À son excellence Mengistu Haïlé Mariam, président du Comité militaire administratif provisoire de la Commission pour l’organisation du parti des travailleurs éthiopiens et commandant en chef des Forces armées révolutionnaires de l’Éthiopie socialiste et président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine.

Monsieur le président et cher frère,

J’ai suivi avec attention tous les efforts inlassables que vous ne cessez de déployer pour trouver une solution juste au douloureux problème qui secoue notre continent dans la partie de son Sahara occidental. En particulier, j’ai appris les multiples démarches que vous avez entreprises pour réunir autour d’une table de discussion et de concertation fraternelle et africaine, Sahraouis et Marocains, conformément à la clairvoyante et sage résolution AHG/104/119 de notre grande organisation, l’OUA. Convaincu que si cette heureuse résolution était effectivement appliquée par toutes les parties, le référendum qui en découlerait traduirait, à condition d’être mené de façon rigoureusement régulière, l’aspiration profonde du peuple sahraoui à savoir vivre en liberté, en dignité et en toute indépendance sur son territoire national.

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Manifestation du peuple saharaoui après l'assassinat de Lembarki Hamdi Salek, torturéà mort par la police marocaine en 2005

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Les tergiversations puis les obstacles divers de plus en plus ouverts des ennemis du peuple sahraoui aux démarches si prometteuses que vous aviez entreprises, ont fini par jeter plus que de l’inquiétude dans les rangs des chefs d’État et de gouvernement encore attachés à l’OUA,
– considérant les manœuvres de tous genres pour faire obstacle à la manifestation de la justice et de la vérité, celles des peuples, considérant que l’on veut continuer d’imposer au peuple sahraoui par des subtilités et des détours juridico-protocolaires, de longues et dures épreuves.
– préoccupé par la sauvegarde de l’unité africaine et du renforcement de notre organisation continentale sur des bases justes et dans l’intérêt exclusif de nos masses populaires.

J’ai l’honneur, monsieur le président et cher frère, de vous informer et de vous demander de bien vouloir en informer nos pairs de l’organisation continentale dont vous êtes le président en exercice et d’en saisir le secrétaire général, de la décision suivante de mon pays :

Le Conseil national de la révolution et le gouvernement révolutionnaire de Haute-Volta ont pris ce jour 4 mars 1984, la décision souveraine de reconnaître la République arabe sahraouie démocratique et de lui apporter leur soutien actif pour jouir de tous les droits attachés à l’indépendance et à la souveraineté nationale.

Je vous prie, excellence monsieur le président et cher frère, d’agréer l’expression de mon profond attachement à l’unité africaine et à toutes les causes justes des masses populaires d’Afrique et, partant, pour l’amitié, la fraternité et la solidarité entre les peuples du monde.

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Capitaine Thomas SANKARA

Président du Conseil national de la révolution, Chef de l’État

Ce discours a été retrouvé par Daouda Coulibaly. Qu’il soit ici chaleureusement remercié.

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