Nous vous proposons ci-dessous une ancienne interview de Fidèle Kientega, qui fut un proche collaborateur de Thomas Sankara à la présidence, qui date de 2006. A cette époque il avait créé une structure avec Fidèle Toe, ami lui aussi de Thomas Sankara, qui a rejoint un peu plus tard l’UNIR PS, dirigé par Bénéwendé Sankara. Après s’être retiré de ce parti, il a rejoint le MPP, créé par des anciens du partis du Blaise Compaoré.

La Rédaction


Fidèle Kiètega, président du FDS, collaborateur direct mais aussi à l’occasion, confident de feu Président Thomas Sankara raconte quelques-uns de ses souvenirs de l’époque. Tout un regard sur le passé !

Question : Quels sentiments vous animent en ce 23è anniversaire du 04 août 1983 ?

Meng-Néré Fidèle KIENTEGA
Meng-Néré Fidèle KIENTEGA

Des sentiments contradictoires. Je crois d’une part, que le souvenir restera à jamais vivace pour moi de l’exaltation et de l’euphorie des lendemains du 04 août 1983. De voir tout notre pays devenir un gigantesque chantier en un temps record, de voir des agents publics, hier seulement véritables coupe-jarrets, se muer à vue d’œil en des fonctionnaires consciencieux ayant un sens aigu du service public, ponctuels, respectueux de la chose publique et surtout des usagers du service public, fussent-ils des gens pauvres, ne peut que susciter un sentiment de légitime fierté.

Voir le Burkina Faso, pauvre pays parmi les plus pauvres réussir la magie de susciter autant d’espoir au sein de toutes les jeunesses africaines et même partout chez les peuples opprimés, ne peut que relever la tête de quelqu’un comme moi qui a eu l’honneur de travailler aux côtés de cet illustre disparu qu’est le Président Thomas SANKARA.

Mais d’un autre côté, quand je pense à toute la science et à tout l’acharnement déployés dès le lendemain du 15 octobre 1987 par les rectificateurs de la « déviation droitière » du Président Thomas SANKARA pour bousiller tous les acquis de la Révolution et gommer tout souvenir de l’homme qui l’a si vaillamment et si brillamment incarnée, jusqu’à précipiter le pays là où nous pataugeons aujourd’hui, c’est un sentiment d’énorme gâchis et de profonde déception qui m’assaille !

Question : Où pensez-vous que nous en serions aujourd’hui en matière de développement si la Révolution n’avait pas connu ce coup d’arrêt ?

Vous savez mieux que moi que rien ne tombe du ciel, surtout en matière de construction d’une Nation. Et là-dessus, la Révolution avait énormément investi pour ne pas engranger les fruits du labeur populaire : réduction drastique du train de vie de l’Etat, conscientisation et implication du peuple, premier bénéficiaire à tous les échelons des transformations socio-économiques, mobilisation de l’épargne intérieure etc.
En somme, comme Thomas aimait à le dire lui-même, nous avions largement réalisé notre auto ajustement et c’est sur cette base, que nous avions pu mettre le pays en chantier comme je le soulignais à l’instant.

Le développement était notre credo ; il s’agissait de susciter l’émergence d’une large couche sociale entrant progressivement dans l’ère de la production et du bien-être, et non faire du tape à l’œil comme c’est le cas aujourd’hui. Thomas SANKARA devait son aura à sa capacité d’innovation, à son travail, à son grand cœur et à son sens jamais démenti de la sobriété.

Ainsi, de la même manière, ses parents sont restés dans leur vieille bicoque du quartier Paspanga (son père, le dernier à partir vient de s’éteindre hier 04 août, tout un symbole !), de la même manière nous n’aurions pas eu de Ouaga 2000 et le Président du Faso serait peut-être encore en avion-stop, mais qu’est-ce qui allait nous empêcher de poursuivre les fulgurantes réalisations socio-économiques entreprises au bénéfice du plus grand nombre ?

