Présentation officielle

Arrivé au pouvoir en 1983, le Capitaine Thomas Sankara transforma la Haute-Volta en « Burkina Faso », le pays des Hommes Intègres. Père de la révolution burkinabè, il est assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’État organisé par celui qu’il considérait comme son frère, Blaise Compaoré.

Le spectacle s’attache aux dernières minutes de sa vie. Entouré de sa mère, sa femme et  de ses conseillers, tous conscients que la détermination de son engagement l’amènera à la mort, Sankara revient sur scène, le temps de témoigner de ses derniers combats et de son rêve révolutionnaire.

Sankara se sacrifie pour sauver la Révolution sans savoir qu’elle mourra avec lui, car il vit dans un monde dans lequel la politique s’embarrasse peu de l’utopie.

Cet homme fascinant avait pourtant un projet immense et inédit pour son pays et pour l’ensemble de l’humanité. Figure du monde des utopies, méconnue en France comme en Belgique, Thomas Sankara inspire fortement, encore aujourd’hui, la jeunesse africaine dans sa lutte contre les injustices générées par les systèmes politico-économiques.


Bande annonce


Distribution

TEXTE : Aristide Tarnagda

MISE EN SCENE : Aristide Tarnagda et Pierre Lambotte

INTERPRETATION : Alain Hema, Alberto Martinez Guinaldo, Florence Bambara, David Malgoubri, dit Le Combattant (Musique)

CREATION LUMIERES & REGIE : Vincent Stevens

Une production du théâtre de la Guimbarde (fédération Wallonie-Bruxelles), en collaboration avec le théâtre Eclair (Burkina Faso), avec le soutien de l’ISAD (institut supérieur d’art dramatique de Tunis) et du centre national des arts de la marionnette (Tunis).


L’auteur Aristide Tarnagda (présentation officielle)

Né au Burkina Faso, Aristide Tarnagda étudie la sociologie à l’Université de Ouagadougou avant de devenir comédien au sein du Théâtre de la fraternité de Jean-Pierre Guingané.

Il suit ses premiers ateliers d’écriture lors des Récréatrales, résidences de création, de formation et d’écriture panafricaines. Une rencontre avec Koffi Kwahulé donne alors l’impulsion à son travail d’auteur, au cœur de sa pratique théâtrale.

Depuis sa première pièce, Alors, tue-moi, créée en 2004, il déploie une écriture foisonnante en donnant souvent la parole aux femmes, attirant ainsi l’attention de metteures en scène qui porteront ses pièces à la scène, notamment Eva Doumbia, Alexandre Koutchevsky et Marie-Pierre Bésanger.

Fidèle du festival des francophonies en Limousin, il est joué au TARMAC, au TNB et au Vieux-Colombier ou mis en lecture à Avignon dans le cadre du cycle « Ça va, ça va l’Afrique » de Rfi et à Montréal lors d’une édition de Dramaturgies en dialogue.

En 2013, sa pièce Et si je les tuais tous madame ? est présentée au festival in d’Avignon dans sa propre mise en scène, tandis qu’une autre pièce Terre rouge est, elle, à l’affiche dans le Off.

Depuis 2016, il est directeur artistique des Récréatrales, l’un des plus grands festivals panafricains de spectacles vivants, basé à Ouagadougou.

Son théâtre publié :

Le livre de la pièce Sank ou la patiente des morts

– Il pleut de l’exil / Les larmes du ciel d’août, in Ecritures d’Afriques : dramaturgies contemporaines, Culturesfrance, 2007

– De l’amour au cimetière, collection Récréatrales, Découvertes du Burkina, 2008

– Alors, tue-moi suivi de Les larmes du ciel d’août, collection Récréatrales, Découvertes du Burkina, 2010

Et si je les tuais tous madame ? Lansman, 2013

Les larmes du ciel d’août. Lansman, 2013

Sank ou La patience des morts, Lansman, 2016

Terre rouge. A paraître chez Lansman.

