CEDA / NEI, Abidjan 2008, 514 pages

ISBN 978-2-86394-603-9 CEDA

ISBN 978-2-84487-345-3 NEI

Contact Edition : CEDA/NEI 01 B.P. 1818 Abidjan 01 Côte d’Ivoire

Présentation de l’ouvrage en 4eme de couverture


Notre combat sera celui de ceux qui étaient nus et qui, à présent, ont décidé de se couvrir afin de ne plus avoir froid. Notre combat sera celui de ceux qui avaient peur d’oser et qui, à présent, ont décidé d’affronter l’échec, dans la dignité, afin de séduire la réussite. Notre combat sera celui de ceux qui n’avaient pas combattu et qui, àprésent, ont décidé d’aller à la victoire. C’est pourquoi, nous avons choisi la voie de la Révolution.

Nous sommes des révolutionnaires ! C’est-à-dire des femmes, des enfants et des hommes du changement. Nous sommes des révolutionnaires ! C’est-à-dire des femmes, des enfants et des hommes du refus. Nous sommes des révolutionnaires ! C’est-à-dire des femmes, des enfants et des hommes aux rêves interdits par lès puissances d’argent qui ont assujetti notre peuple à des siècles d’intimidation et de domination injustes.
Et c’est contre cet ordre qu’il nous faudra batailler dur, pour arracher au monde, notre part de soleil et de capacités d’initiatives. C’est contre cette injustice des forts que nous allons mener notre croisade pacifique, pour faire briller notre soleil confisqué. Et c’est, enfin, pourquoi nous avons choisi la voie de la Révolution. Parce que nous ne croyons pas à la fatalité de l’échec du continent et de la race. Parce que nous ne croyons pas à la damnation de notre pays à croupir dans les sous-sols de l’indignité. Parce que nous voulons, à partir de maintenant, faire exister notre pays sur la carte des relations inter états, et non plus sur la route de la mendicité que décorent, grâce aux médias de l’impérialisme, les dons aliénants de l’ogre capitaliste. Oui, nous proclamons notre refus de mourir sans avoir combattu.

Tiburce Koffi, homme de Lettres dans tous les sens de l’expression, met à la disposition du lecteur un chef-d’œuvre de réflexions et de délices stylistiques. Quoi de plus naturel pour ce dramaturge, ce romancier, ce critique, ce journaliste, ce musicien et, par-dessus tout, cet artiste dont j’ai coutume de dire, comme à l’endroit de tous les artistes, qu’il n’est pas normal. Il n’est pas non plus anormal. Il est tout simplement autrement norme, à mi-chemin entre l’homme ordinaire et le mystique qui flirte avec l’invisible. Car il faut assurément quelque bienfaisante connivence avec l’obscur, pour pouvoir peindre un si beau tableau « en clair-obscur.»

Berlin Ganin Professeur de philosophie

Cet ouvrage à reçu le prix Ivoire 2009

Présentation de l’auteur

Tiburce Koffi est un écrivain, dramaturge et journaliste ivoirien né en 1955 à Bouaké. Il a animé une émission littéraire sur la RTI, chaine de télévision ivoirienne nationale.

Il a obtenu le Grand Prix RFI du théâtre radiophonique Gabriel Germinet en 1996 pour “Le Paradis infernal”. Il est l’auteur de nombreuses autres pièces de théatre très populaires dans son pays : “Massa-Roi et La Médaille de la honte” en 1992, “Mélodouman” d’après Jean-Marie Adiaffi, “Pour un Casting” en 1995, et “La Mémoire des tombes” joué pour la première fois en 1991 dont est inspiré ce roman.

il a publié aussi d’autres romans “Terre de misères” CEDA 2000, un recueil de nouvelles, “L’embarras de Dieu”, NEI / CEDA 2005 et un essai sur les dérives dans son pays “Côte d’Ivoire, l’agonie du jardin”, NEI/CEDA, 2006.

Tiburce Koffi se définit comme rebelle mais regrette les combats menés contre Houphouet Boigny : ” Honorons la mémoire de notre premier président (…) magnifions le, célébrons franchement le Grand Homme, demandons lui pardon pour les offenses que nous lui avons faites aux temps épiques de nos batailles furieuses contre lui pour l’humilier “. écrit-il dans Cote d’Ivoire, l’agonie du jardin”.

Intellectuel engagé il a tenu un blog semble-t-il abandonné, mais a publié de nombreux articles au fil du déroulement des évènements dans son pays.

