Pour la deuxième année consécutive, Sams’K le Jah et ses amis ont organisé une commémoration de l’anniversaire de la naissance de Thomas Sankara les 20 et 21 décembre 2010. Nous vous en livrons ci-dessous un reportage… ce qui nous permet d’inaugurer la collaboration que nous espérons durable avec un jeune burkinabé Souleymane Yaméogo que nous espérons durable. Les animateurs du site.

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SANKARA REVIVAL 2ème Edition

Reportage et photos de Souleymane Yaméogo

Après le succès de la 1ème édition de Sankara Revival qui s’est tenue du 20 – 21 Décembre 2009, Samsk’ le jah et ses collaborateurs, en partenariat avec le centre national de presse Norbert ZONGO, ont relancé la 2ème Edition les 20-21 décembre 2010.
Il faut rappeler que cette célébration s’inscrit dans la vision simple de ce que Thomas Sankara n’est pas mort. Et qu’il est intéressant de se rappeler la naissance de l’homme (21 Décembre 1949) et surtout des actions qu’il a posées et qui demeurent d’actualité. Le président du Conseil national de la Révolution (CNR) aurait eu 61 ans le 21 décembre passé, s’il était toujours vivant. L’année dernière a marqué le début de la commémoration de cet anniversaire ponctué de plusieurs activités et l’initiateur est en passe de vouloir l’institutionnaliser. Au cours de ces célébrations, un certains nombre d’activités permettront de découvrir, décrypter les actions de Thomas Sankara. Ce sera naturellement des projections de films sur l’homme suivi de débats avec des personnalités l’ayant côtoyées de près ou de loin, une exposition-vente de produits Burkinabès (plats, vêtements etc.…), des prestations d’artistes, des coupures des journaux de la période révolutionnaire.

Sams'K Le Jah le grand ordonnateur de ces journées

Jour 1 : 20 Décembre 2010

La première journée a été marquée par la diffusion du film « Héritage en partage 1 » suivi de débats avec les invités de la soirée qui étaient nombreux. Ce sont entre : les deux sœurs de Thomas Sankara, de Smockey, de Sana Bob, d’un ami d’école de Thomas Sankara et surtout de Boukary le Lion.

Les invités

Boukay Kaboré dit le Lion

La projection du film

Le film « héritage en partage » a été projeté dans le but de faire connaître davantage l’idéal du leader de la Révolution d’août 1983. Des acteurs de l’époque comme des artistes s’y expriment sur le passage au pouvoir du capitaine Sankara et la prise de conscience qu’il a suscité chez les Burkinabè. Comme acteur connu dans le film, il y a Valère Somé ancien responsable de l’Union des luttes communistes reconstruites (ULCR) membre du CNR. Il a par ailleurs été ministre de l’enseignement supérieur pendant un bref moment sous la Révolution.

Germaine Pitropa ancienne Haut commissaire du Kouritenga et Fidèle Kientéga conseiller à la présidence de l’époque Sankara. Valère évoque dans le film les performances économiques du Burkina sous le régime révolutionnaire, sa vision futuriste telle que « le consommons Burkinabè » qui est aujourd’hui le credo de tous les pays Africains après la crise alimentaire. L’auto ajustement qui a permis au Burkina de se passer des injonctions des institutions garantes du capitalisme et la fierté d’être Africain en général et Burkinabè en particulier.

La conspiration ourdie le 15 octobre avec comme justification l’arrêt de la dérive droitière pour Germaine Pitropa n’était qu’une chimère. Le constat est qu’on a tenté de faire croire au peuple que c’était la continuité dans la « rectification » alors que l’objectif était de se rallier à nouveau à l’impérialisme français. Fidèle Kientega parle de la rigueur dans le travail que d’aucuns avaient confondu à la dictature compte tenu du caractère coercitive des mesures de luttes contre certains fléaux. Des jeunes artistes aussi donnent leurs points de vu sur la nature de la Révolution Sankariste. Mohamed Batilhy alias Ras Bath est convaincu que le président Sankara est le concentré des personnalités Africaines qui se sont battus dans le sens de l’émancipation du continent. Il cite entre autre Amilcar Cabral, Patrice Emery Lumumba, le professeur Cheikh Anta Diop… Parlant de Cabral sa vision sur le rôle que devrait jouer la bourgeoisie corroborait avec celle de Sankara. S’adressant à son peuple le précurseur de la lutte pour l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap Vert disait ceci : « Pour jouer un rôle dans la lutte, la petite bourgeoisie révolutionnaire doit être capable de se suicider comme classe, pour ressusciter comme travailleur révolutionnaire, entièrement identifier avec les aspirations les plus profondes du peuple auquel il appartient ».