 


Rencontre avec Aristide Tarnagda

Journée d’hiver à Paris. Journée de pluies. Je suis en retard et Aristide a pris le partie de m’attendre dans une librairie. Nous ne nous connaissons pas, juste de nom. Aristide est engoncé dans des habits serrés, pour lutter contre le froid. Visage rond, dreadlocks, un peu d’embonpoint, il porte le Faso Dan Fani. On se verra une autre fois et il en portera encore mais un autre modèle.

Il a étudié en province. Son père était chirurgien à Tenkodogo. Il y a fera une partie de ses études après avoir d’abord été envoyé à Koudougou. Sévère et droit, très attentif à l’éducation de son fils, son père lui a légué des valeurs solides de droiture, mais aussi insiste Aristide une certaine retenue. Cela l’a longuement fait réfléchir. Selon lui, il s’agit plutôt de l’attention vis-à-vis des autres, voire de la protection.

Je comprends mieux après cette confidence  qu’il soit peu bavard, juste ce qu’il faut. Il me laissera même, à tort m’étendre dans mon bavardage peu approprié lorsqu’on vient faire une interview.

La rencontrer avec le théâtre apparait plus comme une chance, une opportunité saisie que comme un choix longuement muri, même si ce choix intervint clairement plus tard. Et il fallut alors affronter le père ce qui ne fut pas facile. Mais me précise-t-il plus tard fièrement, « lorsque mon père est mort à l’hôpital, il avait mon livre dans son sac »

Au lycée à Tenkodogo, le professeur de philosophie voulait créer une troupe de théâtre. Un jour, il rentre dans la classe, pendant le cours de français, et demande des volontaires. Personne ! C’est alors que le professeur de français va désigner Aristide dans même le connaitre puisque c’est la rentrée.

Aristide y trouve de l’intérêt, mais n’envisage toujours pas d’en faire son métier. IL part à Ouagadougou pour entreprendre des études de sociologie. « Je suis passé de la paysannerie à la ville » dit-il pour expliquer un si brusque changement dans sa vie. Il ne se précipite pas dans la consommation de la ville et ses nombreux pièges. Non, il entreprend de rechercher comment reprendre le théâtre « pour s’occuper » précise-t-il.

On lui parle alors de deux troupes, l’ATB de Prosper Compaoré et le théâtre de la Fraternité de Jean Pierre Guingané. Il choisit la deuxième pour sa proximité géographique de là où il réside. Jean Pierre Guigané lui a dit « la porte est ouverte ». Il formait les gens sans demander d’argent. « C’était une chance énorme qu’il nous donnait ».

La conversation vire sur le théâtre. Pourquoi le théâtre s’est-il tant développé au Burkina ?

Pour Aristide, les pionniers, Prosper Compaoré, Jean Pierre Guigané, mais aussi Les grands initiateurs du théâtre au Burkina ont compris que le théâtre était une famille, qui porte ensemble un projet. « Ils m’ont permis, comme à beaucoup d’autres de faire ce métier d’avoir foi en ce métier. Ils nous ont appris que le théâtre est aussi une tribune où on peut dire quelque chose, on vient s’affirmer, raconter des choses. C’est ça qui ont fait de ces pionniers le terreau du théâtre au Burkina. C’était plutôt des émules. »

« Ils de combattaient pas ils donnaient des conseils, l’autre doit me permettre de me dépasser ». L’émulation enrichissait tout le monde

Jean pierre Guingané est resté alors que d’autres partaient faire leur carrière à l’étranger. Lui on venait le voir de l’extérieur. Il a mis en place des manifestations importantes. Il était important en étant là alors que d’autres partaient. Ça nous a donné confiance, nous qui sommes venus après.

