le 26 octobre 2014 par Ousmane Touré

L’avènement d’un nouveau régime politique est un acte déclaratif de naissance car cela présage une bouffée de changement dans la gestion du pouvoir politique. Alors, le fait coutumier de l’habitude est souvent mis a rude épreuve par l’émergence d’un dirigeant dont on ne connaît ni les tenants, ni les aboutissants. La certitude de la situation est que derrière cet évènement, il y a de la part du peuple, un nid d’expectations. Cet espoir crée un sentiment de curiosité chez le citoyen sujet encore à une nouvelle aventure humaine. Aussi, il y a cette vision paternaliste du père qui doit envisager et amener le changement dans une certaine mesure du possible. Il y a un régime d’assistance implicite qui existe dans l’imaginaire africain. L’état africain plus que tout autre est prestataire de services dont les plus importants sont le droit a l’éducation, a la sante, a un habitat social. En somme, la recherche de la décence humaine est un spectre qui rode dans l’inconscient collectif car l’ego communautaire est sujet à un rêve collectif de réussite. Ainsi le bonheur devient plus une affaire matérielle car la pauvreté est un virus fatidique qui ronge la mentalité collective et détruit toute image positive du futur.

En arrivant au pouvoir, Thomas Sankara s’est senti investi d’une mission celle de ne pas reproduire ce fléau dictatorial militaire de répression instantanée. Au contraire, il bouleverse l’ordre préétabli et apporte une générosité sans précèdent dans sa méthode d’aborder les choses publiques et de gérer le pouvoir. En construisant le pouvoir de façon non mythique et surtout se rapprochant du peuple, il opéra une césure morale avec ses prédécesseurs.

Les coups d’état militaire sont souvent un phénomène de rigidité rugueuse ou l’état dans son entreprise de raffinement répressif se peaufine une réputation de terreur et une fonction totalisante de mépris du citoyen. Un tel aspect fort particulier a marqué la conscience collective des peuples africains soumis au chemin de la pénitence morale et physique. L’asservissement moral du peuple est comme une qualité requise car l’on se place en situation de subordination conjuguée entre le despotisme egocentrique d’un violent ténébreux assis sur son trône et une absence circonstancielle de démocratie populaire. Cette touffe de populisme validée par des institutions qui ne survivent pas leurs dirigeants cautionne une évolution qui n’est que l’expression d’une fermentation symbole d’une putréfaction morale. Cela donne des allures de divinisation provoquée au service d’un seul homme investi d’une onction divine alors que son esprit maléfique danse dans son cerveau si accaparée par un imaginaire déconcertant d’une logique illogique. La médiocrité se meut en valeur responsive et nourrit une page o combien sombre de l’histoire d’un peuple.

Sankara était original dans ses œuvres car il était un visionnaire et surtout un agitateur de conscience individuelle et collective. L’homme portait les habits de l’altruisme réactionnaire dans une entreprise de reconstruction progressive de l’homme africain. Ainsi, l’on doit se demander que soit ce qui est prépondérant et valorisé dans l’œuvre de Thomas Sankara ?

Les raisons originelles de la révolte de Thomas Sankara

Il avait le verbe haut et il dérangeait fort bien l’intelligentsia africaine. Il y avait encore l’échec provisoire des élites civiles comme le disait si bien Didier Awadi. Tout territoire regorge de valeurs sacrées qui servent de ciment moral et affectif à un peuple et en même temps de socle de base existentielle d’une nation.

Thomas Sankara était né au pays des hommes intègres, le Burkina Faso, donc l’intégrité morale avait germée dans son for intérieur et avait grandi pour devenir un outil formidable dans sa configuration morale. Soit on le haïssait, soit on l’aimait mais une chose est sure il ne laissait personne indiffèrent ! L’effet d’appropriation d’une moralité agissante comme valeur entreprenante devient une force inestimable chez lui.

