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On pourra aussi se reporter à thomassankara.net/?p=1783 où se trouvent des comptes rendus de la rencontre avec les députés.

La rédaction

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AFP 16 juin 2015 Burkina: La veuve de Thomas Sankara réclame une enquête parlementaire en France Paris (avec l’AFP)

La veuve de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara, exilée à Montpellier (sud) depuis l’assassinat de son époux en 1987, a demandé mardi à des députés français d’ouvrir une enquête parlementaire pour élucider le rôle de la France dans la mort de son mari.

Mariam Sankara a été reçue à l’Assemblée nationale par le chef de file du Front de Gauche, André Chassaigne, et la députée écologiste et ancienne ministre Cécile Duflot, a constaté l’AFP.

« Depuis son assassinat, dans les complicités dont on parle, le nom de la France est souvent revenu« , a souligné Mme Sankara, accompagnée de son avocat Bénéwendé Stanislas Sankara (sans lien de parenté) et de représentants du réseau international d’associations « Justice pour Sankara, Justice pour l’Afrique« .

Cette enquête parlementaire permettrait d’obtenir « un accès aux archives de la France, afin de faire la lumière sur les circonstances de l’assassinat du président Thomas Sankara« , a-t-elle justifié.

Une première demande d’enquête parlementaire française, formulée en 2011, n’avait pas abouti. Mais « le rapport de force a changé depuis l’insurrection populaire » au Burkina Faso, qui a chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré le 31 octobre, a fait valoir Me Bénéwendé Sankara.

Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987, avec douze de ses compagnons, lors d’un coup d’État qui porta M. Compaoré au pouvoir. Par la suite, le régime avait toujours refusé d’ouvrir une enquête sur cette mort, officiellement « naturelle ».

Depuis l’arrivée d’un gouvernement de transition, la justice burkinabè a lancé une enquête et auditionné en mai Mariam Sankara.

En France, chaque groupe de députés a la possibilité de lancer une commission parlementaire par session mais le groupe du Front de Gauche et le groupe EELV ont déjà épuisé leurs droits, a expliqué André Chassaigne.

Ce dernier a ajouté avoir écrit au président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, pour lui demander d’ouvrir une commission d’enquête selon une autre voie qui suppose l’accord de la majorité de l’Assemblée et pourrait être difficile à obtenir.

A l’époque de la mort de Thomas Sankara, la France était codirigée par un président socialiste, François Mitterrand, et un Premier ministre de droite, Jacques Chirac.

« La France des droits de l’Homme et des libertés ne peut pas se laisser soupçonner dans un dossier d’assassinat« , a plaidé Me Sankara. « Elle est restée muette pendant 27 ans. Cette démarche serait une très belle occasion pour elle de se blanchir« , a ajouté l’avocat.

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Burkina: la veuve de Thomas Sankara « n’abandonnera pas » sa quête de vérité
(AFP) Le 17-06-2015

Discrète mais tenace. Plus de 27 ans après le mystérieux décès de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara, sa veuve Mariam poursuit sa quête de vérité, du Burkina Faso à la France.

« Je n’ai pas abandonné, je n’abandonnerai pas, jusqu’à ce que vérité soit faite« , confie Mariam Sankara à l’AFP, dans un rare entretien.

Elle vit en exil à Montpellier, dans le sud de la France, où elle s’est installée en 1990 avec ses deux enfants. Mais elle était à Paris mardi pour demander aux députés français d’ouvrir une enquête parlementaire sur les circonstances de la mort de son époux.

C’était le 15 octobre 1987. Jeune président charismatique et révolutionnaire, Thomas Sankara, qui rebaptisa la Haute-Volta en Burkina Faso (« Pays des hommes intègres »), est victime d’un coup d’Etat mené par son « frère d’armes », Blaise Compaoré.

Il meurt, avec douze de ses compagnons, dans des circonstances jamais élucidées, et est enterré le soir même à la sauvette. Evoquer son nom au Burkina devient tabou. Le régime de Compaoré refuse toute demande d’enquête.

Pour éviter que la prescription n’efface tout, Mariam Sankara porte plainte contre X en 1997. Car la rumeur court d’un complot associant les services secrets américains, français, mais aussi la Libye, la Côte d’Ivoire et le Libéria.

Quand Blaise Compaoré est chassé du pouvoir par une insurrection populaire, le 31 octobre dernier, les jeunes brandissent des portraits de Sankara et scandent l’hymne national écrit sous la révolution.

La justice burkinabè ouvre une enquête en mars et elle convoque Mariam Sankara pour l’auditionner en mai.