Je rappelle que les fameuses institutions de Bretton Woods nous courtisaient, mais c’est nous qui disions « non, nous avons ce qu’il nous faut, pourquoi nous aliéner encore ? » Il est sûr qu’avec les grandes mutations qui ont fondamentalement bouleversé le monde, notre révolution, compte tenu de son originalité aurait connu des adaptations, mais il est sûr qu’en matière de maîtrise de l’eau, de politique de l’habitat, de reboisement et de protection de l’environnement, en matière de santé et d’éducation, nous serions à mille lieues aujourd’hui.

Si la révolution s’était poursuivie, nos unités économiques n’auraient pas été bradées et leurs travailleurs dans la rue. La corruption aujourd’hui endémique serait réduite à sa plus petite expression, il ne serait jamais venu à l’idée des grands bandits de montrer leur bout du nez, eux qui sont en passe aujourd’hui de lever armée en attendant de nous recenser pour nous envoyer des fiches d’imposition individuelles, C’est tout cela mis ensemble qu’on appelle développement.

Tenez, je vais vous raconter une anecdote qui peut vous camper sur la personnalité du Président du Faso. Un jour où nous avions un dossier important à boucler et où j’étais resté tard dans mon bureau, Thomas y est descendu à l’improviste alors que je parlais au téléphone à ma mère venue du village pour nous rendre visite. M’entendant dire en langue moré « non, je suis encore au travail » et croyant avoir affaire à mon épouse soupçonneuse, il a pris le combiné des mains pour certainement lui dire les plaisanteries et taquineries dont il avait le secret. Devant ma mère émue et muette de se trouver ainsi brutalement ’’face«  au Président du Faso, il s’est mis à lui expliquer pourquoi nous devions travailler si tard au bureau : « Pour que nos enfants eux aussi, connaissent demain la prospérité à l’instar de ceux d’autres pays que nous reluquons aujourd’hui. Il faut qu’aujourd’hui, des gens comme nous travaillent tard et se sacrifient, comme des gens ont travaillé et se sont sacrifiés hier sans peut-être profiter du fruit de leur labeur pour que nous ayons les voitures, le train, l’avion, les médicaments, la télévision etc. », et de s’oublier comme vous l’avez tous connu, dans la description des rêves qu’il nourrissait pour le Burkina Faso.

Quand il eût fini, ma mère lui a simplement répondu : « Woh mon fils ! Ceux qui seront là après nous en jouiront ». Ironie, Thomas est mort un ou deux ans après, et ma mère lui a survécu 17 ans durant, jusqu’en 2004. Jusqu’à sa mort, je n’ai eu de cesse de lui rappeler (sur un ton de reproche) sa brève conversation avec le PF. « Voilà que toi tu vis longtemps pour jouir des fruits de son sacrifice pendant que lui, il est parti ». Et je lui ajoutais chaque fois ce que Thomas disait encore un jour de façon prémonitoire : « Dans la vie, chacun doit faire ce qu’il a à faire sans se préoccuper de la mort car vivants, nous ne connaissons pas la mort, et mort, nous ne savons plus que nous avons vécu et que nous sommes morts. Notre rencontre avec la mort, c’est l’instant d’un éclair, et nous laissons le soin à d’autres de nous regretter et de nous pleurer ». Et Thomas est parti l’instant d’un éclair, l’instant du crépitement sec d’une kalachnikov ou de l’explosion d’une grenade, paw !

Question : A vous entendre, on dirait que tout a été parfait

fidele KientegaNon je n’ai jamais voulu prétendre cela. Je ne suis pas de ceux qui nient les évidences ou qui fuient leurs responsabilités. Les erreurs de la révolution, tout révolutionnaire conséquent doit les assumer. C’est ainsi que Thomas était le premier à les reconnaître chaque année, s’en excusant publiquement quand il faisait le bilan d’un an, de deux ans et ainsi de suite, de révolution et indiquant les mesures prises pour les corriger.

C’est ainsi que la décision de reprise des enseignants licenciés était déjà signée par le Président du CNR lorsqu’il a été massacré le 15 octobre 1987 ; certainement que cela a même précipité les évènements. Il y a eu les pertes en vies humaines que nous devons tous regretter car personne ne peut les rattraper. Mais je crois qu’en la matière, le régime actuel qui a crevé tous les plafonds a intérêt à se faire tout petit. Il y a eu les débordements et excès des CDR dont le tout-puissant chef, homme à la diatribe forcenée, s’est très vite évanoui dans la nature après le 15 octobre a été absout tout aussi vite.

