Une figure d’intellectuel populaire dans la révolution sankariste au Burkina Faso

 

Gisèle Prignitz,

 

Cet article a été publié dans /Intellectuels populaires : un paradoxe créatif/, (Kouvouama, Maupeu, Albert dir.). Pau : PUP, p.91-105. Il fait référence aux « chroniques du Burkina » de Jean Hubert Bazié dont la présentation est à l’adresse. Ces chroniques ont été lues à la radio durant la révolution et publiées dans un recueil à Ouagadougou.

Introduction :

D’abord journaliste puis écrivain, Jean-Hubert Bazié a été une cheville ouvrière de la RDP (révolution démocratique et populaire) de 1983 à 1987 en Haute-Volta, devenue Burkina Faso en 1984. Certes il est d’autres références intellectuelles et politiques à l’époque : le DOP (le discours d’orientation politique du 2 octobre 1983, dont Ouagadougou garde encore la trace sous forme d’un monument placé au carrefour de deux voies, une colonne surmontée d’un livre), et les idéologues comme Paulin Bamouni, disparu dans l’attentat du 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente. Mais l’oeuvre de Jean-Hubert Bazié, essentiellement composée de nouvelles et d’un court roman, a le mérite de répondre à une attente du public. Le plaisir qu’il avait eu à suivre cette exaltation des acquis de la révolution, il veut le retrouver dans la ferveur de l’écrit : il s’agit de partager un moment exceptionnel de l’histoire. La révolution a été en effet un mélange d’état de siège et de kermesse populaire à l’échelle d’un pays[1].

Il y a donc un souci démonstratif et explicatif aussi, car les événements n’étaient pas toujours « lisibles », ce qui conduit  le journaliste – en particulier dans les Chroniques, mais aussi dans l’Intrus – à faire suivre l’exposé oral d’une transcription écrite. Ainsi il donne une traduction populaire des décisions officielles, d’abord transposées dans le langage standard (1) puis peu à peu exposées dans un néo-français basique (2) :

(1) Le président du Faso a supprimé, par décision les termes de loi, décret, arrêté au Burkina. En lieu et place nous avons respectivement (nouveaux termes : zatu, kiti, raabo).

(2) Zatu, c’est affaire de président. En haut de en haut. Kiti, c’est affaire de président plus ministre. En haut de en haut, plus en bas de en haut. Raabo, c’est affaire de ministre, haut-commissaire, préfet. Affaire de en bas de en haut plus en haut de en bas. (Chroniques, p.70)

Mais il s’en démarque en se situant à la fois hors et dans le cours de l’histoire. On peut distinguer plusieurs niveaux dans sa posture de médiateur, ou de passeur dans une société à  80% illettrée ; il est désigné pour porter le message, en tant que spécialiste de la communication ; il se définit aussi comme créateur, sous les traits de l’écrivain, dont l’ambition est de divulguer l’état de la société, de dénoncer ses maux, d’apporter sa culture en bagage. Lui qui est lettré, journaliste, détenteur d’un savoir puisé aux sources de la tradition – invoquée dans ses textes –  et du langage de la modernité, se fait griot et moraliste, tant il reflète l’apport des influences culturelles multiples qui se croisent en Afrique. Pour autant son rôle ne se réduit pas à celui d’un thuriféraire dont la personnalité s’efface derrière une parole transmise : il peut faire preuve de créativité, voire de lyrisme poétique, comme dans ce panégyrique à la Bataille du Rail :

La chaîne de la solidarité était là, vivante, joyeuse, dynamique, gaie. La sueur lui coulait du front comme la rosée un matin du 4 août. Un vent de liberté soufflait sur la plaine et courait à travers les karités qui s’étendaient à perte de vue, comme une chance extraordinaire. (Chroniques, p. 10)

Que ce soit dans sa posture de journaliste, rédacteur en chef de l’Intrus, hebdomadaire qu’il fit paraître pendant deux ans et tenta de faire sortir encore après la mort de Sankara, sporadiquement, ou dans celle de l’écrivain, il eut à coeur de donner une image populaire de la révolution, en n’oubliant jamais que l’intellectuel est issu du peuple et qu’il y a une appropriation de cette attitude qui est purement burkinabè, peuple d’ « insoumission » selon le terme de Banegas[2].

