Sankara et Mitterrand

 

Une pièce de théâtre de Jacques Jouet

 

Le texte intégral de la pièce est disponible à l’adresse 

 

Présentation de la pièce

La pièce a été crée à Ouagadougou en 1998, mise en scène par l’auteur. Elle a été reprise en 2002 au Théâtre des Amandiers de Nanterre dans une mise en scène de Jean-Louis Martinelli interprétées par Charles Berling et Moussa Sanou, puis à Vienne, Isère, en 2005, par la compagnie Balagan dans une mise en scène de Grégoire Ingold.

 

J’ai traité dans Mitterrand et Sankara le célèbre face à face aigre-doux des deux présidents, en 1986. Mitterrand termine à Ouagadougou une tournée dans plusieurs pays de l’Ouest africain. Au cours de la réception officielle, Thomas Sankara, le capitaine-président du Burkina Faso adresse à Mitterrand une longue semonce improvisée et peu diplomatique sur les thèmes du néo-colonialisme, de l’apartheid, des relations Nord-Sud… bref de tous les sujets qui fâchent et sur lesquels ne peuvent que s’opposer le bouillant révolutionnaire africain et le socialiste tiédi aux commandes de l’ancienne puissance coloniale. Les deux personnages sont accompagnés, dans la pièce, par “ Le Théâtre simple ”, allégorie de l’art scénique qui propose une règle du jeu un peu particulière pour le déroulement de la pièce, lequel est amené à changer à chaque représentation.

Extrait de http://www.africultures.com

 

« Jacques Jouet …imagine une discussion entre les deux chefs d’État, l’un, jeune officier bouillant d’ardeur révolutionnaire à la tête du Burkina Faso et l’autre,  » le Sphinx « , politicien aguerri à qui on ne la fait pas (2). Leur palabre, vrai dialogue de sourds qui ne manque pas de sel, n’est pas sans rappeler la Rencontre de Georges Pompidou avec Mao Zedong, qu’Antoine Vitez avait pris un malin plaisir à monter. C’était en 1979. Comme le temps passe ! Bref, Sanou et Berling, qui suggère Mitterrand presque aussi bien que le faisait Thierry Le Luron, s’amusent bien et nous avec eux, tandis que devant Dialogue, plaidoyer pour l’Afrique écrit par un Blanc en faveur d’ » un théâtre simple « , on ne peut pas ne pas penser, non sans un soupçon d’affectueuse dérision, à celui de Peter Brook. »    L’humanité du 6 décembre 1982  http://www.humanite.fr

Vous pouvez trouver à l’adresse  les véritables discours que se sont échangés Sankara et de Mitterrand.

 

 

Présentation de l’auteur

Jacques Jouet  est né en 1947 à Viry-Chatillon, est membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) depuis 1982, à la suite d’un stage d’écriture dirigé par Paul Fournel, Georges Perec et Jacques Roubaud. Il a été coopté en 1982, peu après la mort de Georges Perec. L’oulipo http://www.oulipo.net/ est un groupe littéraire dirigé par  » Raymond Queneau, dit RQ, un des pères fondateurs, et François Le Lionnais, dit FLL, co-père et compère fondateur, et premier président du groupe, son Fraisident-Pondateur. » qui s’impose des contraintes d’écriture , un AUTEUR oulipien étant  « un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir ».

Poète, romancier, nouvelliste, auteur de théâtre, essayiste,  il est l’un des membres les plus prolifiques du groupe.

IL fait un premier voyage en Afrique (Bénin) en 1978 d’où il a rapporté la manière d’un de mes premiers livres Le Bestiaire inconstant (éd. Ramsay, 1983). Il se considère, depuis lors, comme influencé par la littérature africaine.

Depuis 1997, il travaille et séjourne à peu près chaque année en Afrique de l’ouest, surtout pour travailler avec des gens de théâtre. Beaucoup de ses amis africains de l’ouest vivent et travaillent chez eux et en France, c’est pareil pour lui.

Jacques Jouet participe aussi, comme d’autres membres du groupe à l’émission  «Les  Papous dans la tête » sur France-Culture. Son feuilleton La république de Mek-Ouyes a été diffusé sur France-Culture et sur lnternet  à l’adresse http://www.pol-editeur.fr avant d’être édité par P.O.L.

On trouvera     une bibliographie jusqu’en 2003 à l’adresse http://www.fatrazie.com les livres les plus récents sont cités dans l’interview ci-dessous.

 

 

Interview de Jacques Jouet :

Jacques Jouet e bien voulu répondre à nos questions par Internet. Voici ses réponses.

Comment vous est venue l’envie d’écriture une telle pièce?

Ayant travaillé, en 1997, avec des gens de théâtre à Ouagadougou, j’avais beaucoup entendu parler, bien sûr, de Sankara et de la joute avec Mitterrand, qui était un sujet de fierté pour mes amis africains (et pas que burkinabè).

 

Vous n’aviez pas connaissance de la fameuse jouxte verbale entre ces deux hommes, mais vous en aviez tout de même entendu parler et en connaissiez la teneur?

Je connaissais les thèmes abordés, mais je ne voulais pas avoir les minutes des discours. Je voulais les réinventer à ma sauce, en particulier faire parler Sankara en alexandrins.

 

La première de la pièce a été jouée à Ouagadougou. Pouvez nous raconter, dans quelles conditions, les réactions?

La création avait été assez modeste : une seule représentation au Centre culturel français, très bien annoncée par la presse, mais pas du tout commentée après. Le public riait beaucoup au personnage de Mitterrand joué par deux acteurs Burkinabès.

La reprise dans la mise en scène de Martinelli a été jouée, en tournée en 2003 à Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Je n’y étais pas. On m’a raconté que l’accueil à l’espace Gambidi de Ouagadougou (chez Jean-Pierre Guingané) était particulièrement chaleureux.

Votre pièce commence par une réflexion sur le théatre. Pourquoi dans cette pièce, car vous en avez écrit d’autre?

Le théâtre simple, dit qu’il faut parler de l’œuvre d’art dans l’œuvre d’art.

 

D’autres travaux en préparation sur le Burkina d’hier et d’aujourd’hui?

Dans mon recueil de romans Jules et autres républiques (éditions P.O.L., 2004), Gulaogo, une histoire africaine parle d’un pays d’Afrique imaginaire et brode, à la fin, sur Sankara. Dans mon livre de poèmes Cantates de proximité (éditions P.O.L., 2005), il y a plusieurs « portraits de groupes » qui sont situés à Ouagadougou (un autre au Bénin) Dans mon roman-feuilleton Mek-Ouyes amoureux (éditions P.O.L, 2006) il y a plusieurs épisodes qui se passent à Ouagadougou copieusement décrite.

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