Bruno Jaffré

336 pages, publié à l’Harmattan, en 1989, réédité en 1997

ISBN 2-7384-5967-6

Contact édition : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris

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Présentation (4 ème de couverture)

Il aura fallu 24 ans après l’indépendance pour que la Haute Volta se débarrasse de son nom copié sur le modèle de ceux des départements français, pour devenir le Burkina Faso (la « patrie des hommes intègres »). C’est en s’attaquant de la sorte à de multiples symboles que les dirigeants de ce pays e particulier le capitaine Sankara méritèrent les honneurs de l’actualité africaine et internationale à partir du 4 août 1983. Ce que l’on sait moins c’est qu’avec le soutien massif des Burkinabè, ils firent bien plus que de s’attaquer aux symboles.

Dans ce livre, un témoin attentif, visiblement sensible à cet élan de fierté d’un peuple qui veut prendre sa destinée en main, nous promène à travers les péripéties de la scène politique, les articles de presse, les statistiques économiques et sociales, les rapports et discours officiels, mais aussi les confidences des protagonistes, les conversations de l’homme de la rue et nous livre ses impressions de voyageur attentif aux aspects les plus divers du paysage rural et urbain et des transformations en cours.

Qui a tué le capitaine Sankara qui sut représenter pour son pays et pour le monde une image optimiste de l’Afrique ? Comment ? Pourquoi ? Ce livre nous soumet un examen scrupuleux de ce qu’on peut savoir des circonstances de cette tragédie, des commentaires internes et externes, des rumeurs de la rue, des hypothèses et des perspectives.

Ce livre dans lequel se succèdent reportages et analyses approfondies s’adresse à tous ceux qui aiment ce pays et qui s’intéressent aux problèmes de développement auxquels cette expérience révolutionnaire originale a tenté d’apporter des solutions.

Tables des matières

Le Burkina Faso en chiffres

Introduction : de l’indépendance au 4 août 1983
– Un long processus
– La faillite du système politique et des partis politiques qui y ont participé
– Les syndicats représentatifs du mouvement populaire urbain
– La politisation progressive de l’armée
– Le développement des idées révolutionnaires

Première partie : Images du Burkina Faso

1. Ouagadougou

2 . Images du Sahel
– Aller en voiture à Dori
– Dori
– Gorm Gorom
– Markoye

3. Sérékéni village Burkinabé

4. Incursions dans le monde du travail
– Enquête à la SOSUCO en 1985
– Septembre 1987 dans un ministère

Deuxième partie : Le bilan de quatre années de Révolution (1983-1987)

1. La politique de santé

2. L’éducation
– Un village au rythme de l’alphabétisation
– La politique d’alphabétisation
– L’enseignement

3. La politique culturelle

4. La politique en direction de la femme

5. Une révolution dans la justice
– Une séance de TPC (Tribunal Populaire de Conciliation)
– Une séance de TPR (Tribunal Populaire Révolutionnaire)
– La Réforme de la Justice

6. La réforme agraire et foncière
– La Réforme et ses implications dans le monde paysan
– La lutte contre la désertification
– La réforme foncière et la politique du logement

7. La politique économique

8. La politique extérieure
– L’émergence nouvelle sur la scène politique internationale
– Relations prudentes mais soutenues avec la Libye
– Solidarité active avec les mouvements de libération
– Relation avec les pays progressistes
– Les rapports avec les pays de la région
– Relations avec les pays socialistes
– Les relations avec la France
– Les rapports avec les organismes internationaux

9. Les Comités de Défense de la Révolution
– Des CDR décriés et difficiles à approcher
– Rencontre avec un responsable d’un secteur de Ouagadougou
– Un responsable de sécurité dans un sous-secteur
– Les CDR de services
– Les CDR instruments de règlements de compte politiques
– Les CDR défenseurs de la Révolution
– Le problème des jeunes militants sans ressource

Troisième partie

1. Que s’est-il passé le 15 octobre ?
– Le déroulement des faits
– Compaoré est-il à l’origine du putsch ?
– Sankara préparait-il un complot ?

2. Ouagadougou après le putsch
– Le 15 octobre
– Sankara est mort !
– Premières décantations
– Lundi 19 octobre
– Réactions populaires
– La rébellion du « Lion »
– La normalisation

3. Pourquoi Sankara a-t-il été écarté ?
– Divergences à propos de la création d’un organisation d’avant-garde
– La résurgence du problème syndical
– Dissensions internes au plus haut niveau
– Accroissement de la tension
– Une hypothèse qu’on en peut exclure : une intervention extérieure

4. La rectification

Conclusion

ANNEXES
– Chronologie des principaux évènements politiques
– Liste des principaux sigles utilisés
– « Libération de la femme une exigence du futur » (discours du Capitaine Sankara prononcé le 8 mars 1987, journée internationale des femmes) Ce discours est disponible sur notre site à cette adresse
Bibliographie

Nos Commentaires

L’auteur de cet ouvrage Bruno Jaffré étant par ailleurs collaborateur du site, nos commentaires manqueront sans doute de recul. Mais il faut bien nous y risquer cependant en espérant que d’autres lecteurs donneront leur avis.

L’intérêt de cet ouvrage quelques 18 ans après la révolution vaut par les multiples informations qui sont délivrées, les analyses et surtout les reportages qui nous font revivre cette période.

Certaines analyses pourraient être reprises à la lumière des informations qui sont distillées petit à petit mais l’essentiel a été fait alors que livre était terminé l’été 1988 soit avant ceux de Sennen Andriamirando et Ludo Martens pourtant mis en vente avant.

L’auteur ne cache pas son parti pris, certains le lui reprocheront, et l’on peut sourire ça et là par quelques maladresses cela ne l’empêche pas de formuler un certain nombre de critiques sur la révolution. On lira à cet effet le chapitre particulièrement long sur les CDR.

Ce livre reste la référence actuellement pour la somme des informations qu’il distille et les reportages qui font revivre cette période. De nombreux livres sont parus jusqu’ici mais peu d’entre eux sont aussi complets.

On attend aujourd’hui de véritables livres collectifs où débattraient chercheurs et militants de cette période. Mais de nombreux autres livres ont certes depuis été édités, un colloque international suivi de l’édition d’un ouvrage doivent être maintenant des objectifs. Aucun groupe de recherche ni d’université n’a jusqu’ici osé s’atteler à cette tâche ce qui montre sans doute soit que la confrontation avec les autorités burkinabé serait difficile, soit que le sujet est encore trop d’actualité et susceptible de réveiller des passions.

Il reste que ce travail de mémoire de synthèse et d’analyse doit être considéré comme un devoir pour les jeunes générations.

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