1. Donner une image populaire de la révolution

Les écrits de Bazié fourmillent d’anecdotes concernant la vie au quotidien sous la révolution. Loin de l’austérité et des mises en garde sévères des CDR et du discours militaro-idéologique de la RDP (lisible dans la devise « La patrie ou la mort nous vaincrons », assortie des slogans scandés « les opportunistes à bas, les néocolonialistes … » à tout bout de champ[3]), on perçoit :

a- la familiarité dans le ton, qui tranche avec les régimes précédents et surtout les autres régimes africains, comme l’a souligné F. Bon, cité par G. Prignitz[4] : une ambiance de fête bon enfant, dont une bonne illustration sont les bals populaires, s’oppose aux raouts raffinés que se réservent les bourgeois (comme en témoigne le livre intimiste de Sawadogo[5], surtout dans le chapitre sur l’humour du Président, p. 53 à 61) – champagne, tenues guindées, mets coûteux. Le PF (président du Faso) – autrement appelé Tom Sank[6] – est partout, souriant, jeune et sans complexes, et remet à l’honneur le jus de tamarin et le lemourgui (gingembre).

Dans le compte rendu du « séminaire sur les bals populaires »,

il a été défini comme une manifestation moderne ou traditionnelle publique, qui doit permettre à tout un chacun sans distinction de classe sociale, de se retrouver dans un lieu populaire pour mieux se connaître, se distraire et participer à l’action révolutionnaire [Carrefour Africain n° 806, p. 32]

Le contexte des nouvelles de Lomboro de Bourasso, comme des Chroniques, est celui de la révolution. Les allusions sont perceptibles dans cette évocation des lieux de distraction à Nouna :

Il existe désormais un superbe bar-dancing où les gens préfèrent aller les fins de semaine et jours de fête payant cher pour danser au rythme des derniers tubes étrangers plutôt que de se rendre au Centre populaire des loisirs pour côtoyer « camarade-tout-le-monde » dans des « bals poussière » animés par une musique de l’à-peu-près, passablement excitante et pas de « dernier cri » (Lomboro de B.,  p. 18).

L’hebdomadaire l’Intrus fourmille d’anecdotes sur les personnalités du régime, accompagnées de photos ou de caricatures qui les rapprochent du lecteur et donnent l’impression que Ouagadougou est un gros village. D’ailleurs on se plaît à rappeler qu’à Ouagadougou, « tout le monde se connaît ». Et comme tous les citadins sont issus d’un village de province, l’information est censée circuler « en campagne », à travers les frères de la ville et du microcosme de la capitale. Les encouragements, comme les avertissements ne sont pas rares non plus, pour inciter chacun à se surpasser et à ne pas céder à des comportements peu dignes du grand enjeu national.

Les grandes affaires du moment sont abordées sur le ton des faits divers, comme le déroulement des TPR ; ainsi le 31 juillet 1987 dans l‘Intrus, le rédacteur commente divers incidents lors des assises des tribunaux populaires de la révolution dans des billets qui portent les titres suivants (p.2):

« les soutenus doivent dénoncer les souteneurs » ; « traductions très calculées », « silences d’or », « marchands et opports »,

dénonçant sur le mode allusif le règne de la magouille, du « kalabulè[7] » stigmatisé par Sankara.

b-le génie créateur ; on valorise tous les possibles : le théâtre populaire, la semaine de la culture, le sport, la cuisine, le recyclage, les foyers améliorés, les trois luttes « écologiques » (contre les feux de brousse, la divagation des animaux et la coupe de bois anarchique), l’encadrement militaire et patriotique. J’ai personnellement recueilli le témoignage d’une jeune femme qui rappelait l’initiation au jardinage et les sorties de son école chez les artisans au moment de la révolution, pédagogie active qui n’était pas celle pratiquée dans les années précédentes. Les écoles expérimentales, qui introduisent des travaux agricoles dans le cursus scolaire, se veulent un instrument de désaliénation, les produits de l’école d’antan devenant

étrangers dans leur milieu traditionnel pour lequel ils n’auront que du mépris et un dédain prononcé pour le travail manuel [Carrefour africain] .

