dispositif de vision, il s’ouvre aussitôt à l’espace mental, à l’histoire, au politique.

 

Marcos Avila Forero

« Les œuvres de Marcos Avila Forero sont immergées dans la réalité complexe et parfois violente de situations politiques et sociales qu’il restitue non pas comme un observateur impartial, mais en mêlant à son travail les éléments (matériaux, histoires, symboles) qui la constituent. Ses oeuvres portent ainsi l’empreinte d’une rencontre, d’un récit ou d’un parcours. Ce sont des micro-fictions faites de bric et de broc, qui cherchent moins à démontrer ou documenter qu’à confronter des temps et des lieux qui n’auraient pas dû se rencontrer. » • Daria de Beauvais

C’est à partir de la guerilla des paysans en Colombie qui est son pays natal que Marcos déploie une série d’œuvres dont les fabuleux sténopés qui sont présentés ici. Le conflit social, civil et armé en Colombie est lié à l’impossibilité d’une politique agraire viable pour les populations fermières. Depuis la période historique de « La Violencia » et jusqu’à nos jours, la région du haut plateau « cundiboyacense » s’est transformée en l’un des principaux théâtres des protestations.
Un groupe de maisons de familles fermières ont été ou continuent à être des espaces de révolte, de clandestinité. Elles sont transformées en appareils sténopés (chambres noires) dans le but de capter une image photosensible. Chaque maison, transformée en appareil photographique géant, capte à grande échelle les paysages cultivés et les montagnes du haut plateau cundiboyacense. De cette façon sont dévoilées les paysages dans lesquels s’inscrivent ces maisons et leurs histoires. Mais jamais nous ne pourrons percevoir l’intérieur de ces demeures. Chaque maison en tant que telle restera l’espace obscur de l’histoire qu’elle évoque. La photographie devient elle-même la maison vivante de cette histoire, son cœur qui bat, invisible. C’est la vision mentale incarnée du politique, son passage au-dehors dans le monde, tout le fracas de cette transition entre le privé et le collectif où bougent les lignes de pouvoir.
Mais le politique est partout pour Marcos, il n’est pas seulement actif en Colombie, il est aussi bien dans l’histoire chinoise avec une œuvre nouvelle autour de la révolution agraire de Mao Zedong.

Marcos Avila Forero est né en 1983 à Paris, vit et travaille à Bogota et Paris.
http://www.galeriedohyanglee.com/marcos-avila-forero

Frédérique Lagny

Le travail de Frédérique Lagny s’inscrit dans une démarche menée depuis une dizaine d’années au Burkina Faso en Afrique de l’Ouest. C’est dans un temps long et avec un ensemble de pièces de natures différentes que l’artiste s’attache à dresser le portrait de la société burkinabè.
Fin 2013, Frédérique Lagny rencontre les jeunes activistes burkinabè qui fondent le mouvement du Balai citoyen ; ils puisent leur inspiration dans la rhétorique révolutionnaire de Thomas Sankara qui dirigea le pays du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, date de son assassinat.
Les 30 et 31 octobre 2014, alors que le gouvernement tente de passer en force un projet de loi visant à modifier la Constitution et à instaurer un Sénat, une insurrection populaire emporte le régime.

MANIFESTE est un ensemble élargi qui convoque simultanément le récit documentaire, la performance et l’installation – La dernière trompette (en cours). MANIFESTE met en perspective un film – DJAMA MOUROUTI LA, la colère du peuple (2016) dans une série d’échos et de transversalités. La série présentée à la compagnie, Ordre et désordre, se situe à l’intersection entre ces deux réalisations pour s’intéresser aux monuments du Burkina Faso dont les premiers furent construits sous la Révolution (1983-1987), puis sous le régime de Blaise Compaoré (1987-2014) jusqu’à la récente période de transition (2015) qui suivit l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Toute la joie que nous procure le film La colère du peuple (programmé à Vidéodrome2 le 17 juin avec le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin en seconde partie) est qu’il retrace depuis l’intérieur la création fulgurante du mouvement du Balai citoyen. Avec Ordre et désordre, la série de sérigraphies autour des monuments burkinabè fait d’abord vibrer la couleur et la trame des représentations. Le monument apparaît dans sa structure interne, pour lui-même en quelque sorte, permettant de saisir l’articulation profonde entre le discours politique et l’architecture mémoriale, les raisons précises de son existence et de ses motifs. Une série de douze cartes postales ajoutent des zooms arrières, avec une part de contre-champ qui vient montrer le dessous des cartes. Ce n’est pas seulement une réalité moins glorieuse qui apparaît en contraste de l’éloquence grandiloquente des monuments ; ce sont aussi les traces d’une histoire toute fraiche, de l’actualité des revendications populaires, qui sont rendues lisibles sur les monuments eux-mêmes, transformés d’un événement politique à l’autre soit par le gouvernement, soit par le peuple lui-même (le renversement de la statue de Compaoré par exemple, laisse seule celle de Khadafi…) Les rouages et les strates de l’histoire se répondent, font apparaître les répétitions ou les moments où la liberté l’a emporté dans son éclat.