On nous a reproché les sanctions infligées aux fonctionnaires véreux (et certains l’étaient !). Après la mort de Thomas, on lui a reproché d’avoir décrété des mots d’ordre du genre ’’ville blanche«  alors qu’il fallait que ce fut ’’ville ocre« . On nous a reproché les mesures sur le Faso Dani Fani ou sur l’interdiction d’importer des fruits, mais je crois qu’aujourd’hui, avec la dévaluation et la saignée de nos pauvres économies, le peuple découvre après coup le bien-fondé de ces mesures.

On a aussi exhibé une valise de 80 ou 100 millions de francs que Thomas aurait gardée au palais, exhibition du reste si ridicule qu’elle a été vite ravalée. Mais je peux vous dire qu’au-delà de l’euphorie que j’avais à travailler à côté d’un tel grand homme qui ne naît dans une Nation qu’une fois sur plusieurs générations, j’étais chaque jour à m’interroger intérieurement sur le sens de tous ces sacrifices : pouvons-nous faire le bonheur de notre peuple malgré lui ? Nous suit-il vraiment, ce peuple au nom de qui nous proclamons travailler ? En est-il seulement conscient ?

Mais quand je regardais toutes ces réalisations qui poussaient partout, quand je pensais à tous ces nos frères de la diaspora qui exhibaient fièrement leur CIB afin qu’on les reconnaisse comme Burkinabé, cette nouvelle identité que la révolution avait su leur donner, quand je regardais la ferveur et l’adhésion populaires non feintes et non monnayées contre des pagnes, t-shirts et porte-clés, je me disais que notre sueur vaut la peine et que nos sacrifices en tous genres, pour la construction d’une Nation valent bien la peine.

Cela dit, pour nos erreurs, il faut dire que malheureusement, partout où il y a grandeur, grandeur de la pensée ou de l’action, l’erreur elle aussi est proportionnellement grande. La différence, c’est de savoir qu’il s’agit de la part d’erreur inhérente à toute œuvre humaine et non le choix délibéré et machiavélique de faire l’impasse sur la misère de tout un peuple pour réaliser des ambitions personnelles.

Question : On a beaucoup dit du Président du CNR qu’il était un homme têtu qui ne souffrait aucune contradiction. Cela est-il vrai, vous arrivait-il malgré tout de le contredire, et comment le prenait-il ?

Ca je l’ai beaucoup entendu aussi, mais ne confondons pas force des arguments et refus de la contradiction. Lorsque dans une rencontre – et Dieu seul sait s’il affectionnait les contacts en tous genres, les rencontres et les débats – Thomas ne rencontrait pas d’objection ou de contradiction et qu’il devait débiter tout seul de façon magistrale, la rencontre était terne et il en partait frustré et déçu. Et tous ceux qui ont travaillé avec lui à la Présidence, cadres comme agents d’exécution peuvent en attester. Par contre quand l’ambiance était aux joutes et véritable choc des idées, quand les réparties étaient de haut vol, alors il brillait de tous feux et tout le monde le voyait détendu.

Personnellement, je dois avouer qu’il arrivait souvent que je souhaite secrètement qu’il abrège et se retire car nous nous reposions très peu et en étions souvent fourbus tandis que lui, il était toujours frais et dispos comme quelqu’un qui a mangé du lion. C’étaient les contradictions qui lui offraient l’occasion d’expliquer ses options et ses décisions. Bien entendu, je ne prétends pas qu’il avait toujours raison ; c’était un homme après tout, et il fallait bien que quelqu’un décide, et c’était lui le chef ne l’oublions pas. Le chef sous le couvert de qui beaucoup de choses ont été faites et qu’il a assumées avec grandeur, souvent aussi avec abattement, mais toujours dans le silence. Le chef sur le dos de qui on mit tous les maux quand il n’était plus là pour répondre.