On se tourne aussi vers les analphabètes avec les opérations bantaré et commando (ainsi que la vaccination du même nom). C’est une opération de reconquête du territoire, qui fait table-rase de ce qui a pu exister auparavant. Changer la vie, tel est le mot d’ordre, ce qui se fait dans l’impatience d’un avenir meilleur. Dès son avènement, le sankarisme se pose comme novateur, ce que souligne l’hebdomadaire Carrefour africain (n° 764, p. 5) qui reproduit l’intégralité du discours d’investiture du premier ministre le 4 février 1983 :

Il s’agit d’un fait historique dans la mesure où le ton est « nouveau », dans la mesure aussi où le Premier ministre, officier de l’armée a été désigné à ce poste par des militaires.[8]

L’enthousisme communicatif du Président lui donne une dimension charismatique qui transcende le simple changement politique : Sankara est perçu par ses proches, et même à l’étranger, comme un véritable Messie, un « fils de l’homme » qu’il transpose lui-même dans le français local en « l’homme-là », comme le rapporte A. Y. Sawadogo[9] :

«  De retour au pays, il faut que j’observe « l’homme-là » de plus près, car c’est parce que je suis son conseiller que les gens se bousculent pour m’écouter ou pour me transmettre des messages pour lui ; cet homme-là, il ne doit pas être rien ! »

Le dernier chapitre de son livre relate du reste une prédiction formulée par un chef traditionnel (« les prophéties d’un prince »[10] :

Sankara, qui brille comme une étoile du matin, mourra avant de longues années. Sa mort sera inattedue, subite, « une mort rouge »  (ibid. p. 164)

A l’heure du bilan, les commentateurs politiques, économiques ou sociologues, n’ont pas manqué de souligner que l’entreprise de ces quelques années avait durablement mobilisé et transformé la société. Ainsi Hermut Asche, dans sa conclusion[11]  reconnaît que

malgré ces faiblesses stratégiques, d’une façon intuitive, spontanée, parfois désaxée, presque tous les éléments-clés d’un projet de société (sic) cohérent furent réunis dans l’après-1983… Le président Sankara  a initié :

-la réintroduction d’une certaine austérité bugétaire,

-une sorte de restauration de la moralité publique par des sactions à l’encontre des fonctionnaires,

(…)

-le grand projet de Réforme Agraire et Foncière

-l’initiative qui a débouché sur le Programme national de la Gestion des Terroirs villageois,

-(…)

-l’action un village – un poste de santé primaire

-l’association systématique des ONG aux programmes de développement, notamment en matière d’hydrolique, d’éducation et de santé

-les nombreuses actions en faveur des femmes qui, pour la première fois dans le pays, ont fourni l’esquisse de ce qui pourrait être une redistribution des rôles dans la famille et dans la vie professionnelle.

 

c- l’urgence responsable : il y a des priorités, le peuple ne peut pas attendre ; les chantiers sont multiples et immédiatement exécutés, voire dans l’improvisation. Dans ce contexte, l’intellectuel a des devoirs. Cette image apparaît tant dans les causeries du mardi que Bazié a données pendant deux ans, transcrites dans Chroniques du Burkina, que dans le journal L’Intrus. Ainsi,  l’écrivain recourt à la fonction métalinguistique du langage pour commenter sa propre démarche ; il pratique une méthode réflexive, qui donne un rôle programmatique à son écriture :

il nous revient maintenant que nous avons l’écriture et sommes conscients du rôle tampon que doit jouer l’Afrique au sein des nations, de nous engager à être responsables, totalement responsables.(Chroniques, p. 40).

Les articles du journal L’Intrus participent de ce bouillonnement et de cette volonté d’activisme militant, plus ou moins bien accepté d’ailleurs, mais nécessaire et finalement utile.Tous les thèmes osnt abordés : réforme des mentalités et des institutions, changements des moeurs et des statuts sociaux, application des principes radicaux du DOP. Des procès-verbaux sont exhibés, des témoignages sollicités, des textes de lois, des décrets, des circulaires (kiti, raabo, zatu) portés à la connaissance des populations et commentés sans ambages. Chacun doit avoir l’impression d’être pris dans le creuset d’un giganteste effort national, chacun emporté dans la vague de nouveautés qui va balayer le passé révolu et chacun se voit assigner un poste dans la bataille contre la misère : être un ancien colonisé, un laissé-pour-compte, voire un « valet de l’impérialisme », dans une terminologie largement inspirée du marxisme qui fleurit sous d’autres latitudes (Amérique du sud, Europe centrale), traduite également du nord-coréen ou de l’albanais, pays cités en exemple.