Puis son visage devient sombre, entre tristesse et révolte. Il se rappelle avoir croisé Jean Pierre Guingané devant l’ambassade de France à qui on avait refusé un visa. Comment était-ce possible ? Un homme qui a tant apporté à la culture ! « Le mois suivant il en est mort » conclut-il !

« Au niveau national le théâtre existe beaucoup plus que le cinéma au niveau national… On se démène pour le FESPACO, mais en dehors de ça le cinéma n’existe pas. Les troupes de théâtre circulent en province et se produisent sans difficulté alors qu’il n’y a pas de salles de cinéma ». C’est vrai que la fabrication du cinéma est plus difficile que celle du théâtre. Gaston Kaboré se démène comme il peut mais c’est difficile. A Tenkodogo, il n’y a que des vides clubs et les gens vont y regarder le foot.

On en vient à parler de Thomas Sankara. C’est un peu l’objet et la prétexte de notre rencontre, car la pièce Sank ou la patiente des morts raconte sa fin tragique. Né en 1979, Aristide n’a pas oublié les années passées dans les pionniers. Il garde un excellent souvenir des moments passés comme pionnier de la révolution, qui encadraient les enfants de l’école primaire : les activités collectives, les levées de couleurs, l’apprentissage du patriotisme. Aristide qui se revendique issu de la campagne pense que les valeurs fortes qui ont guidé Thomas Sankara, l’intégrité, l’engagement, le courage, le sens du devoir, il les tient aussi de son rapport à la campagne.

La révolution a été une période importante pour le pays, pour les hommes et pour le théâtre. Pour Aristide l’un des buts de cette révolution c’était « de se définir ». Et d’ajouter cette réflexion qui m’est apparue tellement pertinente « le désir de réalisation individuelle a croisé le discours politique !» sans doute aussi à l’origine du formidable développement culturel durant la révolution. Les théâtres populaires ont été construits un peu partout. Thomas Sankara aimait les artistes, il n’avait pas peur d’eux, il aimait s’en entourer, les inviter, il venait au théâtre…. « Lui aussi a donné la confiance… on sait qu’on n’a pas de pétrole mais on ne va pas rester les bras croisés. »

Aristide a vu en Nazi Boni, un précurseur de Thomas Sankara, après avoir lu son roman Le Crépuscule des temps anciens, publié en 1962. Homme politique burkinabè, il est aussi considéré comme le premier romancier de son pays. Voilà comment je suis arrivé au théâtre.

On en vient à la politique culturelle de son pays. Le discours se fait sévère. Sous Blaise, les artistes ne recevaient pas de subventions, si ce n’est  ceux qui avaient prêtés allégeance, que l’on récompensait généreusement en les invitant les des évènements. Ce que m’avait déjà dit Serge Aymé Coulibaly, un chorégraphe burkinabè de renommée internationale. Ils étaient financés par les institutions internationales. Aristide a déposé une fois un dossier. Lorsqu’il est venu demander des nouvelles, on lui a dit que son dossier avait été égaré.

Pour lui il n’y a toujours pas de politique culturelle. Certes le pays organise des évènements. Mais ça ne suffit. Ce n’est pas ça une politique culturelle. C’est ce qu’il faut faire en priorité, avant même la question de l’argent. Pour les Récréatrales par exemple, son prédécesseur Etienne Minoungou  à la direction, avait mis en place une gestion très rigoureuse reconnue de tous. Jamais un artiste ne s’est plaint de ne pas avoir reçu son dû.

Tahirou Barry les a financés jusqu’à 10 millions, ce qu’Aristide trouve très insuffisant. Je reconnais là l’influence de Sankara qui disait « Les Récréatrales, c’est un patrimoine national, il est normal que celui qui vous donne a mangé vous dicte ses volontés ». Aristide de compléter « Il vaut mieux dépendre de soi-même que de dépendre des autres ».  Tahirou Barry aurait dû donner les 100 millions du budget. Et de prendre le Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB) entièrement financé par le pays.

