ISBN 978-3-939313-23-6

Présentation du livre

Le discours que Sankara prononça le 1er février 1983, jour de son investiture comme premier ministre, était d’un ton nouveau. Le mot peuple est revenu soixante-quatre fois dans le discours.On retrouve dans ce bref discours l’essentiel de ce qui devait lui servir de programme quand plus tard il sera chef de l’État. « … le mouvement de salut du peuple – avait-il déclaré -… est décidé à contribuer :… à faire avancer la Haute-Volta dans la voie du progrès,… afin de permettre, aussi rapidement que la force et le génie créateur du peuple voltaïque lui en donneront les moyens, de nourrir le peuple, de lui donner une eau saine à boire, de le vêtir, de l’abriter, de l’instruire et de le soigner. »

C’était là tout un programme qu’il a tenté de réaliser pendant le temps qu’il lui restait à vivre. Ce qu’il demandait aux ministres sortait de l’ordinaire. « Nous ne devons pas craindre les masses, et nous barricader dans des bureaux climatisés pour penser lourdement à sa place, avec les pesanteurs petites-bourgeoises, sans tenir compte de lui et de ses conditions concrètes de vie et de travail. En un mot, je voudrais vous dire que nous ne devons pas tenir le peuple en respect, mais réserver tout le respect au peuple. […]

Messieurs les ministres, avec de tels objectif s, ce n’est certainement pas à un banquet de copains ou à une partie déplaisir que le Conseil de Salut du Peuple vous a conviés en vous investissant de sa confiance. Mais c’est à un gigantesque chantier de travail auquel participera avec ardeur tout le peuple voltaïque, qu’il vous demande de prendre part, comme chefs de brigades de travail dans ce chantier. »
Pour susciter le débat au sein de l’armée et soutenir une forme de démocratie interne, l’aile progressiste du C.S.P. créa un journal mensuel dénommé Armée du peuple qui se voulait un « organe de lutte et d’information du Conseil de salut du peuple ». Le journal dont le numéro 00 parut le 13 février 1983 avait pour devise : « s’intégrer et s’identifiera son peuple. »

Présentation de l’auteur

Apollinaire J. Kyélem de Tambèla est titulaire des Diplômes d’études approfondies (D.E.A.) en droit des affaires et droit économique et en droit international public et privé de l’université de Nice ; du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (C.A.P.A.) du Centre de formation des Barreaux du sud-est (France) et est docteur en droit.

II a enseigné dans plusieurs universités et écoles supérieures. Il est avocat au Barreau du Burkina Faso et directeur du Centre de recherches internationales et stratégiques (C.R.I.S.

Nos commentaires

Ce livre est une surprise. C’est lors d’un séjour au Burkina en octobre 2012 que je l’ai découvert. Personne n’en parle si ce n’est un article de Courrier Confidentiel qui n’a voulu retenir que les 5 tentatives d’assassinat dont il est question dans le livre, une information qu’avait déjà donnée Valère Somé dans son ouvrage Thomas Sankara l’espoir assassiné paru en 1990. Cer article passait complètement à côté de l’importance de ce livre. Il faut dire que malheureusement le prix (42€ ou 20000 CFA est prohibitif.

Sans les difficultés que rencontre la diffusion, ce livre aurait tout pour devenir la référence sur la révolution burkinabè. Certes les livres sur le sujet sont déjà nombreux. Mais beaucoup sont écrits par des militants, des acteurs de cette révolution ou adoptent le style journalistique. Les travaux d’analyse en provenance du monde universitaire sont parcellaires ou bien quelques uns ont été écrits avant la fin de la révolution, trop tôt donc pour en faire la synthèse et en souligner la portée réelle que l’on mesure beaucoup mieux aujourd’hui avec le recul.

Cet ouvrage constitue un peu un tournant. L’auteur a certes fréquenté le monde universitaire mais il est avocat. Il se livre à une synthèse complète et très bien documentée de la révolution burkinabè. La table des matières est éloquente à elle seule de ce point de vue. Et de plus on y trouve aussi des informations inédites qui viennent utilement compléter les ouvrages précédents, comme par exemple la façon dont a réagi Henri Zongo après l’arrestation de Sankara en mai 1983, ou bien la présentation de la réforme de l’enseignement qui a été repoussée car jugée trop radicale par la population.

L’auteur n’hésite pas par endroit à donner son opinion. Il le fait par exemple à propos du PCRV (le parti communiste révolutionnaire voltaïque) qui bien que se réclamant marxiste à toujours refusé de s’associer au processus révolutionnaire malgré plusieurs tentatives de Thomas Sankara en leur direction, comme du PAI (le parti africain de l’indépendance), dont les critiques nous paraissent cependant bien sévères. Ce parti a en effet fortement contribué et à la formation politique de Sankara, mais aussi au succès de la révolution. Mais il a fait part de divergences qui combinées avec quelques provocations d’un de ses dirigeants ont amené son retrait du processus révolutionnaire et l’emprisonnement de certains de ses militants.
Mais L’auteur entreprend aussi de démonter l’argumentation du Front Populaire qui, après la mort de Thomas Sankara, et alors que ses partisans étaient emprisonnés, s’est efforcé à salir l’image de Thomas Sankara et à le rendre responsable de toutes les insuffisances de la révolution.