« J’ai été entendue. J’ai eu l’impression que le juge voulait vraiment aller au bout de cette enquête, je ne peux qu’espérer que cela se passe bien« , dit-elle.

A la demande du juge d’instruction, les restes de Thomas Sankara et des douze autres victimes sont exhumés fin mai.

« Le but, c’est d’identifier les corps mais aussi de déterminer les circonstances des décès puisque nous avions reçu des certificats disant qu’il s’agissait de morts naturelles« .

– ‘Je vais revenir’ –

Mariam Sankara souhaite que Paris contribue à éclaircir le mystère.

« La France a été souvent citée dans les complicités, en ce qui concerne l’assassinat. Si on arrivait à ouvrir les archives, on pourrait situer les responsabilités« , estime-t-elle. « Il y va de l’intérêt de la France, du Burkina et de toute l’Afrique que cette vérité se sache« .

Les autorités françaises n’ont jusqu’ici jamais donné suite à ses requêtes.

« Cela fait 18 ans que la plainte est déposée. J’ai écrit au président Chirac (1995-2007), j’ai reçu une réponse comme quoi ce genre de chose ne se produirait plus. J’ai écrit au président Sarkozy (2007-2012) qui a répondu aussi qu’ils vont veiller à ce que ce genre de situation ne se reproduise plus au Burkina.

« J’ai écrit à Hollande quand il est devenu président mais je n’ai pas reçu de réponse... », ajoute-t-elle.

Elle espère que les députés français accepteront sa demande d’enquête parlementaire. Mais cela suppose un consensus politique et « je pense que cela peut être difficile« , reconnaît-elle. Deux requêtes similaires, émanant de députés burkinabè, étaient restées lettre morte en 2011 et 2012.

Fêtée à son retour au pays en mai, Mariam Sankara cultive la discrétion et fuit les journalistes.

« Je ne me donne pas un rôle politique. Les sankaristes ont un candidat que nous soutenons qui est Bénéwendé Sankara » (sans lien de parenté).

Mais elle s’est inscrite sur les listes électorales et pourrait s’impliquer aux côtés de son candidat dans la campagne électorale au Burkina Faso, à l’approche des scrutins présidentiel et législatif d’octobre.

« Je m’installerai un jour au Burkina« , ajoute Mariam Sankara. « J’ai ma mère, j’ai des frères. Je vais revenir« .

Ses deux enfants, adultes et établis aux Etats-Unis, viendront peut-être aussi. « Ils sont Burkinabè, nous sommes toujours restés Burkinabè« .

Par Marie WOLFROM AFP © 2015 AFP

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RFI 17 juin 2006 Mort de Sankara: sa femme demande la levée du secret défense à la France

La veuve de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara réclame à la France la levée du secret défense et une enquête parlementaire pour élucider le rôle de la France dans la mort de son mari en 1987. Une mort survenue lors du coup d’Etat qui a permis à Blaise Compaoré de s’installer au pouvoir. L’enquête sur la mort du capitaine progresse au Burkina, un juge d’instruction a été désigné, les corps ont été exhumés, mais pour Mariam Sankara, la France peut aussi contribuer à faire éclater la vérité.

Après des années de silence forcé, la veuve de Thomas Sankara tente de connaitre la vérité sur la mort de son mari, assassiné le 15 octobre 1987 avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir.

Depuis l’arrivée d’un gouvernement de transition la justice burkinabé a lancé une enquête dans le pays. Mais les proches de l’ancien président burkinabé souhaitent ouvrir les archives françaises pour connaitre le rôle de la France dans ce complot. Bruno Jaffré est membre de l’association Justice pour Sankara justice pour l’Afrique.

« La commission d’enquête parlementaire pose simplement des questions : est-ce que la France a-t-elle participé à ce complot ? Qu’est-ce qu’elle a fait ? Si elle l’a su, qu’est-ce qu’elle a fait pour l’empêcher ? Est-ce qu’elle a essayé de l’empêcher ? Voilà des questions très ouvertes. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il est temps pour la France – qui met toujours beaucoup trop de temps à ouvrir ses archives quand on accuse ses services secrets d’assassinats ou de coups fourrés – d’ouvrir aussi ses archives sur ces questions là. Pour aller de l’avant dans ses relations entre les deux pays, il est aussi bon que la France, qu’elle soit responsable ou non de cette affaire, permettent au moins aux gens qui questionnent d’avoir accès aux documents pour se faire leur propre idée », argumente Bruno Jaffré.

