En octobre 2007, lors de la commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara, un symposium international avait été organisé autour de la pensée et de l’action de Thomas Sankara et de la Révolution burkinabè et de son actualité. Après de multiples tentatives restées sans succès auprès de membres du comité d’organisation de l’époque nous avons enfin réussi à récupérer le rapport général, grâce à Maitre Benewendé Sankara, qui nous a envoyé son exemplaire. Nous nous sommes rendus compte qu’il était inachevé, d’où sans doute le fait que nous avions du mal à l’obtenir. Il est peu probable qu’il soit un jour achevé. Aussi avons nous décidé de vous le proposer tel quel car ce rapport est malgré bien intéressant. Vous trouverez aussi tout au long de cet article, les liens vers les interventions effectuées durant ce symposium, certaines étaient dans le rapport général, nous en avions nous-même récupérés plusieurs malheureusement il en manque encore.

Les animateurs du site le 11 octobre 2011


L’an 2007, les 11, 13, 14 et 15 octobre, s’est tenu à l’Atelier Théâtre Burkinabé (ATB) à Ouagadougou, Burkina Faso un Symposium International Thomas Sankara sur le thème : « Osez Inventer l’avenir ».

Cérémonie d’ouverture

Présidée par le camarade Chérif Moumina SY, la cérémonie d’ouverture, débutée à 09 heures 20 environ, a connu la participation de délégations venues de plusieurs pays.

Cinq interventions ont marqué cette cérémonie.

Intervenant au nom des délégations étrangères, Monsieur Bruno JAFFRE a fait ressortir la profondeur et la justesse des points de vue du Président Thomas SANKARA quant à l’analyse de la situation de domination dans laquelle vivent les peuples d’Afrique et d’Amérique. Il s’appesantira sur les nouvelles formes de
domination mises en place par les puissances occidentales pour mieux exploiter et asservir les anciennes colonies qui tentent de se libérer de leur joug.

Il dira avec force que la pensée de Thomas SANKARA s’affirme de part le monde, l’intéressé étant par les uns et les autres comme précurseur de l’alter mondialisme.

Dans un style on ne peut plus clair, il a encouragé les participants à continuer le combat pour le triomphe de l’idéal sankariste.

Se succédant tour à tour à la tribune, les responsables des partis politiques que sont le CNR/M S, l’UPS et l’UNlR/MS ont décrit la situation qui prévaut actuellement au Burkina Faso et dans le monde. Ils ont tous retracé les différentes actions menées par le Président Thomas SANKARA en faveur de notre peuple ainsi que de tous les peuples opprimés du monde.

Tour à tour, ils ont fustigé les tentatives du pouvoir de la 4ème république de plonger dans l’oubli l’œuvre du Président Thomas SANKARA.

Ils ont dénoncé les tentatives du pouvoir de Biaise COMPAORE pour empêcher la commémoration du lâche assassinat du Président Thomas SANKARA.
Revenant sur le thème du symposium, ils diront que ces journées permettront de revisiter la pensée de Thomas SANKARA.

Au terme de ces travaux, on aboutira à une conception unique du sankarisme afin de rationaliser les actions, aussi bien des ONG que des partis politiques, de par le monde.

Le président du Comité national d’organisation, Monsieur Shérif Moumina SY avant de livrer le contenu de son discours, a fait observer une minute de silence à la mémoire de nos héros que sont Ernesto Ché GUEVARA, Patrice LUMUMBA, Amilcar CABRAL, Steve BIKO, Samora MACHEL… Thomas Isidore Noël SANKARA, tous tombés sous les balles assassines de l’impérialisme.
Continuant son propos, il a souhaité la bienvenue aux participants venus d’Afrique, d’Europe, des Amériques pour commémorer le 20ème anniversaire de celui là qui croyait en l’homme et voulait «changer la vie» en osant inventer l’avenir.

Il poursuivra en relatant les entraves occasionnées par les tenants du pouvoir pour empêcher la présente commémoration.

Ainsi il dira que : « Du refus d’octroi de salle et d’espace public en passant par le refus de diffuser nos spots publicitaires sur la télévision d’Etat, le terrorisme rampant des seigneurs du moment a dévoilé la laideur du socle sanglant sur lequel est bâti sa renaissance démocratique ».

Malheureusement pour eux, poursuivra t-il, dans leur stratégie d’intimidation et leur volonté d(étouffement, une donne fondamentale , essentielle leur a échappé. Nous sommes les héritiers des luttes d’émancipation du Peuple burkinabé, acteurs et héritiers du processus de transformations sociales de la Révolution d’Août engagées par le Président Thomas SANKARA. Nous sommes sankaristes ! Donc ayant la capacité à nous adapter à toutes les situations pour atteindre nos objectifs.

Poursuivant son propos, il retracera le rôle de leader joué par le Président Thomas SANKARA dans l’éveil des consciences des peuples d’Afrique ainsi que celles de la diaspora. Il justifiera la pertinence et l’actualité de l’idéal Thomas SANKARA par le fait que de la création de nombreuses ONG de par le monde ainsi que celle de partis politiques comme alternative au néolibéralisme qui a cours actuellement.

Il rappellera que, malgré les tentatives du nouveau pouvoir au lendemain du 15 octobre 1987, d’annihiler l’œuvre de Thomas SANKARA, cette œuvre accomplie à peine en quatre années, reste vivante dans le cœur des africains et des peuples en lutte tant elle correspond aujourd’hui encore aux besoins et aux aspirations du continent.

Poursuivant ses propos, il situera l’objectif général du Symposium international Thomas SANKARA qui est de promouvoir l’idéal Thomas SANKARA en revisitant ses idées, sa pensée à la lumière des difficultés nouvelles qui sont apparues depuis sa mort et d’y dégager des outils conceptuels et des référents stratégiques et tactiques.

Pour terminer, il souhaitera plein succès aux travaux tout en rappelant cette pensée de Thomas SANKARA : « Nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée, de l’imagination et de la créativité ».

DEROULEMENT DES TRAVAUX

Après cette cérémonie d’ouverture fort réussie, les participants venus d’horizons divers (Burkina Faso, Mali, Côte d’Ivoire, Bénin, Afrique du Sud, Ghana, France, Espagne, Danemark, etc.) au sein d’ateliers et en panels, ont passé en revue, les différentes actions, idées, et pensées du Président Thomas Sankara.

Puis les travaux du symposium ont débuté.

Panel 1 : La découverte de Thomas SANKARA, Sankara et la RDP

C’est au sein du Panel 1 qu’a été exposé le thème consacré à la découverte de Thomas SANKARA ainsi que la RDP.