Porté au pouvoir grâce à un coup d’état, Thomas Sankara était un révolutionnaire dans l’ame avec beaucoup de similitudes avec Che Guevara. L’envie, le désir de changer les choses dans le fonctionnement de la chose publique était son dessein principal. Une révolution passe par la transformation des esprits. Son pays, le Burkina Faso était frappé de cette maudite gangrene africaine qu’est cette culture de la corruption et surtout de cette vaine vanité qui charaterise les hommes politiques africains. La répétition demeurait la règle. L’on devrait savoir qu’il y a une forme de fausse passivité agressive comme une prétention malheureuse au pouvoir politique.

Il y a un mécanisme de protection assermentée par le maintien d’un ordre préétabli dont le but principal est de noyer la population dans un sommeil profond a valeur symbolique avec comme remède majeur l’argument essentiel qu’est la colonisation et les institutions financières que sont le FMI et la banque mondiale. Qui veut tuer son chien l’accuse de rage ! Une belle facilitée qui n’est que le reflet d’une imposture idéologique dont le but est pour ces dirigeants africains de se poser en victime. Une belle apologie de la lâcheté heureuse ! Mensonge quand tu nous tiens !

Une malveillance chronique et morale chez les présidents Africains

Cette préfiguration morale fait le bon lit des hommes politiques africains qui sont a souhait content d’élever un troupeau de moutons car tel est leur principal objectif, partant du fait que l’objectivité n’est qu’un sillon massif de bourde batarde rempli de barrelement pour les citoyens. L’omnipotence du politicien africain conduit à un aveuglement féroce face aux défis de la nation car souvent pris dans son exercice coïtal de jouissance massive d’un ego surdimensionné.

Ainsi, la révolution est faite pour renverser l’ordre configuré car il y a en ce moment une primauté du fait sur le droit car la surenchère verbale est juste une technique de manipulation que l’on utilise pour faire preuve de répression sévère. Il y a donc une criminalisation implicite du citoyen qui exerce son droit de protestation politique et sociale. La légitimité citoyenne est proscrite. L’ordre socio-politique cède face à la grogne populaire, le pouvoir est renversé au nom d’un idéal moral de participation démocratique à l’édification d’une vie nouvelle chez les citoyens.

Thomas Sankara avait vu juste la misère humaine qui gouvernait la vie des citoyens de son pays en particulier et des africains en général. Alors en tant que militaire, il décida de s’emparer du pouvoir car le gâchis grossier de la gouvernance faussement démocratique le rendait malade. Sankara a su reconnaître la situation et quelque part a du s’inspirer de Jerry Rawlings ,le ghanéen qui avait par devoir pris le devoir a deux reprises au Ghana face a l’incompétence de deux présidents ghanéens successifs. Sankara semblait agacer car l’homme avait une vision claire et projetée sur le futur de son pays et de l’Afrique. L’homme était un révolutionnaire visionnaire et réactionnaire.

Une personnalité riche en communication et en franchise morale

Il faut dire que Thomas Sankara avait de formidables facultés de communication. D’abord, l’homme était charismatique, il tenait un discours simple et savait capturer l’imaginaire populaire. Il savait se mettre en adéquation avec le peuple. Il rendait au peuple son sens de la légitimité citoyenne. Il n ‘hésitait pas publiquement a interpeller ses interlocuteurs, comme ce fameux sommet de L’OUA ou il parle de la nécessitée de refuser de payer la dette .

Aussi, il fait la leçon aux dirigeants africains, plus dinosaures que dirigeants, car ils étaient dans une logique de dépendance économique pour s’auto-justifier devant leurs peuples. Ainsi la détérioration des termes de l’échange, de même que la banque mondiale et le Fmi avaient bon dos quand il ‘s’agissait de justifier l’état de l’économie des pays africains.