Mais surtout c’est un des intérêts majeurs, outre la synthèse et la foule d’informations délivrées, c’est l’érudition de l’auteur. Le livre est en truffé de citations d’origine très diverses, De Lénine à Rosa Luxembourg, en passant pas Cheikh Anta Diop, et de nombreux africanistes et philosophes d’origine diverse. Il intègre ainsi son travail et surtout cette révolution dans le mouvement de la pensée humaine et fait ainsi véritablement entrer la révolution burkinabè dans l’histoire.

Un livre d’une très grande importance, dense, riche et de très bonne qualité.

Bruno Jaffré

Table de matières

PREMIERE PARTIE : De la Haute-Volta au Burkina Faso

Chapitre I : De la période précoloniale à l’indépendance

La période précoloniale
• A Au centre
• B À l’ouest
• C À l’est

La période coloniale
• A La conquête du territoire
• B Les motivations et les justifications de la colonisation

La période de l’indépendance
• A Les conditions d’accession à l’indépendance
• B La vie politique de la période des indépendances
• C Les divergences politiques
• D La mauvaise gouvernance et ses conséquences

Chapitre II : La période du doute et du questionnement

Chapitre III : La période de prise de conscience

I : Le régime du C.M.R.P.N.
• A : L’avènement du C.M.R.P.N.
• B : La gestion du C.M.R.P.N.
• C : La chute du C.M.R.P.N.

II : Le régime du C.S.P.
• A : Le coup d’État du 7 novembre 1982
• B : Le Conseil provisoire de salut du peuple
• C : Le C.S.P.-I
• D : Le C.S.P.-II

Chapitre IV : L’avènement de la Révolution

I : Les causes de l’avènement de la Révolution
• A : Les causes historiques
• B : Les causes économiques

II : Les circonstances de l’avènement de la Révolution
• A : Les conditions objectives
• B : Les conditions subjectives

DEUXIEME PARTIE Le temps de la Révolution

Chapitre I : La notion de révolution et le cas de la Révolution burkinabé

I : De la nature du mouvement du 4 août 1983 et du régime de Thomas Sankara
• A : La nature du mouvement du 4 août 1983
• B : La nature du régime du C.N.R.

II La philosophie et l’idéologie du C.N.R.
• A : L’orientation politique du C.N.R.
• B : Les conséquences politiques et sociales

Chapitre II : La notion de développement, la base sociale du C.N.R. et les mécanismes de mise en œuvre de la politique du C.N.R.

I : La notion de développement

II : Les bases politique et sociale du C.N.R.

III : Les structures d’encadrement
• A : Les Comités de défenses de la Révolution
• B : Les autres structures d’encadrement

Chapitre III : Les difficultés politiques du C.N.R.

I : Les difficultés externes

II : Les difficultés internes

Chapitre IV : La politique de développement du C.N.R.

I : La politique judiciaire du C.N.R.

II : La politique économique du C.N.R.

• A : La planification du développement
• B : La rigueur et la transparence dans la gestion des ressources de l’État
• C : La maîtrise de l’aide extérieure
• D : Compter sur’ses propres forces
• E : La maîtrise de la production
• F : La consommation de la production nationale
• G : La protection de la production nationale
• H : Le secteur des transports
• I : Conclusion

III : La politique sociale du C.N.R.
• A : La culture
• B : L’éducation
• C : La santé
• D : L’urbanisme et le logement
• E : La promotion de la femme
• F : La promotion de l’emploi
• G : La lutte contre la mendicité
• H : La promotion du sport

IV : La politique étrangère du C.N.R.
• A : La politique sous-régionale du C.N.R
• B : La politique régionale du C.N.R.
• C : La politique internationale du C.N.R.

TROISIEME PARTIE : Les mérites et les limites de la gouvernance Sankara et l’émergence de la contre-révolution

Chapitre I : Les mérites et limites de la gouvernance Sankara

I : Les mérites de l’action du C.N.R.
• A : Sur les plans politique et subjectif
• B : Sur le plan objectif

II : Des limites de l’action du C.N.R.
• A : Des limites subjectives
• B : De la conception et de la gestion des affaires politiques
• C : Du respect des droits humains
• D : De la place de l’économie dans le processus de Développement

Chapitre II : L’émergence de la contre-révolution

I : Le déroulement des faits et leurs répercussions
• A : Le déroulement des faits
• B : Les répercussions

II : Les causes
• A : Les explications et les justifications du Front Populaire
• B : Les vrais mobiles de l’assassinat de Sankara

III : Les turpitudes du Front populaire
• A : Les contradictions et contrevérités sur les plans politique et économique
• B : Les contrevérités sur le plan des droits humains
Chapitre III : La renaissance de Thomas Sankara

I : La portée de l’œuvre de Sankara

II : La portée du sacrifice de Sankara

III : Les réactions

Annexes

Bibliographie

Contact

ISBN 978-3-939313-23-6

Harmattan Burkina av. Mohamar Kadhafi 12 BP 226 Ouagadougou 12

Tél. : 226 50 37 54 36

mail : harmattanburkina at fasonet.bf infos at harmattanburkina.com

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