Les autres témoignages corroborent ces positions. Celui de Basile Guissou[12], qui reconnaît au peuple burkinabè la capacité à s’ «auto-ajuster » depuis son indépendance, sans avoir à regretter un « paradis perdu » qu’ils n’ont jamais connu, mais une capacité particulièrement stimulée par les impulsions de la révolution à « se servir des cerveaux pour nourrir les ventres » : [ce déclic libérateur]

c’est la Révolution, dans ses efforts pour lancer des réalisations impliquant directement les populations organisées sur leur terrain, qui l’a réussi (p. 155)

Le témoignage d’A.Y. Sawagogo, qui compare la Présidence à une ruche[13], insiste sur le mot d’ordre « produisons et consommons burkinabè », ce qui implique une discipline à laquelle se plient bon gré mal gré  les citoyens.[14]

2. La place du peuple au cœur de la société

Des définitions diverses du peuple fleurissent : celles de l’idéologie marxiste revue et corrigée par Cuba – et peut-être le Congo, l’Angola… Mais ce qui frappe sous la plume de Bazié, et du reste qui émerge des scories de l’histoire, c’est que les principes fondamentaux de cette ère nouvelle lient l’entité populaire à la personne de son libérateur:

A) Le peuple doit être guidé, instruit pour donner le meilleur de lui–même. Il faut d’abord l’éclairer, et pour cela, le libérer du joug de l’impérialisme. Le changement profond des mentalités constitue la nouveauté fondamentale, car le cadre politique, le support idéologique qui manquait est maintenant créé. Pour cela, les rencontres de sensibilisation, les séminaires de conscientisation, la popularisation du savoir devrait faire échec à la différence entre classes sociales. On combat l’impérialisme des grands puissances, mais aussi le pouvoir traditionnel, qui se traduit par la lutte contre la chefferie.

Cependant ceci est tempéré par la réflexion sur l’apport de la sagesse traditionnelle, et des hommes de culture comme Sékou Tall. On trouve des développements sur la généalogie de héros, l’étymologie d’un toponyme… à l’appui d’une

philosophie de l’optimisme débordant, du sourire téméraire dans le stoïcisme, [qui est] le caractère de l’Africain en général, du Burkinabè en particulier, qui aspire farouchement à la paix,

tant il est vrai que :

l’Afrique en général et le Burkina Faso en particulier croient au caractère intangible de l’interdépendance des peuples. (Chroniques, p. 42)

On ne répugne pas non plus à faire appel à la tradition du dakiré/ rakire, ou « plaisanterie parentale », qui consiste à agresser verbalement son voisin de façon quasi rituelle pour désamorcer les conflits ethniques[15]. Ainsi, c’est par l’intermédiaire d’un personnage (qui peut être Samo, car il existe une relation de parenté à plaisanterie entre Samo et Mossi, Gourounsi et Bissa, Gourmanché et Yarsé, Peul et Bobo) que se fait l’observation ponctuelle, empreinte de savoir-vivre en groupe.

Jean-Pierre Guingané[16] remarque  que le DOP préconise une culture engagée sur le plan social ; il souligne la rupture de ce discours d’avec les positions d’antan :

savoir vivre avec les masses, s’engager dans le mouvement populaire, partager les joies et les souffrances du Peuple, travailler et lutter avec lui, devrait constituer les préoccupations majeures de nos artistes.

Ce qui implique qu’on s’interroge sur

ce qu’est le peuple, quelles sont ses composantes, quelles sont ses aspirations profondes.

Ce dispositif a permis l’éclosion de talents « spontanés » relayés par une grande médiatisation, notamment pour la Semaine de la Culture ou les festivals, qui ont un temps été la vitrine de la révolution en marche et ont rendu sympathique l’intauration du nouveau régime aux yeux de la communauté internationale.