Se déclarant homme de gauche, marxiste dans sa jeunesse, il a d’abord soutenu Gbagbo dont il a été le conseiller culturel, avant de rejoindre le camp de Ouattara. Au plus fort de la crise ivoirienne, il est venu en France pour des raisons de sécurité. Avec le journaliste Venance Konan au parcours tout aussi mouvement, puisqu’il a été un moment un des chantres de l’ivoirité, ils expriment largement leur soutien à Allassane Ouattara.

Nos commentaires

Tiburce Koffi nous livre ici une saga de quelques amis, depuis leurs années d’études jusqu’à celles où ils accèdent aux responsabilités après avoir activement préparé la révolution dans leur pays. Celle de la génération qui a étudié après l’indépendance, qui rêve du développement de l’Afrique, alors que tout semble encore possible. De l’influence de leurs professeurs jusqu’à l’engagement et la gestion du pouvoir après avoir organisé la révolution, jusqu’aux déceptions, jeunes intellectuels, journalistes, militaires, hommes et femmes, c’est aussi l’histoire d’amitiés. En soi un roman ambitieux dans lequel on se laisse prendre, par le récit, entrecoupé de ce que l’auteur appelle lui-même des “suites dialoguées” empruntées au théatre, puisque que le roman est inspiré d’une pièce de théatre “la mémoire des tombes” écrite en 1991.

Pourtant assez rapidement, ceux qui nombreux, vont rechercher une version romancée de Thomas Sankara, ressentiront assez rapidement une certaine gène. L’auteur ne se cache pas/ Dans l’interview qu’il nous a accordée il s’en explique ainsi : “N’est-ce pas, en gros, l’histoire de la ‘‘révolution sankariste ?’’. Vous voyez bien que les repères sont là, identifiables. Non, Monsieur, j’en savais assez et même beaucoup, sur la vie de Thomas Sankara et sur la révolution burkinabé, quand j’écrivais ce texte. Mais le roman est une entreprise littéraire fondée sur l’imagination, et non un replâtrage prosaïque de la réalité ; c’est pourquoi j’ai usé d’artifices par moment pour m’écarter de la réalité appauvrissante, afin de donner au texte narratif une dimension onirique que j’ai voulue très forte.” .

Les signes analogiques apparaissent manifestes. Il s’agit de l’histoire de 4 jeunes militaires, Sama, Kansar, Bélem et Ilboudo. Kansar, le meilleur ami de Sama, le leader du groupe, se mariera à une ivoirienne… Ensemble ils vont préparer une révolution dans un pays dénommé « Sran-ouflê-dougou »ou « le pays des Hommes nouveaux », assumer le pouvoir puis se déchirer, Kansar va trahir Sama, puis préparer son assassinat.

Il faut reconnaitre à Tiburce Koffi d’un certain talent à reconstituer des discours proches des expressions de Sankara lui-même comme l’on peur constater à la 4eme de couverture ci-dessus.

Mais d’importantes différences vont apparaitre. Ces militaires vont être envoyés à Cuba où ils acquièrent leur formation militaire et politique. Les cubains et leur professeurs tentent de les manipuler pour prendre le pouvoir. Mais ils vont prendre les devants. Plus loin, Sama semble perdre conscience de la réalité et se retrouve isolé de ses amis. L’auteur ne veut voir dans l’élimination de Sama, qu’une histoire d’amitié trahie, en partie due à l’entêtement de ce dernier.
Bien entendu l’intervention extérieure n’existe pas dans le roman tout autant que l’auteur en nie publiquement la réalité.

On est à l’opposé du roman de Antonio Lozano “El Caso Sankara” (voir la présentation à l’adresse) dont la traduction en français n’a malheureusement pas trouvé d’éditeur jusqu’ici. Prenant acte du fait que seuls quelques éléments factuels de l’assassinat de Sankara sont connus, ces auteur s’attache dans une fiction à reconstituer le complot qui aurait organisé l’assassinat de Thomas Sankara.

Tiburce Koffi, reconstitue dans une fiction une partie de la vie de Thomas Sankara, dont il reconnait s’inspirer alors que sa vie a été reconstituée dans plusieurs ouvrages mais nie totalement une intervention extérieure, que ce soit dans son roman comme dans ses déclarations publiques.

Ce livre n’apparait-il pas, comme la reconstruction d’une histoire qui s’est réellement déroulée, et que l’on connait somme toute assez bien, pour reconstruire une autre histoire telle que l’imagine l’auteur? N’y a-t-il pas danger d’un travestissement de la réalité, ce que l’on pourrait appeler une réécriture de l’histoire réelle, avec une arrière pensée politique dont l’un des objectifs serait entre autre la réhabilitation d’Houphouet Boigny dont l’auteur est un admirateur.

Bruno Jaffré

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