Bruno Jaffré


Nos commentaires

La pièce commence par l’assassinat de Thomas Sankara. Le peuple hésite entre hommage résignation, dénonciation des blancs ou dénonciation des noirs qui tuent leur propre peuple.

Thomas Sankara surgit des corps abattus et s’assoit et se met à écrire. Il déclame des extraits du discours de l’ONU qu’il en train d’écrire.

Alain Hema dans le personnage de Thomas Sankara (photo ©Valérie Burton)

La scène est sobre. De nombreux personnages viendront déranger son travail.

Le temps de la pièce n’est pas celui qui réglé notre vie. Il est celui que contrôle l’auteur Aristide Tarnagda. De nombreux personnages vont faire leur apparition. Mariam Sankara, La mère de Thomas Sankara, un banquier à la cellule africaine de l’Elysée, Blaise Compaoré, Chantou (Chantale Compaoré), Gilbert Diendéré, Pen (Guy Penne de la cellule africaine de L’Elysée) et Le Lion.

Trois acteurs se partagent les rôles, un blanc et deux noirs, production oblige. La pièce est coproduite par une troupe belge et les moyens étaient limités. Un quatrième personnage, habillé en soldat avec un bonnet rouge, parcourt la scène de temps à autre en chantant des chansons, accompagné de sa guitare. Un costume qui évoque le Sankara mu

David Malgoubri (photo ©Valérie Burton)

sicien, lui-même guitariste qui devait sans doute à sa guitare les meilleurs moments de détente au milieu des difficultés permanentes qui l’assaillaient. Ce personnage est joué par le musicien David Malgoubri dit Le Combattant bien connu au Burkina pour avoir été l’un des deux membres du duo Faso Kombat.

L’assassinat de Thomas Sankara est une véritable tragédie, pour le peuple bien sûr mais aussi une tragédie intime, déchirement d’une famille, trahison d’une amitié. Cette pièce nous rappelle combien le théâtre est adapté à la tragédie. Et l’auteur de la pièce, Aristide Tarnagda ne nous laisse jamais de répit pour en sortir. Du début à la fin, nous la vivons en direct.

Une mère pour qui l’enfer c’est de « devoir verser une larme sur le corps exsangue de son enfant » et qui lui rappelle que « le grain de maïs n’aura jamais raison dans un poulailler ».

Alain Hema et Florence Bambara (photo ©Valérie Burton)

une épouse qui se révolte de ses absences, qui s’inquiète en le voyant sombrer dans la solitude  et qui le conjure de se reposer car « il a assez sué pour cette terre pour le monde » pour se consacrer à sa famille : « sans ton odeur dans mes draps, sans tes mains sur les plis de ma peau, sans ton regard et ton sourire dans le cœur et les yeux de tes enfants, , je te jure que c’est dur de vivre qu’avec ton ombre, qu’avec ton silence ».

Le Lion, c’est ainsi qu’on appelle le capitaine Boukary Kaboré alors proche de Thomas Sankara, qui vient propose d’arrêter Balise qui complote et expliquer que « Chantou, la femme de Blaise est le premier fruit dans le ver afin de créer la faille »

Thomas Sankara résiste, il reconnait qu’il n’est qu’un « pion » de l’impérialisme mais « si nous tuons Blaise, on gardera de nous l’image de gens qui ont tué leur frère pour le pouvoir » et puis « Avec Blaise ou sans lui ils vont nous faire la peau. Ce qui les dérange c’est le faire que le peuple retrouve sa confiance. Et pour ça nous il faut que nous acceptions de mourir. La révolution est plus importante que nous.».

Mais un moment dans la pièce il perd pied, et se met en colère notamment en face de sa femme qui n’en peut plus : « Je veux contaminer mes enfants de mes insomnies. Je veux que mes enfants veillent sur la révolution avec moi ». Il n’accepte aucun conseil de prudence. « La mort je la défie, afin que qu’advienne le règne des fous ». Pourtant dans ce délire des vérités pertinentes. « L’Afrique souffrent de tous ces vieux sages qui pioncent dans des palais somptueux ».