Sankara lui voulait créer une saine émulation en proposant de consommer africain, de penser africain et d’agir en africain. Dans une logique positive d’optimisation d’une nouvelle forme d ‘identité, Sankara exhortait les africains à de nouvelles modalités fondamentales d’existence dont ils seront aussi bien les acteurs que les producteurs. Le mérite principal de Sankara a été d’essayer de réhabiliter la vertu positive identitaire de l’homme africain suivant les pas d’Aime Césaire et de Cheikh Anta Diop. A travers l’héritage de ces derniers, Sankara a voulu continuer un vision de construction positive de l’homme africain en l’invitant a se réapproprier son passé, son histoire et surtout a être fier de soi. Une fierté qui serait le véhicule d’émancipation et une nouvelle raison de se construire par une nouvelle forme de pensée non appréhensive. Il comprenait que la résurrection de l’homme africaine passait par la culture, laquelle culture était une valeur de rédemption morale.

Sankara dérangeait par ses prises de positions des présidents comme Houphouët Boigny, véritable symbole de la France-Afrique pour devenir la France-fric, un symbole d’une capitalisation outrancière de la corruption qui existe comme un travesti moral entre les états africains et la France. Cette transgression morale de la culture du silence bien vivante chez les présidents africains lui valut sa mort tout simplement. Sa spontanéité verbale, sa franchise morale sont des facteurs de déstabilisation dans le fameux club ferme des présidents africains. Quelle était son intention ?

Le refus du paternalisme ambiant occidental

Ainsi, se départir de la tutelle paternelle française était le but principal de Thomas Sankara, raison pour laquelle le père de la nation ivoirienne le détestait. Il va sans dire que l’avènement de Sankara avait créée un conflit de génération entre vieux dirigeants africains et la jeune génération comme Jerry Rawlings et Sankara.

Sankara eut l’audace de faire la leçon a Mitterrand en voyage officiel au Burkina sur la prétendue coopération de la France avec l’Afrique du sud au moment ou les choses commençaient a tourner dans le sens positif pour Mandela et ses compagnons grâce au boycott économique, certains états notamment la France et les Etats Unis rechignaient a arrêter leur collaboration avec l’Afrique du Sud. Devant la nation burkinabè, Sankara interpella le président français avec un ton ironique et caustique sur un pays connu pour la violation des droits les plus élémentaires de l’être humain. Le dégât était irréparable. La gène de Mitterrand était importante face à ce jeune président ambitieux et impertinent. Le paternalisme en prend un sacre coup. Les fausses tentatives de sympathie et de récupération politiques échouèrent.

Sankara faisait de l’ombre aux autres par ses prises de position. Il osa critiquer l’occupation de la Palestine par Israël à la tribune des nations unies. Durant cette visite sur le sol américain, de passage à Harlem, il haranguait les noirs d’Amérique au sursaut. Son discours était simple, mais plein de bon sens et porteur de réalité. Aussi, il cherchait à réhabiliter la femme dans son statut égalitaire avec l’homme. Sankara c’était une abondance de principes générateurs de droits humains !

Une philosophie pragmatique au service de la rupture idéologique

La chose essentielle chez Sankara était sa philosophie politique du pouvoir pleine de pragmatisme. Son sens de la réalité des choses semblait donner au citoyen, un sentiment d’existence nouveau et surtout un sens de l’urgence et de la nécessitée d ‘agir. Il était versé dans le verbe car porteur de message, et il connaissait l’importance de la communication dans son entreprise de réfection morale d’une nouvelle mentalité africaine. La générosité de l’effort était une qualité principale chez lui.