Ce panel était animé par les camarades Ernest Nongma OUEDRAOGO, Bruno JAFFRE et Jonas HIEN. Le camarade Fidèle TOE assurait le rôle de modérateur.

Le mot introductif fut donner par le modérateur Fidèle TOE à 10 heures 45 qui a exprimé la nécessité première de la masse de connaître qui est Thomas SANKARA, avant de revisiter sa pensé comme s’est fixé pour objectif le symposium.

Ernest Nongma OUEDRAOGO fut le premier à présenter sa communication. II a axé le contenu de sa communication sur le parcours scolaire, militaire et politique de ThomasSANKARA (voir son intervention à http://thomassankara.net)

Dans son exposé, il dira que Thomas SANKARA était toujours égal à lui-même. Le parcours chronologique de la vie estudiantine et politique de Thomas SANKARA va de l’école primaire de Gaoua à l’Ecole militaire d’Antsirabé à Madagascar en passant par le Lycée Ouezzin Coulibaly de Bobo Dioulasso et le Prytanée Militaire du Kadiogo (PMK) où il a obtenu son baccalauréat.

Pour le communicateur, c’est la première guerre Mali-Haute Volta qui a révélé l’homme à la face du monde. Parlant de l’enfance de Thomas SANKARA à l’école primaire de Gaoua, le communicateur fera part des anecdotes qui ont jonché ce parcours. Ainsi il relatera la proclamation de l’indépendance dans l’enceinte de l’école dix jours déjà avant la date annoncée.

De même, son sens de l’organisation et son intégrité seront révélés par le leadership qu’il prend pour l’organisation des fêtes de fin d’année avec ses camarades et ce qu’il décide de faire du reliquat des cotisations du groupe. Humaniste, il se soumet à l’épreuve de la faim afin de constater ce qu’éprouvent ceux qui n’ont pas à manger.

Au Prytanée militaire du Kadiogo où il est admis en classe de seconde sur concours, il est en contact avec des professeurs noirs qui ont su donner à cet établissement un autre visage. En effet, les enseignements sont aux antipodes des enseignements des professeurs blancs, Thomas SANKARA se nourrit donc de ces idées. Admis au Baccalauréat, série D, il est envoyé à l’école de formation des officiers d’Antsirabé à Madagascar en compagnie d’un camarade, l’actuel Colonel Jean SIMPORE.

Poursuivant le travail d’information sur la vie de Thomas SANKARA, Jonas HIEN, président de la Fondation Thomas SANKARA et vice président du Comité national d’organisation du Symposium axera ses propos sur les connaissances qu’il a de l’homme ainsi que sur les confidences que lui faisait le père du Président Thomas SANKARA.

Ainsi, anticonformiste pour l’armée, il discute fortement pour que soit mis fin à l’utilisation des soldats pour effectuer des corvées au domicile des officiers. Disponible pour servir les autres, il accumule les postes de responsabilités à Bobo Dioulasso où il était en poste en tant que sous lieutenant (voir l’intervention à l’adresse http://thomassankara.net).

Homme méticuleux et méthodique, il organise avec certains camarades des regroupements d’officiers progressistes au sein des forces armées sous l’appellation ROC (c’est-à-dire dur comme un roc) qui sera malheureusement transformé aujourd’hui en Regroupement des Officiers Communistes.

Sa carrière politique va de sa nomination forcée au poste de Secrétaire d’Etat à la Présidence chargé de l’Information à celui de Président qu’il occupera du 4 Août 1983 au 15 octobre 1987.
Secrétaire d’Etat à la Présidence chargé de l’Information, il marquera les esprits par sa démission fracassante du gouvernement avec cette déclaration restée mémorable : « Malheur à ceux qui bâillonnent leur peuple ».

Il était donc clair que le jeune officier dérangeait bien de gens et principalement les intérêts de la métropole néocoloniale. Il est muté Dédougou, dans la Boucle du Mouhoun où il est mis aux arrêts de rigueur en attendant, dit-on, des sanctions militaires exemplaires. L’acte qu’il a posé était considéré comme une désobéissance militaire.

Le coup d’Etat du Conseil de Salut du Peuple le 07 novembre 1982 viendra le délivrer de cette détention. Ce coup d’Etat lui a d’ailleurs été attribué, à tort ou à raison, l’intéressé se trouvant fort opportunément à Ouagadougou ce jour là. Nommé premier ministre quelques semaines après, il est arrêté le 17 mai 1983 par l’aide réactionnaire du CSP.

Il sera libéré le 30 mai 1983 et, grâce à l’action conjuguée des progressistes civils et militaires, sera porté au pouvoir le 04 août 1983.

De son action durant les quatre années de révolution, d’autres camarades vous en parleront tout au long du présent symposium.

Succédant à Jonas HIEN, Bruno JAFFRE de nationalité française et représentant les délégations étrangères a rendu un hommage appuyé à l’illustre disparu et fait part de ses différentes rencontres avec l’intéressé. Il s’appesantira sur la clairvoyance, le sens d’organisation et la détermination dont l’intéressé faisait montre pour délivrer son pays et l’Afrique des affres de la famine et du sous développement.

Bruno JAFFRE, avant de poursuivre ses propos, demandera à Ernest Nongma OUEDRAOGO, la mise à la disposition du public les écrits de Thomas SANKARA qu’il détient par devers lui. Revenant sur le parcours de Thomas SANKARA, il reconnaît que Madagascar a été pour beaucoup dans sa formation. De retour au pays, il constitua un groupe de militaires pour visiter certaines idéologies politiques. Il reconnaît que Thomas a toujours fréquenté de son gré les groupes politiques tel le PAI et justifié d’une culture marxiste approfondie et une assurance religieuse.

A l’issue des trois (3) communications, les questions d’éclaircissement et d’enrichissement portant notamment sur :
– la dévolution et le nombre de cahiers de SANKARA détenus par Ernest Nongma OUEDRAOGO,
– ce que compte faire Jonas HIEN des confidences faites par les parents du défunt capitaine.
– cohabitation foi et marxisme léninisme,
– le temps mis par Thomas SANKARA et son groupe pour la prise du pouvoir,

Après les réponses aux différentes questions, le camarade Fidèle TOE, après avoir remercié les communicateurs pour leurs immenses contributions à la connaissance du Président Thomas SANKARA, a mis fin aux travaux du panel 1 à 13h30.

Atelier « le secteur social sous la RDP »

Faisant suite aux travaux du panel consacré à la découverte de Thomas SANKARA ainsi qu’à SANKARA et la RDP, c’est au sein d’un atelier qu’à été examiné e secteur social et le rôle de la jeunesse sous le CNR.