De ce changement brusque qui est la Révolution, on ne peut pas en parler sans évoquer le rôle central que la femme Burkinabè à jouer à cette époque. La direction de la mobilisation féminine (DMOF), l’Union des femmes du Burkina (UFB), des individualités comme Joséphine Ouédraogo ministre de l’Essor familial et de la solidarité, Adèle Ouédraogo au ministère du Budget… ont confirmé le bien qu’on pouvait attendre des femmes dans un gouvernement révolutionnaire. Sans compter l’essor économique à travers le tissage des Faso-danfani et de bien d’autres secteurs dont les femmes étaient parties prenante et Carlos Ouédraogo un artiste intervenant dans le film impute cette réaction féministe de Sankara à sa connaissance de l’Histoire Africaine qui est matriarcale

Après la réaction des invités sur le film et surtout des témoignages sur l’homme, la parole fut donnée à l’invité principal, Boukary Le Lion (on peut écouter l’enregistrement audio de ton témoignage à http://thomassankara.net/?p=1035). Ce dernier en 70 mn va retracer les heures chaudes de la révolution. Que s’est-il passé quelques heures avant le 15 octobre 1987 ? Comment s’est passé l’attaque de Koudougou ?

C’est un homme à la langue déliée, avec une envie de tout déballer que les jeunes ont eu la chance d’écouter le 20 décembre. D’ailleurs, il dira en substance que Blaise aurait du le tuer. Les choses qu’il a dans sa tête représentent une bombe. De temps en temps, il jurait sur la tombe de ses amis afin de montrer sa sincérité.
En ce qui concerne les heures qui ont précédé l’assassinat de Thom Sank, Boukary informera qu’il était à Koudougou, son fief. Que sentant venir la fin de l’homme, vu que les rumeurs sur son probable assassinat se confirmait, Lui et certains de ces amis ont tenté de le sauver, malgré lui. Ils ont même été voir Jerry Rawlings du Ghana pour que ce dernier retienne le président Sankara, le temps que eux annonce sa démission. Malheureusement, Thom sank ne répondra pas à l’appelle de Boukary à Koudougou la veille de l’assassinat.
Après donc l’assassinat de Sankara, il était désormais question de les liquider tous. C’est dans cette veine que Blaise par tous les moyens va tenter de l’attirer à Ouaga pour le faire assassiner. Heureusement, en homme avisé, il ne se rendra pas à Ouaga.
C’est justement parce qu’il a refusé de se rendre à Ouaga que le débarquement de Koudougou a eu lieu avec son cortège de morts et autres.

Une affluence nombreuse

Jour 2 : 21 Décembre 2010

Le jour 2 se traduira par la poursuite des activités de la veille. Cette journée a été déclarée « journée Faso dan Fani ». Cette soirée verra la projection de la deuxième partie du film « Héritage en partage 2 ». Suivi de débat avec Abdoul Salam, médecin pendant la révolution.

Abdul Salam Kaboré et Sams'K Le Jah

Abdoul Salam Kaboré ministre de la Santé et par la suite ministre de Sport pendant la révolution fait la genèse de la Révolution qui remonte au début des années 70. En précisant que l’essentiel de groupe des officier appartenant au cercle anti-impérialiste dans l’Armée ont été formé au prytanie militaire de Kadiogo (PMK) et que Blaise Compaoré est venu par la suite. Elève au cours normal il a intégré la grande muette après le BAC. Sous la Révolution son ministère a été à l’origine de la création des postes de santé primaires dans les villages, de l’office de santé des travailleurs (OST)… Au ministère du Sport qu’il a également dirigé la coupe de Faso, le tour du Faso, les matchs du championnat se jouant entre les équipes de Bobo et de Ouagadougou et d’autres localités sans que ce ne soit les équipes d’une ville qui jouent entre elles. Autant de réalisation sont des marques déposées de la Révolution.

Les artistes Natremy, Obscur Jaffar, samsk le Jah, Sana Bob et bien d’autres ont ajouté leur touche musicale, une musique responsable qui dépose dans la conscience de ceux qui écoute et savent écouter le désir de lutter contre l’iniquité de ce monde.

Foule nombreuse et ambiance festive

Une foule est sortie nombreuse pour participer activement à Thomas Sankara Revival. Elle participera activement aux débats à travers les questions qu’elle posera aux invités. A travers les questions sur la vie de Thomas Sankara, sur les événements du 15 octobre, les jeunes (en majorité des Etudiants) ont montré leur soif forte de comprendre cette période.
C’était une jeunesse enthousiaste qui aux côté de Samsk le jah a fait de cette 2ème Edition de Sankara Revival un succès.

Exposition vente

La deuxième édition de Sankara a pris fin aux alentours de 2h du matin.

Souleymane Yameogo

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