Compte rendu de la rencontre

Le matin à 10h, Bénéwendé Sankara, président de l’UNIR PS (parti sankariste), avocat de Mariam Sankara, et Germaine Pitroipa ont participé à une conférence de presse devant une vingtaine de journalistes. Puis ils se sont rendus à l’Assemblée nationale vers 13h45.

Les députés André Chassaigne, Président du groupe parlementaire du Front de gauche GDR (gauche démocratique et républicaine), Marc Dolez, du même groupe et Cécile Duflot sont venus accueillir Mariam Sankara, à l’extérieur de l’Assemblée nationale.

Une délégation qui les accompagnait, composée de Germaine Pitroipa représentante de l’UNIR PS en France, de Humanist représentant le balai citoyen en France, de Bruno Jaffré du réseau international « Justice pour Sankara justice pour l’Afrique« , et de Dominique Josse, responsable Afrique du PCF est entrée au sein de l’assemblée nationale pour un séance de travail.

Mariam Sankara a expliqué son long combat pour obtenir vérité et justice. Elle a remercié les députés pour leur action et renouvelé son souhait que la France se penche sur ce dossier afin de savoir si elle a été impliquée dans l’assassinat de Thomas Sankara.

M. Chassaigne qui a écrit au président de l’assemblée nationale, il y a quelques jours pour demander que l’assemblée se penche sur ce dossier, a promis de questionner de nouveau lors d’une prochaine conférence des présidents. Mme Cécile Duflot a affirmé vouloir aussi s’engager à son tour pour que la France se penche sur son passé

Tous les deux ont exprimé leur intérêt pour la transition actuellement en cours eu Burkina, en espérant qu’elle puisse être menée à bien

La rédaction

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de gauche à droite, Germaine Pitroipa, Mariam Sankara, Bénéwendé Sankara, Cécile Duflot, André Chassaigne (©Réseau international « Justice pour Sankara justice pour l’Afrique »

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Participation de la coordination du balai citoyen de Paris a l’audition de Mariam Sankara par des parlementaires français

Ce jour 16 juin 2015, Mariam Sankara a été reçue par Cécile Duflot du parti EELV « les écologistes », André Chassaigne et Marc Dolez députés du front de gauche. nous l’avons accompagné avec Maitre Sankara Germaine Pitroipa, Bruno Jaffre.

Chacun de nous s’est exprimé et avons mis en avant l’importance d’ouvrir cette enquête pour le peuple Burkinabè, notamment dans la période de transition actuelle et les aspirations Sankaristes qui ont régné durant l’insurrection, mais également pour tout un continent au regard de l’héritage idéologique que nous a légué le capitaine Sankara et des idéaux dont tout une jeunesse se réclame, mais aussi de la nécessité d’avancer dans le futur en se réconciliant avec le passé, un exposé a été fait par Maitre Sankara sur la situation juridique du dossier et les nombreux blocages depuis toutes ces années.

Les députés se sont montrés à l’écoute et ont repris l’idée qu’il est important de savoir « reconnaitre les erreurs du passé pour avancer », le dialogue était des plus ouverts et bien sûr il a été évoqué l’importance de connaitre les circonstances de l’assassinat de Thomas Sankara et la responsabilité de la France sur son devoir d’histoire en ouvrant le dossier d’archives.

Le député André Chassaigne a ensuite expliqué les difficultés techniques d’une procédure d’enquête parlementaire, surtout du au fait qu’elle soit limitée à une par an. Il a donc entrepris la démarche pour passer par la seconde voie possible, c’est à dire à l’initiative du président de l’assemblée, Mr Bartalone.

Cécile Duflot a rappelé son attachement aux sociétés civiles en faisant un clin d’œil pour le rôle que mène le Balai Citoyen.  »

Humanist depuis Paris

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La rencontre avec les députés au sein de l'Assemblée nationale (photo Proposer Vokouma)
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Compte rendu de Prosper Vokouma, présent à la rencontre journaliste (lefao.net)

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Dans l’après-midi, Maitre Sankara, Mariam Sankara et les membres du réseau « Justice pour sankara, justice pour l’Afrique » avaient rendez-vous avec les députés du groupe parlementaire du Front de gauche et des Ecologistes.