Cet atelier a été animé par le camarade Commandant Abdoul Salam KABORE. Le camarade Norbert Michel TENDREBEOGO en assurait la modération. Présentant communicateur, Norbert Michel TENDREBEOGO dira que le camarade Abdoul Salam KABORE est pharmacien de formation, commandant de l’armée au moment du CNR, premier responsable des Comités de Défense de la Révolution, membre du CNR et successivement ministre de la santé publique puis ministre des sports et de la jeunesse. Il se trouve donc être la personne indiquée pour entretenir l’auditoire sur le secteur social et le rôle de la jeunesse sous le CNR.

Prenant à son tour la parole, après avoir traduit toute sa satisfaction de s’adresser à un auditoire essentiellement jeune qui était au plus pionnier sous la révolution, le communicateur a estimé qu’il fallait évoquer déjà le rôle de la jeunesse lors des événements du 17 mai et 4 août 1983.

Caractérisant l’état de la jeunesse avant la révolution, le communicateur expliquera qu’elle était désemparée, caractérisée par l’exode rural, la délinquance et le chômage, même des diplômés.

Dans ce contexte, une grande confiance a été placée en Thomas SANKARA qui montrait une autre façon de résoudre les problèmes.

C’est donc dans ce contexte que la jeunesse s’est mobilisée à travers les Comités de Défense de la Révolution (CDR). C’était dans un premier temps une jeunesse constituée de lumpen qui s’élargira progressivement à toute la jeunesse et aux autres couches de la société. Cette espèce de melting pot a généré des exactions ça et là, mais des mesures organisationnelles étaient sans cesse prises pour recadrer les choses. Dans tous les cas, il serait injuste de ne retenir des CDR que ces aspects négatifs.

Il insistera alors sur le rôle qu’a joué la jeunesse dans les hautes performances atteintes par le CNR dans les secteurs sociaux et de la santé. Les domaines sont nombreux : l’éducation, les différentes infrastructures, l’implication dans la vaccination Commando, etc. et même dans la mise en place d’infrastructures économiques d’accompagnement comme la bataille du rail, les trois luttes etc.

Des débats qui ont suivi l’exposé, il ressort que le Commandant Abdoul Salam KABORE continue de jouer un rôle important auprès des partis sankaristes, principalement de l’UNIR/MS.

Les débats ont également permis de s’accorder sur le fait que la formation politique était permanente, en l’occurrence à travers les veillées débats et autres cadres de rencontre, mais tous n’avaient ni les mêmes niveaux, ni les mêmes objectifs partir du moment où il s’agissait de masses.

S’agissant de la non réaction des CDR le 15 octobre 1987, les débats ont permis de s’accorder sur le fait que les missions étaient bien définies en matière de participation aux actions de développement à la base et de défense de la révolution, mais les esprits étaient plus prêts à protéger la révolution contre l’extérieur que contre les actions intérieures.

Sur la cruciale et embarrassante question d’une éventuelle complicité des responsables CDR lors des événements du 15 octobre 1987, l’atelier a retenu la possible complicité d’au moins un des responsables CDR, certains faits troublants corroborant cette thèse.

Echangeant sur le récurent problème de l’unité des sankaristes, l’atelier estime que cette devra se faire dans les cinq ans venir, au rythme des sankaristes, loin des spéculations de la presse qui n’a jamais été bonne conseillère pour eux, et en évitant les interférences erronées des tentatives passées.

Avant de clore les travaux de la communication sur le secteur social et le rôle de la jeunesse sous le CNR, un vibrant appel a été lancé à lutter et à réagir en sortant de la léthargie collective. Il convient de retrouver l’esprit CDR d’antan qui était désintéressé et n’agissait que pour l’intérêt général. Les militants sankaristes doivent donc éviter de sombrer dans les travers des autres partis où les tee shirts, les paquets de thé ou les billets de banque prennent le pas sur l’idéal. Des perspectives d’avenir meilleures ne peuvent être réalisées qu’ensemble.

Atelier 2 : « L’Industrie et l’Artisanat utilitaire sous le Conseil National de la Révolution »

Monsieur Philippe OUEDRAOGO, Secrétaire Général du PAI, ancien Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Infrastructures dans le premier gouvernement du CNR était le communicateur. Jean Hubert BAZIE en assurait la modération.

Après une brève introduction du modérateur qui a remercié le Communicateur pour sa disponibilité, la parole a été laissée à Monsieur Philippe OUEDRAOGO pour son intervention (voir l’intervention à l’adresse http://thomassankara.net).

D’entrée de jeu, le communicateur dira ceci :«…., bien que Thomas Sankara soit le type d’homme dont tout pays peut à bon droit s’enorgueillir d’avoir eu comme chef d’Etat, en raison du charisme dont il bénéficiait, de la foi et de l’énergie qui l’animaient dans sa volonté de transformer le pays au profit des masses populaires, je ne suis pas sankariste ». voir l’intervention à l’adresse

L’exposé du Communicateur Philippe OUEDRAOGO a pris fin à 17H01 GMTet a donné lieu à des échanges nourris entre les participants. Des questions d’éclaircissement ont été posées et des contributions et témoignages ont été apportés pour enrichir les débats. Au total, 10 intervenants se sont exprimés sur le thème de l’atelier.

De ces interventions, les idées forces ci-après peuvent être retenues : Le modérateur Jean Hubert BAZIE, après avoir remercié le communicateur pour la clarté et la concision de son exposé. Il a, en outre, apporté quelques éléments ‘éclaircissements quant à la compréhension réelle à avoir de certains actes et concepts imputés au CNR et à son président. Du reste, il a restitué le contexte dans lequel se passait la révolution ainsi que le cadre technique d’élaboration du Plan Quinquennal de Développement.