Parallèlement on trouve l’université populaire qui dispense le savoir à tous, censés être à égalité (utopie quasi fouriériste qui trouvé sa place dans l’école républicaine en France). La révolution pour le peuple, avec le peuple, par le peuple, proclame Sankara à l’ouverture des TPR le 3 janvier 1984″. Et ce fut la consécration d’une éducation citoyenne que le peuple marquait de son empreinte, et qui pouvait éclairer le peuple. Au passage, nous pouvons remarquer que cette revendication de Sankara[17] passe par le français sur lequel il s’est exprimé :

c’est en français que nous chantons l’Internationale, hymne des opprimés, des « damnés de la terre » (…) nous devons utiliser cette langue en conformité avec notre internationalisme militant.(p.173)

B) son guide est à son image. L’engagement en revanche doit être total et les proches du régime sont des servants dévoués d’un chef charismatique, se dépensant sans compter. Le désintéressement, que l’on mesure dans l’anecdote rapportée par A. Y. Sawadogo[18]  où un conseiller qui attend des indemnités – le régime précédent se servait copieusement, ce dont les TPR rendent compte –  reçoit 15 000F CFA, la sobriété, l’énergie du chef se doit d’être imitée. Certains l’ont payé de leur vie : ainsi lors du putch de Blaise Comparoré le 15 octobre 87,  un collègue de philosophie de l’Université de Ouagadougou, Patrice Zagré, un des fidèles, a trouvé la mort au Conseil de l’Entente tout proche du campus Universitaire.

Etre comme les plus pauvres, partager les souffrances du peuple, auprès duquel on fait figure de privilégiés, ressemble à l’idéal évangélique dont la référence est aussi marquée. L’hebdomadaire Carrefour africain (n° 764, p. 5) retient

la vibrante profession de foi du capitaine Thomas Sankara qui a la force de la conviction et de la passion.

Le messianisme du personnage apparaît d’ailleurs dans son discours. R. Banegas[19] parle même d’Etat théologien, dont le code moral est fondé sur le volontarisme (p.101), l’ascétisme (p. 102), la recherche de la pureté (p. 104), la rédemption (p. 105) et se rapproche du jacobinisme, en référence à la « mystique populiste » où le peuple est la valeur, l’instance suprême. (p.107). D’ailleurs fêtes et commémorations participent activement à la construction symbolique du nouvel ordre social et politique (p.115).

Un auteur allemand, Franz ANSPRENGER[20], reconnaît la hauteur de vue visionnaire de Sankara, pour sortir le pays du sous-développement

(…) après des années de catastrophes économiques à la chaîne dont plus personne n’attribuait la responsabilité à la sécheresse ou au colonialisme, enfin une nouvelle étoile, qui permettait de s’aligner  sur ses paroles, voire sur ses actes, et de laquelle on pouvait être fier ! », traduction d’Helmut Asche[21]

Bien sûr les Chroniques de Bazié, tout comme nombre de ses nouvelles et l’esprit dans lequel est conçu l’Intrus, tout vibrant de la présence et de l’inspiration du Guide, sont portés par la mission envers le Peuple.

3. le mode de communication : le style burkinabè « sans façon »

A- Parler au peuple, parler du peuple En adoptant un ton décontracté, en mettant en miroir les multiples actions menées en province et dans la capitale, en offrant l’image de la simplicité et de la fête, le journal, tout comme les nouvelles de Bazié offrent aussi un recueil de la philosophie qui sous-tend le mouvement sankariste. La rubrique que nous trouvons par exemple dans le numéro de l’Intrus 0064 du 27 août 1987, p. 3, s’intitule « Bilan critique 1987 à la présidence du Faso » (c’est le 4e anniversaire de la RDP). Si le contenu est assez obscur car faisant allusion à des luttes d’influence au sein des instances dirigeantes, le couplet moralisateur permet de recadrer les personnes égarées en rappelant les objectifs « populaires » :

la révolution, surtout la démocratique et populaire, prescrit la modestie et demande que l’on se mette au service des autres, c’est-à-dire au service des masses. L’Intrus pense que  qui peut le plus peut le moins. Qui peut éplucher de gros dossiers peut  aussi éplucher de la pomme de terre. (…)

le Patron a tranché le débat : il faut mobiliser, instaurer la solidarité à travers la lutte commune sur le front politique, économique et social. Il faut aller là où l’intérêt des masses le commande.