Aux environs de 14 heures, Mariam Sankara, Germaine Pitroipa et Maitre Sankara arrivent devant l’Assemblée nationale française. Ils sont accueillis par une dizaine de soutiens dont Bruno Jaffré, auteur d’une biographie de Thomas Sankara et très actif dans la mobilisation de l’opinion sur le dossier Sankara, Patrice Taraoré, le représentant en France du Bali citoyen ; des membres du Parti communiste français et des militants contempteurs de la Françafrique.

Quelques minutes après, arrive la députée écologiste et ancienne ministre du Logement et de l’égalité des territoires, Cécile Duflot. Chaudes poignées de mains avec Mariam Sankara, habillée dans un majestueux costume Faso Dan Fani. « Nous sommes heureux de vous recevoir ici à l’Assemblée nationale française parce que nous sommes solidaires du combat que vous menez », lance la députée. Le groupe est rejoint par le président du groupe parlementaire « Front de gauche », le député communiste André Chassaigne, un homme à la moustache abondante et au gabarit très au dessus de la moyenne.

Après quelques formalités d’ordre sécuritaire, nous voici dans les locaux de l’Assemblée nationale. Le député souhaite la bienvenue à Mariam Sankara et ses soutiens et lui donne la parole. « C’est un honneur pour moi d’être reçue ici à l’Assemblée nationale française dans le cadre de l’amitié de nos deux peuples et dans notre attachement commun aux libertés et au respect de la vie humaine. Merci pour votre engagement à vouloir situer les responsabilités dans l’assassinat du président Thomas Sankara, car parmi les complicités qu’on évoque dans cette affaire, le nom de la France est souvent cité et il serait bien qu’on sache ce qui s’est réellement passé », lance la veuve de Thomas Sankara.

Quant à Maître Sankara, il est « persuadé qu’ici, il y a des amis et des frères Français attachés aux droits de l’homme et à la liberté » et convaincu que « tant que la lumière sur l’assassinat de Thomas Sankara n’aura pas été faite, il restera pour l’Afrique, un goût d’amertume en ce sens que l’assassinat du leader de la Révolution démocratique et populaire (RDP) a été vécu comme un espoir assassiné ». Il rappelle que depuis 28 ans les Burkinabè n’ont pas baissé les bras, qu’il y a eu une sorte de résistance peut-être latente aussi bien dans la société civile que dans les partis politiques et qu’au final, les « Burkinabè ont dû assumer leur propre révolte ». Il a ensuite rappelé les péripéties que le dossier a connues depuis le dépôt de la plainte en 1997 jusqu’à l’exhumation des restes le 26 mai dernier en passant par le Comité de droits de l’homme de l’Onu. (http://www.lefaso.net/spip.php?article26901 du 16 mai 2008).

Demander à la France de faire la lumière sur son éventuelle implication dans cette affaire, est pour lui une occasion offerte au pays qui se réclame des droits de l’homme de ne « plus se laisser soupçonner de complicité d’assassinat dans un dossier comme celui de Thomas Sankara où son nom est régulièrement cité dans la presse et dans les livres ». Il ne désespère pas qu’à l’image de ce qui s’est passé en Belgique où la vérité a été dite sur la mort du premier ministre congolais Patrice Lumumba, 40 ans après les faits, la lumière soit faite sur l’implication de la France dans l’assassinat de Thomas Sankara, « un sujet que la France n’a pas envie d’évoquer pour des raisons politiques », croit savoir Cécile Duflot. « Thomas Sankara a été tué pour ses idées, pour ce qu’il représentait et pour la politique qu’il menait, c’est en cela que le dossier n’est pas une affaire de famille, mais une affaire politique qui intéresse toute l’Afrique », conclut Germaine Pitroipa.

Après deux demandes déposées en 2011 et en 2012 sans suite, cette nouvelle requête d’une trentaine de députés burkinabè a-t-elle des chances d’aboutir ? Rien n’est moins sûr. Techniquement la mise en place de cette commission pourrait encore prendre du temps. Le député André Chassaigne explique la procédure : « Chaque groupe a ce qu’on appelle le droit de tirage à commission d’enquête parlementaire, c’est-à-dire que nous pouvons proposer à l’Assemblée nationale, à partir d’une proposition de résolution, la mise en place d’une commission d’enquête. Cette commission ne peut pas être refusée sur le bureau du président de l’Assemblée nationale sauf s’il y a une enquête judiciaire en cours sur le même sujet. Malheureusement cette année, nous avions déjà demandé une commission d’enquête et on n’a plus de droit à tirage sur l’année 2015. L’autre possibilité qui reste est d’écrire au président de l’Assemblée nationale et demander qu’une commission d’enquête parlementaire soit mise en place à son initiative avec le soutien des présidents des groupes. J’ai adressé un courrier dans ce sens au président la semaine dernière et je vais le lui rappeler ».