Des débats forts nourris ont suivi cette communication. Des témoignages poignant ont été apportés à l’assistance. Ils portent entre autre sur :
– le soutien que le Président Thomas SANKARA a apporté à l’industrie locale de biscuits grâce à une suppression des importations, laquelle industrie devait en contre partie introduire plus de céréales locales (maïs notamment) dans sa composition. Cette unité industrielle a ainsi pu se développer jusqu’au 15 octobre 1987 pour ensuite s’effondrer après l’ouverture sans contrôle du marché aux biscuits importés.
– sur l’interchangeabilité des bouteilles de gaz butane entre les différents distributeurs de gaz pour faciliter l’approvisionnement des ménages en gaz ;

Des échanges, il faut essentiellement retenir que :
– certains « grands » opérateurs qui ont pignon sur rue aujourd’hui doivent leurs situations à la révolution et aux soutiens multiformes que le Président Thomas SANKARA et le CNR leur ont apporté pour leur permettre de décoller et pouvoir donner le change aux entreprises et sociétés étrangères.
– qu’il y a eu dans l’histoire des exemples d’efforts entrepris pour bâtir une économie endogène sans suivre le chemin TS ;
– que le modèle Thomas SANKARA est un modèle qui se construisait au jour le jour. C’est seulement avec le temps qu’on aurait pu mieux appréhender et juger la vision du développement endogène prônée par TS,
– que Thomas SANKARA est un homme politique intelligent, qui avait la volonté de faire quelque chose pour son pays. Il n’appartenait pas à une école de pensée précise ; il prenait entre autres ce que lui proposait son entourage pour le retravailler à sa manière. Si un homme politique est capable de comprendre les problèmes principaux de son peuple, et d’être toujours en phase avec lui, cela représente l’essentiel de ce qu’on peut attendre de lui.
– bien que dans le discours officiel d’aujourd’hui, aucune référence n’est faite des acquis de la Révolution d’Août 1983 dans le domaine de l’industrie et de l’artisanat, le Burkina Faso de 2007 tient une grande part du dynamisme de son secteur industriel et artisanal de la politique de relance touts azimuts qui a été conduite de 1983 à 1987 par le Président Thomas SANKARA.
– le mot d’ordre « consommons burkinabé » a permis pendant un certain temps de créer les conditions d’une relance de la production dans plusieurs filières économiques du pays.
– d’une manière générale, on observe que l’essentiel des politiques de relance de la production agricole, de la modernisation de l’agriculture, de l’agrobusiness ont toutes pour origine les idées forces dégagées sous la révolution qui n’ont pu avoir le temps de se concrétiser pour avoir été interrompues à cause de l’assassinat le 15 octobre 2007 du Cde Président Thomas SANKARA.

L’Atelier 3 « SANKARA et la domination des puissances mondiales ».

Pour animer les débats, deux communications ont été délivrées par :
– Issaka Hermann TP\AORE, Consultant et membre de la Coalition pour la Défense de la Dignité Africaine (sur le sous thème : « le Conseil de sécurité de l’ONU et le droit de veto » lire l’intervention à http://thomassankara.net).
– Docteur Vincent OUATTARA, Consultant, auteur de plusieurs ouvrages sur la politique au Burkina Faso. Le sous thème traité est « La Françafrique : une nébuleuse du néocolonialisme français » (lire l’intervention à http://thomassankara.net)

La rencontre a été modérée par le Camarade Massadiamon SIRIMA, Conseiller pédagogique de l’enseignement secondaire, Secrétaire National chargé des questions politiques de l’UNIR/MS.

Suite aux deux exposés, des questions d’éclaircissement ont permis d’enrichir les sujets en débat et de retenir les idées forces ci-dessous :

Aujourd’hui pour reconquérir notre identité, il ne faut pas simplement dénoncer, il faut agir. Les peuples africains et plus particulièrement les sociétés civiles doivent comprendre qu’il est urgent d’agir. Nous ne pouvons pas compter sur les dirigeants en place qui agissent pour leurs intérêts en toute complicité avec les puissances impérialistes.

L’Afrique doit s’unir ou périr. Pour pouvoir agir et infléchir les rapports de domination que subissent les états africains, il est inutile d’engager un combat solitaire. Les populations africaines doivent se mobiliser pour imposer l’unité aux responsables politiques.

La théorie libérale de domination repose sur trois (3) piliers :
– la démocratie libérale,
– le libre échange,
– la sécurité collective.

Les trois éléments constituent les fondements de la pensée libérale des relations internationales. La domination se manifeste aussi sous le couvert de la science, de l’éducation. Nos systèmes d’enseignement ne permettent pas de créer une dynamique de rupture avec le pacte colonial. Par exemple la françafrique se manifeste aujourd’hui au Niger avec le pillage des ressources minières, la rébellion touarègue armée par les puissances impérialistes pour faire main basse sur l’uranium.

Il y a lieu pour les africains de repenser l’enseignement pour faire ressortir des vérités occultées par les occidentaux. Il y a lieu que l’Afrique fasse connaître à sa jeunesse le vrai visage de ses héros. Sankara avait par exemple interdit la diffusion du film Chaka Zoulou qui présente ce héros comme un sanguinaire. La société civile doit œuvrer pour que la jeunesse sache qu’il y a eu des savants, des chercheurs noirs qui font la fierté du continent et servir de modèle.

ateliers 4, «SANKARA et l’aide publique au développement » ainsi que « le commerce équitable : la dette, l’initiative PPTE, le CSLP etc. »

Ces thèmes ont été présentés par les animateurs KONATE Nouhoun de nationalité malienne et Daouda Achille de nationalité ivoirienne, tous de la Coalition pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADIM). Le camarade BOUDO Athanase en assurait la modération.

Selon les communicateurs, la question de la dette était l’une des préoccupations du Président SANKARA. C’est ainsi qu’en 1986 à ADDIS ABEBA, il invitait ses pairs à lutter contre le remboursement de la dette.

Il disait en ces mots « si nous ne payons pas la dette, nos bailleurs ne vont pas mourir, mais si nous payons la dette c’est nous qui mourons ». Il avait réagit ainsi vis-à-vis de la dette, parce qu’il y a un engrenage auquel nos pays sont greffés ce qui ne leur permet pas de pouvoir se libérer de la dette. Prenant quelques exemples sur les Etats-Unis qui était très endettés mais qui pouvait décoller grâce à son autosuffisance alimentaire. Par contre le Mexique était en un temps donné incapable de payer sa dette. Il sera un exemple pour les autres pays endettés et l’idée de ne pas payer la dette va susciter un intérêt de la part des mouvements sociaux qui à leur tour décidèrent de soutenir les pays endettés.

Dans les pays du sud et en Afrique, les dirigeants détournent les fonds publics et du coup ils participent à l’appauvrissement à outrance de leur pays. Face à cela il fallait choisir entre quelle dette rembourser et laquelle annuler. Cette dette odieuse et illégitime qui n’a pas servi aux intérêts de la population devait être annulée au profit de la dette légitime qui a servi à l’intérêt de la population. C’est ainsi que l’audite de la dette consistait à expliquer à la population ceux à quoi la dette a servi. Face à cette conduite des dirigeants des pays du Sud, ceux du Nord vont faire appel à la banque mondiale et aux Fond Monétaire International à imposer le programme d’Ajustement Structurel aux pays du Sud.

