Ce document audio est un document exceptionnel. D’abord parce que c’est probablement une des dernières interviews, si ce n’est la dernière, de Sankara peu de temps avant son assassinat mais aussi parce que ce document a été retrouvé plus de 22 ans après en mars 2010.
Des extraits de cette interview ont été publiés dans Jeune Afrique du 11 novembre 1987 sous le titre « Thomas Sankara, message d’outre tombe« .
Nous avons pu entrer en contact avec Inga Nagel qui l’a réalisée que nous tenons à remercier vivement ici ainsi qu’Antoine Souef qui nous a mis en contact avec elle.
Allemande de nationalité, elle était alors une journaliste engagée, pigiste pour plusieurs journaux allemands, travaillant sur la situation des femmes, ou des projets de développement. Vivant alors au Cameroun, elle était venue au Burkina pour réaliser l’interview, particulièrement motivée à l’idée de rencontrer Sankara. Elle se rend donc à Tenkodogo le 2 octobre pour assister à la commémoration du DOP, le Discours d’Orientation Politique en compagnie de Paulin Bamouni qui était alors responsable de la presse présidentielle. C’est à cette occasion que Sankara a donné un important discours connu aujourd’hui sous le titre : Nous avons besoin d’un peuple convaincu plutôt que d’un peuple vaincu 2 Octobre 1987 .

Elle raconte : « C’est mon tout premier contact avec TS et je faisais tout pour capter son attention pour qu’il me donne un RDV pour une interview que j’attendais tant. C’est dimanche matin, le 4 octobre qu’il m’a fait appelé, vers 10h. Bamouni m’a reçu en bas dans la Présidence et nous sommes monté. Il m’a ouvert la porte pour me laisser entrer et j’étais seule avec Sankara pendant une bonne heure et demie. Aucun contrôle de sac, personne m’a demandé les questions que je voulais poser … »

Cette interview apparait avec le recul pleine de fraicheur. Une certaine naiveté semble transparaitre, due probablement au début dans le journalisme de Inga Nagel, mais aussi au fait que le français n’est pas sa langue maternelle. Fausse naïveté? En réalité, Inga pose des questions que peut-être d’autres n’auraient pas osé ou en tout cas pas dans les mêmes  termes. Et Sankara, qui parait parfois, agacé, se prend vite au jeu et répond finalement de bonne grâce. On devine même son sourire dans certaines de ses intonations.
La proximité de l’interview avec son assassinat, comme l’ensemble des questions qu’il aborde donne à de document, effectivement un rôle de testament politique.

ECOUTER la première partie de l’interview

 


ECOUTER la deuxième partie de l’interview

2 COMMENTS

  1. Interview du 4 octobre 1987 (document audio indit)
    bjr impossible d’couter les liens audio, notamment cet indit, idem pour certains discours, fichiers audio incomplets ou corrompus merci de votre aide, cdlt Frdrique

    • Interview du 4 octobre 1987 (document audio indit)
      Bonjour
      Et merci de nous l’avoir signal.
      Je pense que a marche maintenant.
      Cordialement
      Bruno Jaffr

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