Si la commission d’enquête devait voir le jour, ses membres auront à répondre aux questions suivantes : « Pourquoi Thomas Sankara a t-il été assassiné ? Comment cet assassinat a t-il été rendu possible ? Quels rôles ont joué les dirigeants français de l’époque ? Quel rôle la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure) a-t-elle joué ? Savait-elle ce qui se tramait et a laissé faire ? »

Affaire à suivre

Joachim Vokouma Lefaso.net (France)

On trouvera l’intégrale de son article à http://www.lefaso.net/spip.php?article65366. IL y rend notamment compte de la conférence de presse du matin avec Germaine Pitroipa et Maitre Bénéwendé Sankara.

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L’appel à rassemblement diffusé les jours précédents ; accueillons Mariam Sankara aux abords de l’assemblée nationale

Par deux fois les députés du Front de Gauche et des Verts ont officiellement déposé à l’Assemblée nationale française une proposition de résolution « tendant à la création d’une commission d’enquête relative à la recherche de la vérité dans l’assassinat de Thomas Sankara » : une première fois en juin 2011 et une seconde fois en octobre 2012, après le chang. Cette proposition de résolution n’a toujours pas été mise à l’ordre du jour par les parlementaires français.

Une trentaine de députés du CNT (Conseil National de la Transition du Burkina Faso) ont envoyé un courrier aux présidents de l’Assemblée nationale française et des différents groupes parlementaires français, « au nom de la coopération entre les peuples » et en particulier de la France et du Burkina, pour les « saisir aux fins d’une demande d’enquête parlementaire sur le cadre de l’assassinat de Thomas Sankara ».

Dans la proposition de résolution on peut lire notamment : « Il est de notre devoir de tout entreprendre pour faire éclater la vérité et la justice sur cette affaire. Nous devons, en particulier, faire la lumière sur l’hypothèse accréditant la mise en cause des services secrets français, compromis avec des militaires burkinabè ».

28 ans après l’assassinat du président Thomas Sankara et quelques mois après que Blaise Compaoré ait été chassé du pouvoir, le gouvernement du Burkina Faso vient enfin d’ouvrir une enquête officielle. Il est grand temps que la France joue enfin son rôle dans cette recherche de vérité.

Mariam Sankara, accompagnée de son avocat Maître Bénéwendé Sankara, va être reçue au sein de l’Assemblée nationale à l’initiative des élus du Front de gauche, afin une nouvelle fois d’interpeller le parlement français pour que cette demande d’enquête parlementaire soit acceptée.

Nous invitons toutes les personnes éprises de justice à venir la soutenir aux abords de l’Assemblée nationale, et à signer la pétition
https://www.change.org/p/public-et-d%C3%A9cideurs-parlementaires-ouverture-d-une-enqu%C3%AAte-parlementaire-sur-les-conditions-de-l-assassinat-de-thomas-sankara.

« JUSTICE ET VERITE POUR THOMAS SANKARA ET SES COMPAGNONS »

« DEPUTES DU PARLEMENT FRANÇAIS, OUVREZ UNE ENQUETE PARLEMENTAIRE SUR L’ASSASSINAT DE THOMAS SANKARA »

Premières signatures : Réseau international « Justice pour Sankara Justice pour l’Afrique », Parti communiste français, Balai citoyen Paris, Survie, Ensemble, Per a pace, CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde), AFASPA (association française d’amitié et de solidarité avec le peuples d’Afrique), Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN-Cameroun), Parti de gauche, EELV (Eurppe Ecologie les Verts

Soutenu par : Comité Sankara Italie, Comité Sankara Espagne, GRILA (Canada), Africavenir (Allemagne), « Arbeitskreis Panafrikanismus München », Mouvement Djibouti 2016

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