Dans ces conditions, on comprend que ceux qui venaient à lui avec des idées qu’ils ne trouvaient pas les mots appropriés pour défendre ou qu’ils taisaient finalement de peur d’être ridiculisés par les arguments irrésistibles que l’homme développait, repartaient tout aussi frustrés, et ce sont eux qui allaient véhiculer malhonnêtement la rumeur selon laquelle ’’il n’écoute personne, il n’en fait qu’à sa tête«  etc. Et puis, fait important, n’oublions pas que chez-nous en Afrique et particulièrement au Burkina, on a vis-à-vis du chef une telle déférence, qu’il parait impoli, voire malséant de le contredire.

Généralement, quand un chef demande à son entourage si l’on partage ce qu’il vient de dire, on lui répond que ce qu’il a dit est la lumière même, quand bien même on en pense le plus grand mal. Je me rappelle un jour où, au cours d’une réunion avec des responsables extérieurs à la présidence, il a eu à mon endroit des propos cinglants auxquels j’ai répondu presque du tac au tac par des propos très peu amènes à l’endroit du Président qu’il était.

Réalisant après coup à quel point je me suis laissé aller, et surtout soucieux d’avoir manqué de respect au Président du Faso pour qui j’avais par ailleurs quasiment de la dévotion, j’ai demandé une audience et, seul face à lui, je lui ai suggéré de me sanctionner ou de me muter ailleurs pour préserver son image vis-à-vis de ceux qui ont été témoins de la scène et de tous ceux à qui ils ne manqueront pas de la rapporter. Je n’ai même pas pris le soin de lui présenter mes excuses, ne voulant pas qu’il pense un instant que, m’étant mal conduit, je m’empresse de présenter des excuses afin d’éviter son courroux.

Il est resté pensif une bonne minute puis il a soupiré longuement avant de me répondre ceci : « En tant que Président du Faso, je n’achète plus moi-même mon carburant, je ne vais plus au bistrot, je ne fais plus la queue pour payer mes factures. Tous ceux qui viennent à moi se composent une personnalité avant de venir, de sorte que je ne peux pas savoir qui dans sa vie de tous les jours ne se lave pas ou ne se peigne pas. C’est donc une chance que parmi mes très proches collaborateurs, il y en ait qui peuvent me dire ce qu’ils pensent, même si dans le cas présent, vous avez manqué de la manière. C’est ainsi que l’on glisse dans un cocon sans s’en apercevoir et que l’on se coupe de la réalité de son pays, par conséquent je ne peux vous laisser partir à aucun prix. »

Question : Avec toutes les folles rumeurs qui couraient la ville, pensez-vous que le président Thomas SANKARA a été vraiment surpris par le 15 octobre 1987 ?

On a beaucoup dit du Président Thomas SANKARA qu’il était niais, mais cela ne peut être vrai. Cette vive et pétillante intelligence qui impressionnait tous ses interlocuteurs ne pouvait s’accommoder avec de la niaiserie qui est lourdeur, brume, manque de perspicacité. Tenez, il nous a dit un jour (au cours des deux ou trois mois de tensions et de rumeurs qui ont précédé le 15 octobre), de ne surtout pas croire qu’il ne sait pas ce qui se trame, ça serait une insulte à son intelligence. Et d’ajouter en citant Théodore Roosevelt « même si tu échoues, qu’au moins tu échoues en osant de grandes choses, de sorte que ta place ne soit pas parmi ces âmes froides et timides qui n’auront connu ni la victoire ni la défaite ». Nous étions trois ou quatre de ses proches collaborateurs avec lui. La plupart sont encore vivants et peuvent en témoigner.

Et puis le 14 octobre au matin, il m’a dit quand je lui faisais part de mes inquiétudes à propos de toutes ces rumeurs qui gonflaient et qui alimentaient toutes les conversations des gargotes de Ouagadougou, qu’il ne peut rien faire contre ceux qui complotaient contre lui sans mourir de moitié et que de toutes façons, ce n’est pas de lui qu’on dira ’’on savait, la révolution mange ses propres fils, nul n’y échappe« , avant d’ajouter que ce sont les tragédies des peuples qui révèlent les grands hommes, mais ce sont les minables qui provoquent les tragédies. Ca, je l’ai déjà dit et tout le monde l’a lu dans la livraison de Jeune Afrique qui a suivi le 15 octobre 1987.