Pour lui, les sources ne manquent pas. « Ça serait probablement dans les archives des services secrets, dans les archives de l’Elysée, où il y avait François Mitterrand et son ‘Monsieur Afrique’ Guy Penne, et dans les archives du Premier ministre, où il y avait M. Chirac et Jacques Foccart. Et on pense qu’il est bon qu’on puisse avoir accès à ces archives et que cette question ne reste pas un point d’interrogation. »

Les députés du Front de gauche et de Europe Ecologie-les-Verts souhaitent aider Mariam Sankara, mais ont épuisé leurs droits à lancer une commission parlementaire. Ils ont donc sollicité le président socialiste de l’Assemblée nationale française Claude Bartolone. Reste à savoir si les élus socialistes de la majorité présidentielle accueilleront positivement cette demande. Pas sûr, à en croire François Loncle, président socialiste du groupe amitié France Burkina Faso.

« Ce n’est pas une question de groupe socialiste ou d’autres groupes, ce n’est pas le rôle de l’Assemblée nationale de bâtir une commission d’enquête parlementaire sur des évènements qui datent une trentaine d’années qui concernent un pays étranger. Il y a là confusion des genres. La demande ne pourra être que rejetée, j’en suis persuadé. » Une première demande d’enquête parlementaire avait été refusé en 2011.

Yaya Boudani

Source : http://www.rfi.fr/afrique/20150617-mort-sankara-femme-demande-levee-secret-defense-france/

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Aujourdh’ui au Faso 17 juin 2015 Demande de la levée de la secrète défense par Mariam Sankara

Les autorités de la transition, le président Michel Kafando en tête, ont multiplié les gages de leur bonne foi, allant des promesses à leur réalisation par la désignation d’un juge d’instruction et l’exhumation des restes de l’ancien Chef d’Etat burkinabè et de ses douze compagnons.

Mais Mariam Sankara ne lâche pas le bout. Invitée par les députés du Front de Gauche et de Europe Ecologie-Les Verts de l’Assemblée nationale française, elle en a profité pour ouvrir un autre front : lever le secret défense sur le rôle de la France dans la mort de son mari.

«Dans les complicités lors de l’assassinat du président Sankara, le nom de la France revient souvent», confie-t-elle à RFI. Et elle n’a pas tort. Les phrases du président François Mitterrand, en visite au Burkina, ont vibré de menaces et de mises en garde contenues à l’endroit du jeune et fougueux président burkinabè, qui arborait à l’époque fièrement ses galons de capitaine.

Qui ne se souvient pas des passes d’armes le 17 novembre 1986 entre le «dieu» de la politique française et le fringant capitaine burkinabè ?

«Vous êtes tranchant, mais vous tranchez trop» avait signifié François Mitterrand à Thomas Sankara. Et le président français d’alors avait lui-même laissé entendre après sa visite à Ouagadougou au sujet de Sankara que «c’est un homme dérangeant, le capitaine Sankara, il ne vous laisse pas la conscience tranquille».

Au-delà, il faut noter que la politique d’indépendance réelle et d’affranchissement définitif avec l’ancien pays colonisateur dont Thomas Sankara s’en était fait le chantre n’a pas dû faire rire du côté de l’Hexagone. Les slogans du genre «consommons burkinabè» et «à bas l’impérialisme» n’ont pas retenti positivement en France.

Même si la tragédie du 15 octobre 1987 semble avoir été jouée entre Burkinabè, il n’est pas exclu que des producteurs, des réalisateurs et des prompteurs se soient tapis derrière les caméras, sous l’ombre de la manipulation. La France pourrait difficilement affirmer qu’elle a tout ignoré d’une manière ou d’une autre de ce qui s’est passé ce fatidique jour au sein du Conseil de l’Entente, ne serait-ce que savoir le contenu du scénario et le rôle des acteurs. On était en pleine cohabitation certes, mais les renseignements fonctionnaient à merveille.

Entre Sankara donc et la France des années 80, ce furent des relations conflictuelles permanentes. Or en connaît quelques péripéties : En décembre 83, de l’échelle de coupé de son avion à l’aéroport de Vittel, où il fut accueilli par Guy Penne considéré comme l’instigateur de son arrestation le 17 mai 83 à la visite de Mitterrand le 17 novembre 86, en passant par l’emprisonnement en France de son ange gardien Vincent Sigué, en janvier 84, et l’expulsion de l’ambassadeur de France au Burkina, en mars de la même année, jusqu’à son assassinat en octobre 87, ce furent des rapports très tendus. Quel rôle la France a joué ou plutôt quel rôle l’ancienne puissance coloniale n’a pas joué dans la mort du père de la révolution burkinabè ? Les hypothèses les plus sérieuses ou plus fantaisistes ont circulé sous le manteau et même sous la plume de nombreux écrivains, chercheurs et politologues. De Paris, à Washington, en passant par Brazza, Kampala, et Tripoli, on a entendu du tout. Mais quid de ce qu’ont fait la DGSE française et la CIA américaine ?