Frédérique Lagny est née en 1965 à NANCY, elle vit et travaille à Marseille.
http://www.documentsdartistes.org/artistes/lagny

Horaire

Evènement mensuel (Juin)

Lieu

Vidéodrome2 - Marseille

49 Cours Julien, 13006 Marseille

Organisateur

Frédérique Lagny - FID-Marseille

24juin8:00 PM- 12:00 PMConcert KARA SYLLA KA

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Kara est certainement l’un des meilleurs ambassadeurs de sa culture en Suisse. Artiste complet – auteur, chanteur, musicien, danseur et chorégraphe d’origine Peul, il représente avec talent les traditions musicales de son pays dans des formules orchestrales varies.

D’origine peule, doté d’une voix claire et subtile, Kara Sylla Ka s’est imposé comme ambassadeur d’une musique sénégalaise différente. Un auteur et interprète singulier, qui préfère une approche folk au mbalax.Kara entend aussi bien dans la musique de son gourou Birame N’Diaye que dans celle du maestro malien Ali Farka Touré ou dans le chant de John Lee Hooker. Avec sa voix douce, Kara Sylla Ka trempe ses racines africaines dans un bain de reggae, de Blues peulh et afrobeat. Kara évoque d’autres sujets important: son combat contre certaines traditions comme l’excision et les mariages arrangés, ou l’importance de la terre natale.

Les Peuls étant un peuple de bergers, leur ethnie s’est disséminée du Soudan au Mali.  Ce retour aux sources du musicien sénégalais arrive à un tournant important de sa vie.

Après la publication de son excellent album « Yolélé » en 2010, Kara Sylla Ka assura à Genève la première partie de Tiken Jah Fakoly, qui une année plus tard lui ouvrit les portes de son studio à Bamako pour enregistrer son cinquième album «Mali Notdimi» accompagné de musiciens locaux de son ethnie, les Peuls

Suivirent des concerts au Paléo de Nyon, la première partie d’Habib Koité à St-Gall et de Salif Keita à Annemasse, un passage au Theaterspektakel Zurich, au club de jazz Moods et enfin, en 2013, un concert fulminant dans le cadre du programme principal du festival Afropfingsten.

En 2014, Kara est invité au Sauti za Busara de Zanzibar, un des plus grands festivals du continent africain et rendez-vous privilégié de la scène musicale internationale, et il réalise une tournée en Chine.

La Presse en parle:

« L’envol de Kara.

Figure bien connue de la scène romande, le Sénégalais Kara Sylla Ka, plus connu sous le nom de Kara, est un chanteur et danseur émérite. D’origine peule, doté d’une voix claire et subtile, Kara s’est imposé comme ambassadeur d’une musique sénégalaise différente. Un auteur et interprète singulier, qui préfère une approche folk au mbalax.

Elisabeth Stoudmann, Magasine le profil Musique, Vibrations Suisse

« Le Paléo Festival de Nyon.

en Suisse, le plus grand rendez-vous musical de l’été en Europe, a accueilli hier soir sur la scène du Détour, le musicien et chorégraphe sénégalais Kara Sylla Kâ, le groupe cubano-malien Afrocubisme au Chapiteau. Seuls 19 sur les 102 artistes invités cette année ont déjà fait le Paléo qui est à sa 36e édition. Plus de 100 concerts sont proposés dont 24 animés par des artistes suisses et notre compatriote Kara qui a représenté fièrement le Sénégal avec des morceaux bien entraînants issus de son nouvel albumYolele’ (15 titres savoureux).

El Hadji Gorgui Wade Ndoye, Walfadjri Sénégal

« Tribune de Genève.

Kara Sylla Ka a tout ce qu’il faut pour charmer… ses ballades font briller au passage d’autres voix et d’autre sons, toujours bienvenus »

BCH, TDG

« Vers l’Avenir Bruxelles.

Le Sénégalais Kara Sylla Ka a réussi l’exploit, lui, de faire danser les spectateurs dans les gradins de l’Eden »

Seb G. Vers l’Avenir, Charleroi, Bruxelles

« Le Courrier Genève.

Autodidacte, Kara Sylla Ka se fait la mai sur Ismaël Lo, Bob Marley, Tracy Chapman, Ben Harper et Ali Farka Touré, grand bluesman malien d’origine peulh. Kara met de l’eau dans sa voix, il cumule une liste impressionnante de savoir-faire, mais se contente d’un nom de scène des plus brefs »

Roderic Mounir, Le Courrier

Horaire

(Samedi) 8:00 PM - 12:00 PM

Lieu

Fête de la musique Genève

Fête de la musique Genève

Organisateur

Ville Génève

25juin - 17JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 25 (Dimanche) - Juillet 17 (Lundi)

26juin - 18JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 26 (Lundi) - Juillet 18 (Mardi)

27juin - 19JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 27 (Mardi) - Juillet 19 (Mercredi)

28juin - 20JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 28 (Mercredi) - Juillet 20 (Jeudi)

29juin - 21JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 29 (Jeudi) - Juillet 21 (Vendredi)

30juin - 22JuilToute la journéeParution de l'ouvrage La liberté contre le destin discours de Thomas Sankara

Détail de l'évènement

Nouveau recueil de discours (plus d’une trentaine) avec de nombreux inédits, présentés par Bruno Jaffré, préface de Ra Rablga Seydou Ouedraogo

On trouvera une présentation complète à http://thomassankara.net/la-liberte-contre-le-destin-discours-de-thomas-sankara-rassembles-et-commentes-par-bruno-jaffre/

Horaire

Juin 30 (Vendredi) - Juillet 22 (Samedi)

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