Sankara était le symbole de l’anti mondialisation à l’image de Mamadou Dia. Il était porteur d’un rêve d’une Afrique juste ou le citoyen n’était plus exclu du champ politique, car devenu a nouveau un souverain moral actif. Il voulait mettre fin à ce processus de victimisation de l’homme africain, l’aidait à définir de nouvelles bases mentales grâce a une alternative dans son processus d’internalisation de son rôle dans pays et dans le monde. Si l’on veut, on peut ! La caricature permanente de l’homme africain incompétent, incapable était une obsession chez Sankara qui voulait inciter à l’élaboration d’une démocratie participative proche de celle des Zapatistes du Mexique du commandant Marcos ou le principe même de la hiérarchie verticale a été supprimé. Cette verticalité ascendante du pouvoir politique était un mal endémique, reflet d’une vision bureaucratique de la démocratie africaine et qui n’exprime rien d’autre qu’une stratification obscène d’un pouvoir politique monolithique. Le port de l’ego est obligatoire chez les présidents africains souvent au fait de leur insuffisance morale. La jeunesse africaine a comme un gout d’inachevé sachant que Thomas Sankara a été tué par Blaise Compaoré, l’éternel second et grand serviteur du système téléguidée de le France –fric.

Une simplicité expression d’une réalité concomitante

En pensant au clan des siciliens, on peut faire une analogie toute facile avec ce conglomérat de chefs d’états africains -dont font partie Blaise, Denis Sassou Nguesso, Paul Biya, Omar Bongo (successeur béni)- qui perpétuent ce mécanisme houleux d’appropriation du pouvoir politique pour en faire un bijou personnel avec un grand élan despotique au service d’un égocentrisme sans commune mesure.

La raréfaction d’un homme politique comme Thomas Sankara est à souligner. Un homme non guidé par des instincts d’appropriation grégaire du pouvoir, ou par une volonté anomalistique et machiavélienne de violer le peuple en plus de le sucer de sa sève nourricière. La légende raconte, selon les dires de jacques Rambamanjara de Jeune Afrique qu’une fois Sankara avait demandé a son garde du corps de lui prêter de l’argent pour donner la dépense chez lui. Une autre anecdote est celle de demander à Rawlings de l’amener avec lui dans son avion au sommet de l’OUA. Cela montre que la simplicité est une modalité fonctionnelle mentale chez Sankara et un symbole de son honnêteté. Son discours qui avait des allures de tribun certes n’était pas populiste, mais réaliste et en phase avec les besoin du peuple.

Le peuple burkinabè ne demandait que le respect et de voir la vérité en action. Le grand défi qu’ont les hommes africains est cette inhabilitée incessante a instrumentaliser leurs discours souvent revus et corrigés a Paris, sous les bons offices de Papa la France, par des politiques concrètes. L’on se souvient de cette dérisoire appellation de De Gaulle par Bokassa qui l’appelait affectueusement « Papa ». Cependant, l’africain président refuse de se mettre en situation de responsabilité, plutôt il attend un miracle économique et essayant de faire du pire avec du neuf dans une forme de dissonance cognitive très remarquée. Cette absence de concordance de temps, cette fin de non recevoir dans la recherche d’un esprit contingent montrent à quel point un positivisme actif et réactif était impossible à atteindre. Le champ de l’impossible est du pain béni pour le chef d’état africain et le colonialisme sert de plateforme de justification amplifiée. Toute mobile fictif de démotivation était et est toujours la bienvenue.

L’essor d’un impact psychologique

L’impossible est toujours du possible non exploité, si l’on pousse les limites de la nature humaine dans son foyer d’intelligence. L’apport principal et factoriel de Thomas Sankara est d’abord mental car il créa un déclic mental, une nouvelle impulsion qui jaillit comme une abondance morale de bon vouloir d’action. Il faut souligner que le rempart est l’appropriation d’un monde extérieur hostile pour le changer grâce a un pouvoir de refus face a cette aliénation totalitaire et idéologique, de même qu’agressive. C’est l’idée empruntée d’un effort d’agissement nourri par le principe de la marginalité positive. Cette marginalité positive est une indépendance d’esprit face a la stigmatisation systématique de l’autre et surtout en capitalisant sur une faculté de positiver sur son sort avec des moyens de bord disponibles. C’est une faculté positive pour un agir actif et poussif pour entrainer une impulsion mentale d’action qui va a l’encontre de la perception erronée d’autrui sur la personne dépréciée.