Devant une telle réalité, des gens ont du s’engager dans la lutte et c’est bien Thomas SANKARA qui décida. Mais il n’a pas été compris, il avait juste besoin d’un soutien, du soutien de ses pairs de la population mais hélas. Il savait à priori qu’en abordant la question de la dette à ADDIS ABEBA, il se heurtait aux pays du nord qui n’entendaient pas perdre leurs intérêts. C’est alors qu’il disait ceci « si vous ne me soutenez pas, je ne serais pas là à la prochaine conférence » et c’est ce qui fut.
Malheureusement il y a des négociateurs qui vivent de l’endettement et font que le PAS, la privatisation, le chômage deviennent les conditionnalités de l’aide.

La Côte-d’Ivoire sera cité en exemple.

Après les années 1970, la Côte d’Ivoire a connu un miracle économique, ce qui l’a poussé à s’endetter massivement, jusqu’à présent ce pays ne s’est pas remis de l’inflation qui est née de la dette. Afin de récupérer leurs investissements ainsi que les fonds qu’ils ont placés dans les pays du sud qui n’arrivent plus à payer leurs dettes, les pays du nord ont trouvé des stratégies pour maintenir leur domination économique et politique sur le sud. C’est ainsi qu’est née l’initiative PPTE (Pays Pauvres très Endettés).

En Amérique latine, la création d’une banque du sud pour pays du sud, en remplacement de la Banque Mondiale s’est avérée nécessaire.

Des questions d’éclaircissement ont permis à tous de mieux se faire une idée sur les enjeux du commerce ainsi que sur ceux de la dette.

Atelier La conceptualisation du sankarisme 20 ans après.

Le thème central de ce symposium, a été introduit par les camarades Norbert Michel Tiendrébéogo et Me Bénéwendé Sankara. Le camarade Dr Déra Adama assurait la modération au niveau de ce panel.

La conceptualisation du Sankarisme : 20 ans après son assassinat, il était plus qu’urgent pour ceux qui se revendiquent de l’idéal de Thomas Sankara, de se réunir autour d’un symposium international Thomas Sankara, pour jeter les bases de la conceptualisation du Sankarisme.

Les camarades Norbert Michel Tiendrébéogo et Me Bénéwendé Stanislas Sankara, dans un duo éloquemment exécuté, feront part alternativement de la vision qu’il faut avoir du sankarisme sur le plan conceptuel. La substance de leurs exposés se résume comme suit
:
Pour parler du Sankarisme, il semble important de faire un regard sur les différents courants politiques dans le monde. Dans la recherche du mieux être, cet éternel quête a placé l’homme au centre du monde. Dans ce monde, la révolution de 1789 entraînant le passage du régime bourgeois au régime capitaliste. Cette révolution marque également la déclaration universelle des droits de l’homme.

Le développement industriel, va donner naissance à une nouvelle classe sociale le « prolétariat ». Revendiquant son mieux être, et non son exploitation par le système capitaliste de production. Cette nouvelle classe avec des penseurs comme Karl Marx, vont jeter les bases d’une nouvelle idéologie politique.

Le capitalisme ayant engendré une société sans croissance humaine, plaçant le capital au dessus de l’homme. De cette situation naîtra le socialisme qui va mettre l’économie au service de l’homme, et non mettre l’homme au service de l’exploitation et de l’accumulation.
Le mouvement communiste né de la révolution russe aurait pu être le catalyseur de cette lutte, malheureusement la bureaucratie et le bafouement des libertés ne permettaient pas à cette révolution de répondre aux aspirations des masses travailleuses.

Le phénomène de la mondialisation néo-libérale, montre une fois de plus que notre monde continue d’être à la recherche des voies et moyens

Comment est né le Sankarsime : Août 83, le monde entier connaîtra la RDP, mais aussi et surtout le langage de son leader Thomas Sankara. Dans une dimension nouvelle Sankara, il est apparu être le chantre de cette révolution. Il a incarné la révolution. Il était serviteur de son peuple, et non un leader éclairé qui renvoie au culte de la personnalité. 20 ans après que reste-t-il de ses pensées ?

Sur le plan théorique et historique, il faut retenir cette phrase célèbre de l’homme : « Tout ce qui sort de l’imagination de l’Homme est réalisable par l’Homme ». Il place l’homme au centre de toutes les préoccupations sociales et politiques. Il était humaniste révolutionnaire. Il faut également noter le caractère démocratique de la RDP.

Au niveau de l’action politique, la RDP tire ses forces et ses faiblesses des différents courants idéologiques de notre époque. Il relevait l’inexistence d’une classe ouvrière consciente en Haute Volta.

Le caractère original de la RDP et le charisme de son leader donneront naissance au Sankarisme. L’homme n’a pas eu le temps de développer, dans un document écrit unique, sa vision politique du monde, mais il existe plusieurs écrits sur desquels s’appuyer. De plus, le Discours d’Orientation Politique (DOP) du 02 octobre se révèle être un condensé de la pensée de Thomas Sankara et des révolutionnaires. Le DOP reste et demeure donc l’ouvrage public sur lequel les Sankaristes devraient se pencher pour conceptualiser le Sankarisme comme doctrine politique.

Le sankarisme poursuit une lutte contre la domination des peuples exploités et opprimés. II est un processus de transformation progressiste de la société. Il permet de limiter ou de corriger l’inéquité de partage des ressources nationales.

Au plan économique, des différences d’appellation peuvent être relevées dans la définition de l’option économique des acteurs et héritiers sankaristes au travers de leurs programmes. Pendant que les uns optent pour l’Economie de marché d’Etat (c’est le cas du F.F.S par exemple), les autres parlent de Capitalisme d’Etat (c’est le cas de l’UNIR/MS par exemple). Mais ces deux appellations ne traduirent -elles pas une même réalité ?

Notons que contrairement aux autres régimes socialistes, Sankara n’a jamais procédé à une nationalisation d’une industrie. Il a su instaurer une complémentarité et une coopération harmonieuse entre secteur privé et secteur public au bénéfice des intérêts nationaux.

Au plan social, les sankaristes doivent se doter d’un programme basé sur une justice sociale et un développement solidaire. H doit être un projet qui prend en compte nos valeurs sociales. Il faut magnifier le courage intellectuel de ce défenseur des pauvres et des opprimés. Il demeure une référence pour les peuples en lutte. Il faut également saluer l’engagement du peuple Burkinabé surtout la jeunesse.

