Le Musicien et animateur radio Sams’K Le Jah interdit d’accès à la radio où il travaillait


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Sams’K Le Jah travaillait à la radio Ouaga FM, où il était directeur des programmes. Il animait aussi une émission hebdomadaire de reggae durant laquelle il n’hésitait pas à dénoncer le régime tout en appelant la jeunesse à prendre ses responsabilités.

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Sams’K Le Jah dans son ancien bureau à Ouaga FM (Photo Mathieu Masson)

Mais il est avant tout un musicien, rendant toutes ses lettres de noblesse au reggae originelle, se revendiquant d’une musique de révolte et de combat. Il a plusieurs albums à son actif, dont un consacré à Thomas Sankara, réalisés à force de persévérance puisqu’il n’est soutenu par aucun producteur.

Il a notamment organisé avec ses amis un mémorable concert hommage lors des commémorations des 20 ans de l’assassinat de Thomas Sankara à Ouagadougou. Et depuis deux ans il organisait le festival Sankara Revival aux dates anniversaires de la naissance de celui qu’il a coutume d’appeler "Mon président" (voir à l’adresse. le compte rendu de l’édition 2010 à l’adresse http://thomassankara.net/spip.php?article1034 .)

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En concert à Ouagadougou en octobre 2007 (photo Bruno Jaffré=

Devenu petit à petit très populaire, la jeunesse le considère aujourd’hui au Burkina comme un des ses portes paroles. Il n’hésite pas à réponde aux sollicitations diverses pour animer des débats devant des étudiants. Mais sa notoriété dépasse les frontières de son pays. Ses cassettes sont vendues sur les marchés dans la sous région. Il compte aussi de nombreux fans dans les pays européens.

Les ennuis ont commencé lors de la préparation de la commémoration des 20ans de l’assassinat de Thomas Sankara en 2007 à laquelle il prenait un part active. D’abord des menaces de mort notamment en 2007, lors de la préparation de la commémoration de l’assassinat de Thomas Sankara (voir à l’adresse http://thomassankara.net/spip.php?article311 ). Des enquêtes ont été ouvertes sans succès.

On lui a ensuite brulé sa voiture dans les locaux de Ouaga FM. Cette fois, un jeune a été arrêté puis enfermé un an durant, mais l’enquête n’a pas déterminée les commanditaires.

Les pressions ont commencé de la part de la direction de la radio et du Conseil supérieur de la communication. On lui intima l’ordre d’abord de ne pas parler politique et de ne s’en tenir qu’à la musique. Puis on lui a demandé de ne plus passer les chansons en hommage à Thomas Sankara.

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A Paris en mai 2010 avec Gus Massiah (leader altermondialiste), Olivier Blamangin (CGT), Fabrice Tarit (SURVIE), Odile Biyidi (SURVIE) (photo Bruno Jaffré)

Depuis février, un mouvement de révolte a enflammé la jeunesse à la suite de la mort d’un jeune élève, gagnant l’ensemble des villes. Ses camarades et sa famille accusent la police, alors que les autorités ont évoqué une méningite. Depuis les syndicats se sont mobilisés pour réclamer justice, tandis que les partis d’opposition s’unissaient pour demander le départ de Blaise Compaoré.

Cette fois la parole de Sams’K devenait trop dangereuse pour un régime aux abois. Les pressions contre la direction de la radio ont fini par aboutir. Tout entrepreneur sait que s’il s’en prend au régime, le pouvoir fera tout pour lui faire mettre la clé sous la porte. Il suffit souvent d’envoyer les services des impôts ou de le priver de tout marché.

Ses émissions avaient été suspendues depuis deux semaines. Sams’K Le Jah n’entendait pas se laisser museler. Il devait ne diffuser que de la musique à l’exclusion de tout commentaire. Pourtant ce jour là il n’était même pas présent. Il avait donc préparé une compilation à faire passer. Celle-ci comprenait le morceau "ce président là" dont le refrain est "ce président là, il doit partir, il partira"… C’était trop.

C’est par un collègue de la radio qu’il a appris qu’une note de service était placardée dans tous les services de Ouaga FM dans laquelle le promoteur de la radio lui interdit l’accès aux locaux et au matériel.

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L’affiche du directeur de Ouaga FM signifiant l’exclusion de Sams’K Le Jah

Ainsi va la liberté d’expression au pays de Blaise Compaoré.

Il reste déterminé à continuer son combat. Cette interdiction d’antenne est un coup dur mais il s’y attendait et s’y était préparé. Nulle doute que quelque soit le support qu’il choisira, sa parole portera encore et encore.

La meilleure réponse reste à donner à ces tentatives de le museler c’est de populariser sa musique et ses émissions (visionner le clip du morceau Ce président là à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article1057 et sur youtube à l’adresse http://www.youtube.com/watch?v=yZIfArYaoLw ).

Vous pouvez lui manifester votre soutien en laissant des messages à ces deux adresses, ou en commentant cet article, ou encore en allant sur sa page facebook à l’adresse http://www.facebook.com/# !/fanclubsamsklejah

La rédaction



 



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