Bruno Jaffré[22], relatant en 1989 les événements qui ont porté l’enthousiasme populaire ou souligné ses colères, dresse un bilan positif, quoique contrasté, de l’oeuvre de Sankara préoccupé par la voix du peuple qu’il embrasse autant qu’il l’incarne. Les différents chapitres qu’il aborde sont : la politique de santé, l’éducation, la politique culturelle, la politique en direction de la femme, la révolution de la justice, la réforme agraire et foncière, la politique économique, la politique extérieure, les comités de défense de la révolution. Autant de domaines qui divisent l’opinion sur le gouvernement de Sankara, encore aujourd’hui. Il évoque en particulier l’institution ds CDR, l’instance la plus proche du peuple, installés dans les quartiers, contrôlant toute la vie politique puisque la politique pénètre au coeur de toutes les activités, les écoles, les administrations, le marché, les points stratégiques du pays (armée, douanes, péages, police). S’il faut reconnaître des aspects néfastes à leur fonctionnement, leur zèle souvent excessif qui a pu tourner à la délation et au règlement de comptes, ils n’en restent pas moins des moteurs de la démocratisation en profondeur. Ils ont ouvert la gestion des affaires publiques à des couches défavorisées de la population qui n’avait jamais eu accès à la vie politique : on assiste à une forme de démocratie directe qui connaît aujourd’hui un certain regain de popularité ![23]

Ce que l’on peut retenir, en prenant l’exemple le plus spectaculaire qu’ont constitué les Assises des TPR, c’est la tentative de rompre avec le cordon ombilical de la colonisation qui entrave encore presque tous les pays africains.

Les pratiques anciennes  en matière de justice en Afrique sont prises en compte mais en leur donnant un contenu populaire en en désaisissant la chefferie. Une démarche qui tente de rompre aussi avec l’hypocrisie qui règne dans les autres anciennes colonies. On y a importé le droit français méconnu par la grande masse de la population qui s’en remet encore la plupart du temps à la chefferie locale pour régler les conflits. Ce à quoi le Burkina Faso a tenté de mettre fin.[24]

 

B- La langue du peuple. En cela l’intellectuel populaire s’écarte du philosophe ou du penseur « classique » qui pense pour ou au dessus des autres et restitue à ceux qui peuvent le suivre le fruit de leurs cogitations ; le phénomène va à l’inverse : c’est du peuple que vient l’inspiration, du trésor des sources diverses expressions de la connaissance ou la richesse de l’expressivité dans les langues. Et c’est là qu’intervient l’utilisation d’une compétence commune aux peuples africains : le multilinguisme, corollaire de la multiculturalité – très développée mais un peu oublié dans les régimes des états modernes qui se permettent de légiférer en la matière : au Burkina Faso, même si le français est la langue officielle – pis-aller – les langues du terroir sont déclarées langues nationales.

Le multilinguisme – donnée sociolinguistique réaliste et incontournable de l’authenticité africaine – est présent par le recours aux citations, calques, emprunts et autonymes qui apparaissent comme autant de références culturelles :

N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur les raisons de la similitude dans le sens de la langue et de la pensée des peuplades en Afrique, lorsque par exemple le Bambara de Bélédougou (Mali) nomme son fils Gnama ou Sununkun, alors que cet enfant, au cœur du Burkina Faso, se verrait appeler Tampouré chez les Mossi, et Nguture au milieu Peulh ? […] deux noms donc similaires en leur contenu philosophique […] c’est la Terre. La signification : c’est le sens de la vieille et Sainte écriture. « Souviens-toi que tu as été poussière et que tu redeviendras poussière »[25]