Il faut enfin se convaincre, que l’œuvre de Thomas Sankara doit être conceptualisé, non pas seulement par les Sankaristes, mais aussi et surtout par tous les intellectuels honnêtes de l’humanité. A ce sujet j’en appelle à la mise en place d’un comité international pour la rédaction de la pensée et la doctrine politique et idéologique de Thomas Sankara, c’est-à-dire le Sankarisme.

Des pistes existent tels son exemple de vie au service du peuple et de l’humanité, son rejet de l’injustice, de la domination, de la fatalité, son engament panafricaniste ainsi que son engagement pour l’amélioration des conditions de vie de la jeunesse à travers le monde.

La rédaction de cette doctrine permettra d’harmoniser le contenu et la pratique du Sankarisme et favorisera l’unité des Sankaristes pour présenter au monde entier le visage radieux du Sankarisme.

Suite à ces brillants exposés, des débats nourris ont permis d’enrichir la démarche de conceptualisation du sankarisme. De ces débats, on peut retenir la volonté affirmée de continuer et renforcer la lutte pour le triomphe des idées de Thomas Sankara afin d’éviter une mort lente, mais certaine du Burkina Faso.

Cinq obstacles majeurs sont à éviter : la déception, l’esprit revanchard, l’utilisation de l’image (refuge dans le sankarisme), l’idolâtrie (la passion), la nostalgie. Pour ce faire, il est nécessaire d’élaborer un code d’éthique Sankariste.

Le sankarisme est une troisième voie, mais qui tirent certaines de ses valeurs des valeurs de gauche. Il puise sa force et se fondements dans les valeurs africaines pour construire son idéologie et sa vision politique du monde.

Vivre le sankarisme, c’est être simple, modeste et reconnaître ses erreurs. Quelle est la place de la foi en Dieu, dans le Sankarisme ?

En analysant la dimension économique du programme sankarisme, il est apparu que les deux parties parlent le même langage, dans la mesure où les deux s’opposent à « la société de marché ». Le Sankarisme, c’est l’état directeur qui définit les principaux axes et les principales formes d’investissement à faire dans le pays en collaboration avec le privé.

L’unité des sankaristes reste un gage de succès et de conquête du pouvoir d’Etat. La prise de conscience est déjà pour la tendance à l’union. Nous avons déjà le cas: UNIR-MS/FDS, et le cas de l’UPS qui regroupe 5 partis Sankaristes. Cela pourrait se poursuivre entre ces 2 grands partis qui pourraient s’asseoir ensemble pour mettre en place un grand parti dans les mois à venir pour la conquête du pouvoir d’Etat.

Le symposium permettra à tous les sankaristes d’harmoniser leur vision pour aboutir à la conceptualisation.

Afin de gagner le combat, il est nécessaire de procéder à la formation les militants sankaristes. De même, il est nécessaire de rechercher les voies et les moyens pour soutenir les étudiants qui font des recherches sur les idées et les pensées de Thomas Sankara, cela contribuera aussi scientifiquement à la conceptualisation du Sankarisme.

La quête du savoir conduit les hommes à se cultiver pour mieux comprendre, aussi Thomas Sankara était un homme extrêmement intelligent, lisait beaucoup la bible et le coran.

Il est nécessaire de constituer un Comité de rédaction au plan national d’abord. Les trois suffixes de réussite du Sankarisme : la crédibilité (unité), l’intégrité (le sankarisme ne doit pas être un mot mais un comportement), et l’activité (être pratique et pragmatique) sur le terrain en solidarité avec le peuple, les opprimés, les faibles, les exploités et les marginalisés.

Le CNR est l’organe exécutif de la Révolution Démocratique et Populaire. La révolution d’Août 1983, est la résultante du mouvement populaire des 20 & 21 Mai 1983. Le premier à utiliser le mot Sankarisme, fut bel et bien Babou Paulin Bamouni dans Carrefour Africain en 1984.

En conclusion de ce panel, il est fortement ressorti la nécessité de :
– la création d’un comité international de rédaction de la doctrine sankariste ;
– la nécessité de la création d’un comité national de rédaction qui assurera le pilotage et la coordination ;
– la nécessaire d’unité des sankaristes pour la conquête du pouvoir d’Etat ;
– la nécessité d’intensifier la formation politique et idéologique aussi bien de la jeunesse que de toutes les composantes du peuple burkinabé ;
– la nécessité d’appuyer les intellectuels en général et les étudiants en particulier pour la mise en place d’une base scientifique du sankarisme.

Atelier 5 : Thomas SANKARA a-t-il été le précurseur de l’alter mondialisation ?

Ce thème a été présenté par les camarades TRAORE Hermann du Burkina et Mohamed BATHILY du Mali, avec pour modérateur Alzerreca Sébastian dit Zoul.

Prenant la parole le camarade TRAORE Hermann fit l’historique du mouvement Alter mondialiste. Il ajouta que Thomas SANKARA, dans sa politique, fait parti de ceux qui ont lutté contre la course au profit, le capitalisme en outrance. Pour libérer son peuple de cet engrenage, plusieurs actions ont été initiées.

C’est ainsi qu’il déclara le 5 Juin Journée de la Jeunesse et de l’environnement. Il instaura les 3 luttes, les foyers améliorés, la lutte contre l’excision et prôna l’émancipation de la femme et la promotion féminine. Il condamné les différentes guerres entre les peuples.

Mohamed BATHILY interviendra avec force en anglais pour décrier la domination de certains peuples. Continuant sa communication en français, il montra, à travers des exemples, comment Thomas SANKARA agissait pour libérer son peuple du joug colonial SANKARA était venu donner un souffle nouveau à l’Afrique. Il était la lumière. Il disait en substance qu’on pouvait mentir pendant un moment à un peuple, mais on ne pouvait mentir à un peuple tout le temps. Vivre c’est donner un sens à la vie. SANKARA à lutter contre le colonialisme, le néocolonialisme et ses valets locaux. Il prônait l’Union Africaine avec une officialisation d’une langue africaine.
Ce dernier atelier connu un grand nombre d’interventions, soit pour poser des questions d’éclaircissements ou pour apporter sa contribution.

L’atelier 6 Sankara et promotion du genre

L’atelier 6 a été animé par la camarade Germaine Pitroipa. La camarade Fatimata Sawadogo en assurait la modération.

Présentant Germaine le communicateur, la camarade Sawadogo Fatimata demandera de retenir que la camarade Germaine Pitroipa est la première haut commissaire du Kouritenga, puis conseillère culturelle à l’ambassade de France où la trouvera la tragédie du 15 octobre 1987.

Prenant la parole, la communicatrice a expliqué son rôle dans la révolution d’août. Elle s’appesantira sur le fait que les mots d’ordre n’étaient pas appliqués mécaniquement, mais il fallait les adapter au contexte et au milieu.