Coïncidence, j’ai pu rencontrer Aristide Tarnagda alors qu’il jouait dans Le Roi Christophe d’Aimé Césaire, l’histoire d’un dirigeant haïtien qui veut tellement redonner la fierté à son peuple qu’il préfère être roi pour impressionné les blancs et qui impose un rythme de travail impossible à son peuple qui sort à peine de l’esclavage !

Blaise Compaoré subit aussi des pressions

de Chantou, qui n’est pas « en révolution », « fatiguée de vivre comme une villageoise » qui ne veut plus rester « dans ce poulailler qui lui sert de maison, sans champagne dans le frigo » et qui « ne veut plus « bouffer la merde des marchés pleins de poussière »,

Alain Hema et Alberto Martinez (photo ©Valérie Burton)

de son adjoint Gilbert Diendéré pour qui « la révolution c’est l’ordre et le pouvoir à l’armée » et non « s’occuper du monde », qui préfère se « foutre une balle dans le crane qui se plutôt que d’aller » s’  « humilier devant un peuhl ».

Du conseiller à l’Elysée, Pen, à qui l’ « ordre a été donné de ne pas laisser cet enfoiré de nègre se croire plus roi que le roi » qui le pousse à se débarrasser de Thomas Sankara car « avec ou sans vous il va mourir ».

Blaise Compaoré apparait écartelé, mais surtout faible. Il cède devant la colère de Chatou. A Pen il explique qu’il ne peut pas le liquider var c’est son frère. Il va lui demander de se retirer et il le fera car « pourquoi le tuer et avoir le peuple sur le dos alors que nous pouvons le garder vivant et l’empêcher de parler »

On comprend bien que l’histoire de Blaise Compaoré est une tragédie. Elle a déjà inspiré, plusieurs romans, une bande dessinée, mais le théâtre reste ce qui  se prêt le mieux.

Aristide Tarnagda, homme de théâtre reconnu s’en saisit avec brio y mettant toute son énergie et sa créativité. Il convoque sa plume expérimentée, riche et poétique pour la mettre au service de sa sensibilité. Comme de nombreux Burkinabè, cette histoire le touche personnellement.

Certes il ne s’attache pas à la vérité historique. Mais que sait-on des conversations qu’ont eues entre eux tous ces personnages. On pourrait par exemple s’étonner du ton avec lequel Mariam parle à son mari, ou que le complot ne provienne que de l’Elysée alors que probablement les gens comme Foccart ou Pasqua, revenus au pouvoir aux côté du premier ministre, y ont joué leur rôle. Mais l’essentiel y est : les pressions autour de Blaise Compaoré et la genèse d’un complot. Mais surtout l’intensité dramatique de cette tragédie.

Qu’importe. Tarnagda fait du théâtre. Il s’inspire de ce qu’il sait de cette histoire et reconstruit une tragédie comme il l’entend.

Terminons par ce passage magnifique, prémonitoire qu’il met dans la bouche de Blaise Compaoré qui s’adresse à Pen et lui prédit l’insurrection qui éclatera en 2014 !

« Nous allons prendre le souffle de mon frère. Mais croyez-moi, son souffle nous échappera. Son souffle se promènera à l’heure où les étoiles convolent avec la lune, et il s’engouffrera entre les cuisses de toutes les femmes du monde ; et les seins des femmes se rempliront de lait, les femmes multiplieront le souffle de mon frère entre leurs cuisses, les femmes allaiteront des milliers, les millions de souffles de mon frère, et un jour, un jour, les milliers de souffles de mon frère que nous aurons tus depuis vingt, trente ans, inonderont les rues. Nos rues seront pleines de souffles de mon frère et nous n’aurons le choix que de courir. »

Bruno Jaffré

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