Les textes de Bazié, nouvelles ou roman, témoignent de ce mode de transposition de la situation sociolinguistique, faite d’un continuum de langues (à l’instar de la chanson congolaise qui mêle des mots venus de partout). La communication « normale » use du code schwitching, c’est-à-dire d’une alternance codique entre les diverses langues vernaculaires (ethniques) et véhiculaires. Dont le français utilisé seul à l’écrit en l’absence d’habitude d’écriture en langues autochtones (une timide tentative existe au Sénégal et au Congo). Or le français parlé l’est à des degrés divers, du « petit-nègre/français » ou français « terre-à-terre », sans doute parce qu’il ne décolle pas, il reste, dirions-nous « au ras des pâquerettes » et ne permet pas d’exprimer de nobles aspirations et des pensées élevées, au « gros français » des élites qui se réfèrent à Senghor, qui, en tant que grammairien et académicien, reste le modèle  inégalable, élites qui ont quand même intérêt à ne pas chogobiter ou à employer trop de « gros-mots » comme le dénonce malicieusement le narrateur-héros de Allah n’est pas obligé, d’Ahmadou Kourouma.

 Dans le récit, on passe sans transition du langage soutenu à une syntaxe simplifiée, reflet de la véhicularisation de français, popularisée par les « paweogo »- dont le film du même nom- petit-français dont les traducteurs de Sozaboy de Ken Saro Wiwa usent largement.

Enfin la composante cinématographique (FESPACO), produit populaire et vigoureux, dont la Révolution fait son étendard culturel, a accentué l’effet de continuum linguistique puisque les langues sont aussi à voir, à diffuser et à juxtaposer au lieu de les subordonner.

La fiction est de faire tenir en français aux personnages les discours entre protagonistes des récits ; c’est aussi le signe que l’important n’est pas dans la retranscription des discours, mais dans la manière dont ils se déroulent.  Comme nombre d’écrivains francophones, condamnés à « penser la langue », l’auteur manifeste une « surconscience » linguistique comme le dit Lise Gauvain[26], dans son effort pour faire entendre une voix propre dans la « langue de l’autre » (titre de Soubias[27], 1999) dans des conditions particulières, souvent de diglossie, qui impliquent une « stratégie de détour » (L. Gauvain, op. cit. p. 15) et sollicitent la complicité de son lectorat.

 

Conclusion :

Jean-Hubert Bazié, dans la multiplicité de ses écrits, ne cache pas le souci didactique qui l’anime, que ce soit dans les Chroniques du Burkina[28], journal romancé des étapes de la révolution burkinabè (cf. Prignitz[29], 2001) – nous abrégeons le titre en Chroniques :

Ces 22 Chroniques ont été diffusées sur les antennes de radio-Burkina, de février à octobre 1985. Puissent-elles par cette édition, contribuer à faire connaître et apprécier davantage le peuple burkinabè dans sa lutte quotidienne et courageuse pour un avenir meilleur ! (en exergue au tome 1)

ou dans les nouvelles réunies en 1988 sous le titre de Lomboro de Bourasso, qui en comporte trois : le titre du recueil, « Mademoiselle-tout-le-monde » et « Les deux dents », dédiées

A tous les enseignants aux prises avec les vérités de la vie quotidienne… (épigraphe au volume)

et désignées comme provincialismes.

J.-H. Bazié adopte  le mode d’expression « populaire », ce qui rencontre une problématique qui reste actuelle : celle de l’intellectuel qui sait manier un français académique mais qui fait le choix de la variété marquée par l’oralité. Cette « orature », pour reprendre un concept de Claude Hagège, s’exprime de deux façons :

        par le biais de la parole africaine, caractérisée par le recours aux proverbes, aux mythes, aux genres du conte et de la chanson, à une construction rhétorique inspirée de la dialectique de la palabre (cf. études de Paré Joseph)

        par le rythme et la syntaxe de l’oral, voire la coloration « argotique » (Prignitz, 1996) d’un vocabulaire de connivence.

Eric B. Benon, étudiant plus particulièrement la troupe théâtrale, souligne que

le recours à la langue française favorise la rencontre et la fédération d’éléments culturels puisés dans des réalités ethniques fort contrastées (1999, p.114).

Lisant en français ces oeuvres qui nous parlent du peuple burkinabè, on ne peut qu’en partager les aspirations, qui aussi celles des peuples lorsqu’ils sont exaltés par des chantres, aèdes, bardes, ou griots engagés – tel Jean-Hubert Bazié.