Avec des exemples précis, elle démontrera que SANKARA changeait d’avis quand on lui apportait des arguments pertinents sur un problème qu’il voyait autrement.

A ce propos on se souviendra que c’est cette dame qui a contredit publiquement le Président du Faso par rapport à la qualité des pagnes Faso Dan Fani. Cet évènement, loin d’être anecdotique vient démontrer qu’il était possible de porter la contradiction au PF. IL suffit d’avoir des arguments solides.

S’agissant de la promotion du genre, la communicatrice expliquera que le CNR était nettement en avance par rapport à de nombreux concepts actuellement développés comme la parité, Ainsi, des trente premiers hauts commissaires, quatorze étaient des femmes et huit des vingt cinq membres du gouvernement étaient des femmes. La révolution serait même allée plus loin si les femmes cadres qui s’engageaient n’étaient pas aussi rares.

Pour Germaine PITROIPA, il n’y avait qu’un seul objectif en son temps: le peuple. Et si SANKARA a été tué, c’est pour ce peuple.

La communicatrice terminera son propos en invitant à la constitution d’un parti sankariste unique pour accélérer la prise du pouvoir; ce qui permettra de rendre justice a notre peuple en demandant à Biaise et à sa suite des comptes sur tout le mal qu’ils ont fait et sont en train de faire.

Après cet exposé les diverses contributions ont permis de porter des éclaircissements sur le comportement des femmes, ignorées par les femmes elles mêmes. Et pour marquer la part de l’Afrique dans la promotion de la femme, il faut remarquer que l’Afrique a produit, à elle seule, plus de reines que tout le reste du monde. De même, Samory TOURE ainsi que les chansons populaires africaines ont toujours loué le courage des femmes au combat.
L’objectif du salaire vital était d’évoluer progressivement vers une sorte d’allocation familiale, l’institution, de la journée du 8 mars qui était une occasion de conscientisation des femmes, mais aussi des hommes sur le rôle de la femme dans le développement du pays, ont été explicité à l’assistance. Le tout est de trouver quelque chose à faire de retour au pays sur les plans professionnel et politique.

Un appel, notamment celles des leaders, a été lancé aux femmes pour un engagement plus actif dans les structures et partis sankaristes.

En conclusion, il faut retenir que les débats étaient contradictoires sous la révolution, pour peu que les camarades aient le courage de leur opinion et les arguments pour défendre cette opinion. La promotion du genre était permanente et n’était pas un mot creux. Avant même les pays occidentaux, sans cris ni cors, le CNR allait vers la parité.

panel 3 Sankara et le panafricanisme ainsi que Sankara 20 ans après.

Ces thèmes étaient animés respectivement par Nébié Météo Dénis et Kientega Fidèle et le 2ème thème Sankara 20ans après, présenté par Jean Hubert BAZIE. La modération était assurée par Hermann Issaka TRAORE.

Sankara et le panafricanisme a été abordé sous l’angle culturel par Nébié M. Dénis, fonctionnaire de ‘Institut des Peuples Noirs (IPN), tandis que l’angle politique a été appréhendé par Kientéga Fidèle.

Abordant le thème SANKARA et le panafricanisme, le Dr Nébié, a, d’emblée, relevé le rapprochement entre Sankara et des leaders africains anglophones, malgré la barrière de la langue ; preuve que la langue n’est pas un obstacle à l’intégration.
Cela s’observera au-delà du continent avec la rencontre des noirs de Harlem, lors d’un voyage en Octobre 1984 à l’occasion de la 39ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU.

De cette rencontre, naîtra l’idée de réunir les valeurs du monde noir dans une institution qui en 1986, s’appellera Institut des Peuples Noirs (IPN).

A l’ouverture des travaux constitutifs de l’IPN, le Président Sankara rendra hommage à Cheikh Anta DIOP, qui venait de décéder, pour ses œuvres de valeur en faveur des civilisations du monde noir, particulièrement d’Afrique.

Cet hommage était une invite à poursuivre avec le même courage l’œuvre entreprise par Cheikh Anta DIOP pour le monde noir. C’est ainsi qu’est née la génération Cheikh Anta DIOP.

Le Dr Nébié a terminé sa partie par des propositions au nombre desquelles, la mise en place d’une structure chargée de la conceptualisation du sankarisme, en ayant en mémoire des vertus de sankarisme au nombre desquelles : homme juste et droit, le peuple comme boussole ; la responsabilisation des africains pour la libération du continent et l’appropriation de la culture africaine comme l’hymne du Wassoulou, la charte du Kanfougonfan etc.

Le panafricanisme de Thomas Sankara se confirme également par son voyage intégrateur à Harlem aux Etats-Unis d’Amérique.

Parlant du panafricanisme à travers SANKARA, le député KIENTEGA a cité aussi bien les voyages fédérateurs dans les pays en lutte comme le Mozambique, l’Ouganda, la RASD, on encore de soutien à des mouvements en lutte comme l’ANC et SWAPO en lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. Le soutien est même allé au-delà du continent noir comme celui à la Palestine et aussi Nicaragua, entre autres.

Le communicateur a relevé les voyages de SANKARA pour les rencontres au sommet des organisations interafricaines, au cours desquelles, SANKARA a prêché l’intégration du continent à partir des cercles concentriques. SANKARA, pour KIENTEGA, était le continuateur de Kwamé Nkrumah, Patrice Lumumba, Cheikh Anta Diop, Amilcar Cabral etc…. et son panafricanisme il l’a manifesté depuis son poste de secrétaire d’Etat à l’information.

Il a terminé en relevant que le retour aux affaires du Sankarisme, mettra fin aux ingérences belliqueuses du régime actuel dans les autres états et va donner plus de chances à l’intégration africaine.

Succédant au député Fidèle Kientéga, Jean Hubert BAZIE a d’abord comparé Thomas SANKARA à un « fou » (positif) car disant la vérité partout et à tous. Comme un griot, qui n’est pas un louangeur mais un historien connaissant son peuple et les autres et aussi un homme cultivé à la mémoire vive et collé à la vérité historique, morale, religieuse, scientifique et intellectuelle.

Sur la perception, SANKARA est dérangeant 20 ans après. Même ses adeptes le sont, en témoigne les embûches créées au comité. 20 ans après, les années passées révèlent que des pays, des personnalités s’affichent à Thomas SANKARA. Depuis le Sénégal jusqu’à l’Ethiopie, de l’Algérie à l’Afrique du Sud, partout l’Afrique noire un chute à Thomas SANKARA.

