Le 4 août 1983, un groupe de jeunes officiers, sous la direction du capitaine Thomas Sankara, est arrivé au pouvoir en Haute Volta (aujourd’hui le Burkina Faso) après avoir démoli au moyen d’un mouvement militaire – populaire  le régime réactionnaire soumis aux intérêts néocoloniales.

Le Conseil National de de la Révolution présidé par Sankara entama à partir de ce moment une politique destinée à construire une société juste, où soit garanti le développement économico-social et le bien-être de tout le peuple burkinabé, et pour éliminer toutes les séquelles du colonialisme et des gouvernements pro-impérialistes qui ont maintenu le pays dans un grand retard.

En politique extérieure, le Burkina Faso a mené, par conséquent, une ligne de principes caractérisée par sa solidarité avec les peuples africains qui sont confrontés à l’apartheid, à l’agression des racistes et à la domination de la réaction et de l’impérialisme, en même temps qu’elle appuie les mouvements de libération en Afrique comme dans les autres continents.

A quelques jours du troisième anniversaire de la révolution d’aout, Radio Habana Cuba a réalisé l’interview suivante du président Thomas Sankara.

RHC – Camarade Président, quelle est la position du Burkina Faso concernant la lutte contre l’apartheid ?

L’apartheid est aujourd’hui une forme de nazisme moderne. L’apartheid est un élément vivant de l’impérialisme de notre temps. En définitive, l’apartheid est aussi un stratagème dans la lutte des classes par l’exploitation de l’homme par l’homme. Par conséquent, tactiquement et stratégiquement nous devons combattre l’apartheid non parce que nous sommes noirs, mais simplement parce que nous sommes des hommes et pas des animaux et nous avons choisi dans le contexte de la lutte des classes, la classe du futur, la classe des travailleurs, qui fait des hommes libres, prospères et heureux ( pas sure du français la)

RHC – Qu’est ce qui est fait concrètement au Burkina Faso pour lutter contre l’apartheid ?

Le Burkina Faso organise la lutte contre l’apartheid à différents niveaux, il existe des organisations sociales comme le Mouvement Burkinabé contre le Racisme et l’Apartheid, mais surtout dans la formation politique et idéologique de tous les burkinabés dans le cadre des Comité de la Défense de la Révolution. Nous leur indiquons tous les ennemis possibles de l’humanité et de notre peuple parmi lesquels figure l’apartheid. Nous prenons des mesures législatives, administratives, juridiques et politiques contre l’apartheid.

Nous boycottons les activités internationales dans lesquelles il s’agit (ou on traite) d’imposer la présence des responsables, les partisans, les acteurs de l’apartheid.

Nous le combattons dans le sport, dans les activités culturelles, dans les réunions internationales. Nous combattons économiquement bien que la Burkina Faso soit un petit pays, économiquement faible ;  nous combattons l’apartheid et rejetons les produits de l’apartheid. Notre combat continue également par l’intermédiaire de l’internationalisme prolétaire pour désirer une unité d’action et de réflexion avec d’autres hommes pour mettre fin à l’apartheid et exterminer ce cancer qui compromet non seulement l’Afrique mais également toute l’humanité.  C’est pour cela que nous dénonçons, de toutes nos forces, aux gouvernements et aux régimes qui, dans leur hypocrisie, se disent opposés à l’apartheid, mais qui en réalité sont les vrais agents, les principaux fournisseurs de l’apartheid en Afrique du Sud. Tous méritent la même chance que les Pieter Botra, et même plus puisque finalement Pieter Botra est seulement le bras alors qu’eux sont le cerveau.

RHC – Quelle est la signification du prochain sommet de l’OUA pour le Burkina Faso ?

Le prochain sommet de l’OUA devra constituer une étape extrêmement importante dans la prise de conscience, mais surtout dans la mobilisation efficace des énergies multiformes contre l’apartheid et également contre tous les autres maux qui harcèlent l’Afrique, en particulier l’endettement.