Si la requête de Mariam aboutit, on en saura un peu davantage, sur ce crime d’Etat, qui, 27 ans après n’a sans doute pas encore livré tous ses secrets.

La dé classification de ce dossier permettra sans doute d’éclairer certaines zones d’ombre de la mélasse qui recouvre ces évènements depuis près de 30 ans.

Reste maintenant à savoir si cette demande trouvera gain de cause. Ceux à qui Mariam Sankara s’est adressée ont épuisé leurs droits à lancer une commission parlementaire. En effet, le chef de file du parti du Front de gauche, a beau être de son côté, il est loin d’une telle demande à son effectivité, car il y a tout un processus pour une dé classification ne se fait pas du jour au lendemain, surtout ce dossier concerne, un personnage qui s’appelle Thomas Sankara. Il faut maintenant espérer que la lettre écrite au président de l’Assemblée française, Claude Bartolone, trouvera un écho favorable pour ouvrir une commission en passant par d’autres moyens.

Ainsi donc, le dossier de l’assassinat du président Thomas Sankara se dresse désormais au milieu d’une scène au-dessus de laquelle les projecteurs s’allument un à un et chaque jour un peu plus. Comme on le dit, le temps est l’allié imperturbable de la vérité.

La veuve Sankara a décidé quelques semaines après l’exhumation des restes de son mari, de passer à un autre temps, elle n’a pas l’intention de lâcher le bout. Et c’est son droit le plus absolu.

Ahmed BAMBARA

Source : http://aujourd8.net/index.php/13-cogito-d-aujourd-hui/1638-demande-de-la-levee-de-la-secrete-defense-par-mariam-sankara

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Y aura t-il une enquête française sur la mort de Sankara ?

Par Julien Le Gros (contributeur Le Monde Afrique)

Publié sur http://www.lemonde.fr/afrique/ le 30.06.2015 à 16h06

Mariam Sankara ne cache pas sa satisfaction. Lorsqu’elle est reçue le 16 juin à l’Assemblée nationale française par deux députés – Cécile Duflot (Europe-Ecologie) et André Chassaigne (Front de gauche) –, la veuve de Thomas Sankara est convaincue que la demande d’enquête parlementaire française sur l’assassinat de son mari, déjà formulée en 2011 et 2012, est en train de trouver un nouveau souffle.

Les députés se sont en effet engagés à faire accélérer la procédure afin de déterminer une éventuelle responsabilité de la France dans l’assassinat de l’ancien président burkinabé en 1987. « J’ai l’impression qu’ils vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour l’ouverture de cette enquête parlementaire. Il en va de l’image de la France. C’est important pour les Français et pour l’Afrique », estime Mariam Sankara.

Mais l’enthousiasme de la veuve de Thomas Sankara est tout de même modéré par la réserve du Parti socialiste, qui n’a toujours pas exprimé de position officielle sur ce sujet. Selon Germaine Pitroipa, représentante du Front sankariste en France, « le PS a toujours été en décalage avec ce qui se passe au Burkina Faso. Un proche de François Mitterrand était à Ouagadougou quand Sankara a été arrêté en 1983. Ce sont des coïncidences étonnantes. »

Pour François Loncle, député PS et président du groupe d’amitié France Burkina Faso à l’Assemblée nationale française, « cette commission d’enquête n’aura pas lieu. Ce n’est pas notre rôle. Le cas Sankara relève des chercheurs, des historiens et surtout des Burkinabés eux-mêmes ! »

Cet avis est partagé par Maurice Braud, conseiller aux relations internationales du Parti socialiste : « Le décès du président Sankara est lié à des dissensions internes. La France n’est pas compétente sur le fond du dossier. Ça n’a rien à voir avec des enquêtes sur des affaires où la France était impliquée de près ou de loin. Je sais qu’on veut voir la main de la France partout. Mais on est vraiment dans autre chose. Seule la justice du Burkina qui vient de s’en saisir peut apporter une réponse aux familles endeuillées. »

Pour autant Bruno Jaffré du Réseau Justice et Vérité pour Thomas Sankara, qui accompagnait la veuve de l’ancien président lors de sa visite au Palais Bourbon, ne désespère pas de trouver des soutiens pour faire avancer le dossier.

Julien Legros

source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/30/y-aura-t-il-une-enquete-francaise-sur-la-mort-de-sankara_4664793_3212.html

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De nombreux médias ont rendu de cette rencontre à l’Assemblé nationale mais ils se contentent pour l’essentiel de reprendre les dépêches de l’AFP. Nous ne les avons donc pas indiqué ici.

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