L’enquête auprès du public révèle des qualités de l’homme et on cite : homme éloquent, dynamique, juste, anti-impérialiste homme politique dévoué, emblématique ; modeste, convaincu du devenir du tiers monde, favorable aux secteurs sociaux, mais aussi des perceptions du genre : irrespectueux envers les chefs traditionnels.
Le communicateur a terminé en soulignant que la jeunesse est consciente et critique vis-à-vis du système actuel et qu’il faut la patience en échangeant les idées entre tous pour avoir la majorité avec soi pour le changement.

Des échanges qui ont suivi, des éclaircissements ont été donnés sur :
– la guerre de noël avec le Mali en 1985,
– la participation des Sankaristes dans la promotion de la culture, participation non médiatisée par les pouvoirs publics,
– la contribution des Sankaristes à la survie de l’idéal dans un contexte de difficultés financières malgré la présence de députés Sankaristes,
– les raisons de l’assassinat de Thomas Sankara, alors qu’un socialiste était au pouvoir en France,
– sur la raison de l’abandon de l’IPN qui va vers sa mort, parce que considérée comme un danger pour les puissances occidentales et par les présidents dictateurs africains,
– enfin les stratégies possibles pour atteindre l’Unité Africaine.
De même, des enrichissements ont été fait tels :
– La création de cercles de réflexions et d’actions au profit de Kl ZERBO a été suggérée en vue de prendre en compte la dimension panafricaine du disparu.
– l’affirmation de la vision panafricaniste de Thomas Sankara avec la tenue à Ouagadougou du forum anti apartheid, l’octroi du premier passer à Nelson Mandela, le souhait de valoriser l’œuvre de Kl ZERBO.

Atelier 7 Budget et assainissement des finances publiques NON TENU

L’Atelier « Sankara et protection de l’environnement », animé par le Député Arba DIALLO, était modéré par pas de compte rendu dans le rapport

Le Panel 4 : le dossier judiciaire Thomas SANKARA

La panel a été animé par Me NKOUNKOU. La modération était assurée Me Bénéwendé S. SANKARA qui a présenté le communicateur aux panélistes. Il est Africain du Congo Brazza et vit en France depuis 1979.

Après des slogans nourris, la parole fut donnée au communicateur qui dira d’entame qu’il se sent totalement en phase avec cette ferveur révolutionnaire qui lui rappelle les temps forts de la révolution Congolaise avec le Président Marien N’Gouabi.

Attaquant le sujet à proprement parler, Me NKOUNKOU fera un rappel des circonstances dans lesquels, il a pris en charge le dossier en septembre 1997 à la demande de la famille de Thomas SANKARA. Seulement à quelques trois semaines de la prescription des faits. Il fallait donc faire vite. Me NKOUNKOU, dont le Cabinet est basé à Montpellier, devait absolument trouver un confrère au Burkina chez qui élire domicile. Selon lui, la providence le conduit à l’Etude de Me Bénéwendé SANKARA. Ensemble avec ce dernier, ils déposent une plainte contre « X » axée sur deux points, au Tribunal de Grand Instance de Ouagadougou :
– Assassinat de Thomas SANKARA
– Faux en écriture publique

D’après le communicateur, le juge Alexis KAMBIRE chargé du dossier, rend une ordonnance (une décision) dans laquelle il dit que l’affaire peut être poursuivie et lui il va ouvrir une information judiciaire. Ce qui n’a pas été, selon Me KOUNKOU, du goût du Procureur du Faso. Celui-ci fera appel de la décision du juge d’instruction. La chambre d’accusation, suite à l’appel du procureur, décide de renvoyer les plaignants « à mieux se pourvoir », c’est-à-dire qu’elle s’est rangée à l’avis du Procureur du Faso qui ne veut de la manifestation de la vérité dans cette affaire. Selon la cour, cette affaire doit être connue par la justice militaire. Mais la justice militaire ne bouge que lorsqu’elle a été saisie par le ministre de la défense. Ce dernier, pourtant, ne fera rien malgré les démarches entreprises par les avocats de la famille.

Mais entre temps, Me KOUNKOU dit que son attention a été attirée par un événement. Il s’agit de la « résurrection » de Hyacinthe KAFANDO, ex chef de la sécurité rapprochée de Biaise COMPAORE. Cet homme, passé pour mort depuis 1996, est réapparu après 4 ou 5 ans de disparition. L’avocat de la famille, face à l’absence de preuve officielle de la mort du Président SANKARA, décide donc du dépôt d’une autre plainte auprès des tribunaux Burkinabé pour « séquestration de Thomas SANKARA » depuis le 15 octobre 1987.

Ne se faisant pas d’illusion sur la suite de cette nouvelle plainte, Me KOUNKOU et ses confrères du collectif d’avocats chargé du dossier Thomas SANKARA saisissent le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU sur cette affaire. Le Comité jugera le dossier recevable en la forme et au fond. Le Comité déclare ce qui suit :
– Non prescription de l’affaire
– Rectification de l’acte de décès
– Identification formelle de la sépulture
– Manifestation de la vérité
– Indemnisation de la famille

II donne 90 jours au régime de Biaise COMPAORE pour répondre favorablement à ses exigences. Le pouvoir décide alors de prendre un juge. Une bonne chose selon Me KOUNKOU. Ce juge prend un acte qui dit que « Thomas SANKARA est décédé », point. Puis le gouverneur rend public une déclaration qui stipule que Thomas SANKARA est mort et tout le monde le sait, car chaque année, ses partisans vont se recueillir sur la tombe. Il dit aussi avoir fait l’évaluation de l’indemnité à verser à la famille qui s’élève à 43 millions de francs CFA. Sans le dire ouvertement, le gouvernement laisse entrevoir que l’affaire est forclose par la prescription.

De toute évidence, la réponse du gouvernement n’a répondu à aucune des exigences du CDH-ONU. C’est pour cela que Me SANKARA choisi de relancer le dossier auprès du gouvernement. Celui-ci répond par la Dresse interposée précise Me NKOUNKOU.

Avant de terminer sa brillante communication, Me NKOUNKOU dira aux panéliste que la raison profonde de l’arrivée de Mme SANKARA au Burkina est à rechercher dans la décision onusienne. Le Comité des Droits de l’ONU lui a donné raison.
Suite à cet exposé fort éloquent, le sort du valeureux juge KAMBIRE a intéressé l’assistance. Me SANKARA a précisé qu’il est actuellement au « garage » ou chômage technique selon, parce qu’au Burkina Faso de BLaise Compaoré, on ne fait pas ce que ce juge-là a osé sans sanction.

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