Ce roman sorti chez un grand éditeur français en août 2011 a pour toile de fond la révolution burkinabé. C’est donc tout naturellement que nous le présentons ici.

On trouvera une passionnante interview de son auteur, réalisée pour le site thomassankara.net à l’adresse


FAYARD ROMAN, 2011, 447 pages

ISBN 978-2-213-66190-2

Contact Edition : FAYARD
– Adresse : 13, rue du Montparnasse 75006 Paris
– Tél. : 01.45.49.82.00

Présentation de l’ouvrage en 4eme de couverture

Ainsi en va-t-il de Ouagadougou, capitale des coups d’État, où l’on imprime plus de tracts de propagande que de bulletins de vote : dans la nuit du 17 mai 1983, un nouveau putsch se prépare, le énième depuis l’indépendance. Thomas Sankara, simple capitaine devenu premier ministre, va être écarté du pouvoir.

Évidemment, la France s’en mêle. On murmure que le monsieur Afrique de l’Elysée, surnommé l’arracheur de dents, a fait le déplacement depuis Paris. Les pantalons blancs, Grandville le financier à moitié aveugle, Ezz l’aviateur, Vittorio l’arpenteur du désert font enfler la rumeur. Même Weller, le journaliste revenu de tout, y va de son commentaire, relayé par la Tantie J’ai Faim qui règne sur un bruyant essaim de jolies bordelles, et tous les petits bana-bana des quartiers miséreux.

Les sarcasmes fusent plus que les coups de feu. Et pourtant ! Malgré leur esprit railleur et fataliste, Noirs et Blancs confondus, tous se désespèrent. Les uns rêvent d’une Afrique enfin débarrassée de ses oppresseurs. Les autres auraient peut-être préféré naître du côté des opprimés. Le continent vit en eux plus encore qu’ils n’y vivent. Car on ne se remet jamais des crépuscules sous le tropique, quand le rouge de la latérite répond au ciel ensanglanté.

Avec son chœur (le petit peuple de Ouaga), son héros sacrifié (Sankara) et la main implacable du destin (la politique étrangère de la France), ce roman mêle l’érudition au parler populaire d’Afrique de l’Ouest pour raconter par le menu la série de coups d’États qui transformera la Haute-Yolta en Burkina Faso.

Jean Billeter est l’auteur de trois romans parus chez Jacqueline Chambon. Né en Suisse, il s’est installé à Paris après avoir vécu en Afrique.

Présentation de l’auteur

Jen Billeter est née en Suisse en 1947. Il a vécu plusieurs années en Afrique où est particulièrement fasciné par le Sahara. Les anciens dieux blancs de la brousse est son quatrième roman.

Nos commentaires

C’est la surprise de la rentrée littéraire, pour ceux dont nous sommes qui s’intéressent, le mot est faible, à Thomas Sankara.
Sankara, Blaise Compaoré, protagonistes d’un roman français, aux côté d’une brochette de “blancs”, on ne sait si l’auteur l’a voulu représentative, mais en tout cas, elle balaye une bonne partie de cette population expatriée, les anciens “dieux” du continent en perdition, dans une Afrique en pleine mutation.

Le mécanisme de la françafrique à l’œuvre avec un Guy Penne alias René Puy, dit le “dentiste”. Si les officiers voltaïques protagonistes de la période prérévolutionnaire, puis de la révolution gardent leur noms, les civils du roman, personnages de cette histoire prennent des noms d’emprunt. Mais ceux qui connaissent cette période reconnaitront sans peine, Adama Touré Valère Somé et même Vincent Sigué, ni un civil ni vraiment militaire.

L’auteur, à travers l’un de ses personnages, Thomas Vittorio, s’efforce de nous faire partager sa fascination pour le désert. Ce qui nous vaut de longues et belles descriptions dont l’auteur est friand dans une écriture riche et foisonnante.

Il faut saluer aussi le gros travail de reconstitution historique que l’auteur a semble-t-il voulu rigoureuse comme en témoigne l’imposante bibliographie présentée à la fin du livre.

Un roman passionnant qui devrait agréablement rafraichir la mémoire de ceux qui connaissent ce pays et cette période. L’auteur s’emploie à reconstituer la vie foisonnante de Ouagadougou et de ses habitants.

On regrettera cependant que Thomas Sankara apparaisse somme toute peu sympathique, impatient de prendre le pouvoir même si c’est par conviction.. et que Blaise Compaoré en ressorte plus réfléchi et posé… La révolution y est décrite sous son côté représsif seulement… On aurait aimé que la tragédie entre ces deux amis prennent toute son ampleur.

Malgré tout un vrai et grand roman, chez un grand éditeur. En espérant que les lecteurs néophytes auront envie d’en savoir plus.

En cette période de fête, nous avons voulu vite vous signaler ce roman. Nous y reviendrons bientôt plus longuement.

Bruno Jaffré

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