Une autre fois, il avait déclaré qu’après tout ce qu’il avait fait et tous les intérêts qu’il a bousculés pour donner un coup de fouet au développement et à l’émancipation de son peuple, il ne s’attendait pas à ce qu’on le désigne un jour du doigt, passant dans la rue sa canne à la main, en disant : « Voilà l’ancien président Thomas SANKARA qui passe ». C’est dire qu’il n’avait jamais été dupe en préparant pendant très longtemps et en engageant l’insurrection du 15 octobre 1987. Et puis un homme niais qui n’a pas conscience de ce dont la ville bruissait appelle-t-il son épouse « ma veuve » ?

Mais je crois qu’il faut comprendre l’interrogation et l’incrédulité des gens qui, aujourd’hui encore, ne peuvent comprendre qu’un homme qui avait tout pour réagir se soit laisser trucider. Et leurs questionnements sont : comment peut-il ne pas avoir vu venir, pourquoi n’a-t-il pas pris les devants et réagir ? En effet, quand l’étau se resserre autour de vous et que vous regardez venir la mort, très peu de gens gardent encore leurs bons principes et regardent les choses avec détachement. Lui, il avait depuis longtemps dompté la mort, particulièrement à la veille du 15 octobre 1987 ! Et ça va en droite ligne avec toute sa vie de météorite faite de privations, de réflexion et de symboles.

Question : Je vois que le sujet vous passionne et que l’on pourrait en parler des heures durant, mais si vous le voulez bien, nous allons terminer cet entretien en changeant totalement de sujet. Quelle lecture faites-vous de cette énième crise qui secoue le Moyen-Orient ?

Vous savez, c’est un sujet tout aussi complexe que passionnant, en tout cas, il passionne arabes et juifs pourtant liés par le sang et par l’histoire, mais qui ont atteint une défiance et une haine comme il n’en existe nulle part ailleurs. Les palestiniens et les autres arabes ont estimé que la création d’Israël en 1949 est un coup de force et prônent son anéantissement. Pendant ce temps, Israël qui est cerné de toute part par des Etats arabes ennemis, est convaincu que sa survie réside dans la puissance de son armée et dans sa capacité à frapper fort pour décourager toute velléité d’attaque arabe. C’est ce qui explique ce déferlement de feu sur le petit Liban dont -dit-on- les milices du Hezbollah sont plus puissantes que son armée.

On a l’impression qu’Israël est otage de ce enfermement et semble ne pas pouvoir vivre sans la hantise de la destruction et de la mobilisation pour y faire face, alors que ses principaux challengers ont soit fait la paix avec lui (Egypte), soit baissé pavillon (Syrie). De sorte que ce déferlement de feu sur le tout petit Liban pour l’enlèvement de deux soldats semble être d’une gratuité saisissante. N’oublions pas qu’Israël occupe toujours dans le sud du Liban ce qu’on appelle les fermes de Sheba et qu’il détient de prisonniers libanais fussent-ils du Hezbollah. On peut aussi déplorer la partialité stupéfiante de l’Occident qui provoque le désespoir et constitue une des causes directes du terrorisme.

En fait, il n y a pas de droit international. Chacun fait ce qu’il veut s’il le peut. Ainsi, on décrète qui est dictateur, on va, passez-moi l’expression, bomber sa gueule, massacrer des milliers de femmes et d’enfants et on revient s’asseoir tranquillement. Pour en revenir aux juifs et aux arabes, on ne peut qu’émettre un vœu qui peut-être se réalisera un jour ; que d’une part, on accepte la création d’un Etat palestinien et d’autre part, que l’on garantisse à Israël des frontières sûres et définitives où il pourra vivre en paix avec tous ses voisins.

Propos recueillis par Lamine Koné

Publié dans l’hebdomadaire San Finna (aujourd’hui disparu) en août 2006

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