Fanon avait déjà étudié le sujet de la défaillance psychologique chez l’homme noir promis et soumis à singer, ou ne se reste qu’épouser l’étendard est vertus occidentales sans se poser la question de leur légitimité. Donc, Sankara aborde la question de la légitimité existentielle africaine de façon implicite. Cette question du « pourquoi pas nous » est l’expression d’un signifié dans le signifiant. Une signification existentielle de l’ame africaine. Ainsi, l’individualité totale africaine ne sera jamais complète sans une confection mentale qui fera office de réparation progressive face au désarroi de l’homme africain. Buddha parlait souvent de l’écart qui existait chez l’homme entre ses aspirations et sa réalisation et souvent c’est ce creux qui crée la source de son mécontentement. Un vide existentiel face à l’impuissance dans le champ de l’action. Si il y a un facteur d’intériorisation, donc l’ennemi se trouve en chacun de nous.

C’est a nous de capitaliser sur notre potentiel humain, pour développer notre capital de développement grâce a un dispositif mental, emotionnel,affectif et surtout rationnel pour déclencher une autre individualité africaine qui sera la brique de construction d’une ame collective de production humaine, source de réussite socio-économique. A l’image de Jose Mujica, le président uruguayen, Sankara affectionnait la simplicité et était proche de son peuple. Il y avait comme un brin d’impertinence dans sa pertinence et cela faisait de lui un danger pour ses pairs africains éternels arrogants et narcissiques.

Une chose est sure, il est plus célèbre mort que vivant car Sankara a représenté non seulement un espoir, aussi il a représente un idéal moral de représentation politique en Afrique, un homme du peuple. Il y naquit comme un espoir de l’éclosion morale comme une belle fleur de printemps qui s’ouvre ecarlate.Cependant, le vent de la misère morale est passé pour l’emporter grâce a l’estocade meurtrière de Blaise Compaoré, complice accompli dans sa lâcheté, l’éternel second car il ne sera jamais premier, il a toujours été vouer a être le second, un second définitif de malheur, a croire que le gâchis est une vertu valorisante chez certains.

Un gout d’inachevé

Le vent de l’histoire continue de souffler sur le Burkina Faso, un vent téméraire avec l’ombre de Sankara qui plane encore sur Blaise Compaore,un homme perdu dans ses élans narcissiques de gestion du pouvoir. Sa récolte ne sera jamais belle car l’intention ideenne de promouvoir le bien être economique, social et culturel du citoyen burkinabè n’a jamais été son objectif principal. Il a toujours pensé qu’avec le temps l’oubli allait s’installer que nenni ! la précarité de sa situation ne présage par un futur rayonnant pour lui car la volonté populaire est toute autre malgré son adoubement par les autres acteurs pourris qui partagent la même vision grossière du pouvoir. Sankara nous a laissé une édification morale importante qui doit nous servir pour construire une nouvelle citoyenneté civile et sociale burkinabè et africaine car l’histoire de l’Afrique ne se fera pas sans les africains.

En realite, toute tentative de modification constitutionnelle est un pas de plus vers la radicalisation du régime de Blaise Compaoré donc le jour du jugement se rapproche pour lui. L’illusion temporelle est un rêve circonstancié qui charrie la mémoire de l’homme qui croit qu’il a toujours du temps. L’absence de grandeur humaine chez les présidents africains est une expérience assez traumatisante chez les peuples africains. Toute forme d’espoir de changement est perpétuellement ruine au grand dam des nations africaines L’Afrique a besoin davantage de Thomas Sankara pour résoudre l’équation existentielle de l’homme africain car le futur appartient a ceux qui ont de l’espoir.

Ousmane Touré

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