Un endettement que nous devons dénoncer comme le second pillage, un vol de second plan, de second grade des ressources africaines.  Nous fûmes colonisés, exploités. Nos ressources furent pillées. Aujourd’hui, veulent toujours que nous remboursions des dettes que jamais (contraímos ????) pour notre bonheur, mais elles nous ont été imposées par ceux-là même qui, dans le débordement de son capitalisme, jugèrent indispensable de créer des nouveaux marchés, de les envahir et de les dominer par la puissance financière

RHC – Camarade Président, le Burkina Faso va prochainement célébrer le troisième anniversaire de sa révolution. Quelle est actuellement la situation du Burkina Faso ?

Le Burkina Faso se trouve dans la trajectoire lumineuse des victoires révolutionnaires. La construction  d’une nouvelle société au profit d’un peuple qui a souffert pendant trop de temps mais qui, par chance depuis le 4 aout 1983 avec l’arrivée de la révolution démocratique et populaire, vit la possibilité d’apercevoir un avenir nouveau. Notre révolution de 3 ans est en train de se consolidée. De nombreuses réussites sociales constituent  une liste infinie de victoires dans le domaine de la santé.

Nous avons obtenu de nombreuses victoires dans le domaine de l’éducation. Des milliers d’écoles se sont construites. Dans le domaine de la santé, se sont construits des milliers et milliers de postes médicaux, plus précisément s’est installé un poste par village : ceci fut une consigne.

Une campagne de vaccinations s’est étendue à tous les pays et notamment des enfants des pays frères et voisins furent vaccinés tout au long de la frontière sans tenir compte du régime politique, sans tenir compte de la discorde qui existe un ou d’autres voisins et nous. Nous l’avons fait au nom de l’amour des autres peuples. Mais nous sommes en train d’obtenir d’autres victoires économiques et le plan quinquennal qui démarre le 4 aout prochain, au même moment que les manifestations de célébration du troisième anniversaire seront un enjeu que notre peuple devra vaincre et qu’il vaincra surement pour la construction d’une société encore plus heureux, pour que nous atteignions un futur radieux. Mais surtout, politiquement, notre révolution est en train de sortir en pas gigantesques en élaborant notre tactique et stratégie armée de la idéologie que nous ont enseigné les grand éducateurs du prolétariat, nous sommes en train de construire une organisation politique (pas sure de cette phrase) Comme le disait Lénine, sans organisation révolutionnaire, sans idéologie révolutionnaire on ne fera pas la révolution. C’est pour toutes ces raisons que notre peuple est de plus en plus sûr que le combat difficile qui l’attend sera un combat victorieux parce que les forces révolutionnaires s’organisent de plus en plus sur une base saine, un fondement idéologique clair et une unité d’action dynamique pour obtenir plus au profit de tout notre peuple et au profit des autres peuples puisqu’ici nous disons que celui qui aime son peuple aime les autres peuples. Je voudrais en profiter pour saluer le peuple cubain, la révolution cubaine et spécialement le grand camarade Fidel Castro pour la clairvoyance et le sens  internationaliste de l’engagement de Cuba. C’est pour cela qu’à Cuba comme ici nous disons : « La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons »

RHC- Camarade Président, pour terminer vous voudriez transmettre un message personnel à Nelson Mandela.

Je dirai à Nelson Mandela qu’aucune souffrance n’est désirable pour un être humain sauf pour les masochistes. Mais quand on souffre, quand on supporte la peine et le martyre pour d’autres hommes, pour des peuples entiers, on peut seulement être heureux, puisqu’on réussit le miracle de transformer la peine, la douleur, et le martyre en bonheur sublime, en victoire radiante au profit d’autres hommes, on irradie l’humanité d’une sève ( ??? ) vivifiante, une sève qui réveille les plus téméraires et qui poussent plus en avant ceux qui sont déjà compromis. Dans ce sens, Nelson Mandela en prison est 1000 fois plus libre, 1000 fois plus heureux que ceux dehors qui consomment sous l’exploitation de l’homme par l’homme ou pire qui servent toujours les intérêts objectifs des ennemis des peuples, spécialement de l’impérialisme arrogant de notre temps.

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