Une première série de poème se trouve à l’adresse . Nous n’en avons pas reçu depuis longtemps.

Nous ouvrons donc une nouvelle page pour abriter des poèmes avec celui que nous avons reçu le 15 octobre 2012.

La rédaction


Thomas Sankara de Balufu Bakupa Kanyinda

« Aux pieds de ce qui reste du pays des hommes dignes et libres,
Seul un arbre géant défie la nuit et effraye les vautours.

Rapace du pays Mossi, je ne dirai jamais ton nom.

N’oublie rien en chemin.
Le soleil ne se couche jamais,
C’est l’homme qui s’éloigne de la lumière.

Et je te dirai mes errances avec un crayon donné,
Une feuille de papier prêtée.
Je te dirai le peu de ma grande question.

Que la mémoire soit notre anneau de fer.
N’oublie rien en chemin.

Le soleil ne se couche jamais.
C’est l’homme qui s’éloigne de la lumière.

Mémoire je te nomme immortalité du baobab.

N’oublie rien en chemin.

Le soleil ne se couche jamais.

Des soudards égorgent la liberté.
Peau d’ébène en bandoulière.
La kalachnikov fratricide portée en galons de capitaine.
La gloriole de leur crime appelle le crachat.
Quinze fois.
Le quinzième jour de tous les dixièmes mois.

N’oublie rien en chemin.

Là-bas, le baobab de Dagnoen trouble le sommeil des assassins.
Traître, je ne dirai point ton nom.
Triomphe des ténèbres.

Horizon qui s’habille de lumière à six heures.
Écarlates sanguinaire à l’autre six heures.
N’es-tu pas la seule destination des chercheurs des réponses ?

Traître, je ne dirai point ton nom. Triomphe des ténèbres.

Tragique fin de Thomas Sankara
Et l’Afrique porte en bandoulière
Ses sempiternels tourments, ses rêves inachevés… »

Balufu BAKUPA-KANYINDA

« Thomas Sankara », film. Channel 4 / Scolopendra. 1991. (voir à  l’adresse)


À « Thomas Sankara » Assassiné le jeudi 15 octobre 1987 :16h30

Frères de sang
Disaient-ils !

Deux bras
Avaient embrassé
Le destin du pays.

Deux mains
Avaient forgé
Les maillons de l’espoir.

L’amitié
Semblait être
Le ciment
De leurs vies.

Mais la traîtrise
Croissant souvent
À l’ombre de l’amitié
L’un d’eux a comploté.

La mort a séparé
Les deux
Frères amis.

L’Un
Qui règne aujourd’hui
Marqué du sceau
De l’infamie
Pour toujours est en guerre !

L’Autre
Assassiné
Entré dans la paix
Pour toujours est vivant !

Face à l’Histoire
Il emporta avec lui
La gloire
Le drapeau réinventé
Et le nom
– trop lourd à porter –
De ce pays nouveau
Qu’ils avaient dessiné

« Le Burkina – Faso »
Ou « Pays des Hommes intègres ! ».

Airjai – Tâabo.
L’Ombre blanche du Baobab


Élégie pour Thom SANK

Mon Capitaine !
Mi-octobre, le Navire de l’Intégrité
De l’île du bonheur, était à quelques pas
Quand judas te fit passer de vie à trépas.
Oui! Ton Sang, c’est ton féal qui l’a versé.

Mon Capitaine !
Cette félonie nous rendit inconsolables,
Mais tes bourreaux furent impitoyables :
Beaucoup aux blancs requins servirent de pâtures,
Certains s’éteignirent dans les ténèbres de la torture.

Mon Capitaine !
A la patrie, Tu préparais un avenir meilleur,
Mais eux aspiraient à une vie venue d’ailleurs.
Au peuple, Tu destinais un réel bonheur,
Mais eux voulaient jouir de la vie sans labeur.

Mon Capitaine !
A défaut de te convaincre ils t’ont enterré
Mais en t’enterrant ils ont éternisé Tes Idées,
Des Idées qui hantent et torturent leur conscience,
Des Idées qui, toujours, illuminent mon existence.

YARBANGA Moumouni alias YARMO LE MENTOR, le poète réaliste.

E-mail : yarbanga_moumouni @ yahoo.fr

source : Le Reporter N°102 du 15 septembre 2012 http://www.reporterbf.net

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