Œuvres de Jean-Hubert Bazié étudiées :

Chroniques : Chronique du Burkina, tome 1, imprimerie de la direction générale de la presse écrite, Ouagadougou, juin 1985.

Chroniques du Burkina tome 2, janvier 1986.

Lomboro de B., Lomboro de Bourasso, recueil de trois nouvelles, imprimerie nationale, Ouagadougou, dépôt légal septembre 1988.

Zaka : Zaka, « La Maison », roman, n° d’édition CLA 0020 BBDA du 23/10/91, Imprimerie centrale de Ouagadougou, décembre 1989.

 

Références

ANSPRENGER, Franz, Politische Geschichte Afrikas im 20. Jahrhundert, Verlag Beck, Munchen, 1992.

ASCHE, Helmut, Le Burkina Faso contemporain : l’expérience d’un autodéveloppement, Bibliothèque du dév., l’Harmattan

BADINI, Amadé, 1996, « Les relations de parenté à plaisanterie : élément des mécanismes de régulation sociale et principe de résolution des conflits sociaux au Burkina Faso », in Otayek-Sawadogo-Guingane, dir., Le Burkina entre révolution et démocratie (1983-1993), Karthala, p.101-116

BAMOUNI, Babou Paulin, Burkina Faso, processus de la révolution, Paris : l’Harmattan, 1986.

Banégas, Richard, Insurrections populaires et révolution au Burkina Faso, I.E.P. Bordeaux, 1993, 148 p.

BARROT, Pierre & Drame, Seydou, Bill l’espiègle, ou l’extraordinaire aventure d’une pompe à eau en Afrique, éd. Lieu commun, Paris, Edima, 1993, 256 p. [Bill]

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Journaux :

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L’Intrus, « L’hedomadaire burkinabè de la révélation et du rire », du numéro 0000, du vendredi 20 juin 1986 au n° 0075 du 9 octobre 1987.

 

 


 

[1]             ce que traduit l’enthousiasme de la fête présente dans le périple de l’héroïne des Chroniques, Pauline, à travers le Burkina, sur les pas des autorités parcourant le pays en tous sens.

[2]          Banégas, Richard, Insurrections populaires et révolution au Burkina Faso, I.E.P. Bordeaux, 1993

[3]             Les malins malins ! A bas ! (Chroniques p. 32)

           La terre est à ceux qui la travaillent. Le propriétaire de la terre c’est le Faso et non plus quelques individus. (Chroniques p. 31)

[4]          Prignitz, Gisèle, 1996, « Rhétorique révolutionnaire pendant les années Sankara au Burkina Faso », table-ronde organisée par le groupe GIRAF en novembre 1995, Pau : UPPA, p. 65-82

[5]          SAWADOGO, Alfred Yambangba, Le président Thomas Sankara, Chef de la révolution burkinabè : 1983-1987, Portrait, l’Harmattan, 2001

[6]             Ainsi en légende d’une photo  p. 5 dans le n° 0075 du 9 octobre 1987, L’intrus montre Sankara quelques jours avant sa mort le 15 octobre.

[7]             Mot d’origine ghanéenne qui se retrouve sous la plume de Bazié dans les Chroniques, p. 64 « Tom a dit qu’il n’aime pas la magouille, le kalabulè et le vol. « 

[8]          Le premier ministère, alias la Primature, sera supprimé le 23 mai 1983, après l’arrestation de Sankara, qui reprendra le pouvoir en août, à la faveur d’un coup d’Etat, avec l’aide de Blaise Compaoré (actuel président du B.F.).

[9]             op.cit., p. 44

[10]           Ibid.,  p. 161 à 165

[11]              ASCHE, Helmut, Le Burkina Faso contemporain : l’expérience d’un autodéveloppement, Bibliothèque du dév., l’Harmattan, p. 256-257

[12]           Guissou, Basile, Burkina Faso, un espoir pour l’Afrique, Paris : L’Harmattan, Points de vue concrets,  1995, p. 155)

[13]           op. cit., p. 50

[14]           op. cit. In chapitre intitulé ‘ Un costume local baptisé « Sankara arrive »’, p. 93 à 100.

[15]           Voir Badini, 1996,  op.cit.

[16]           Guingane, Jean-Pierre, « Les politiques cuklturelles, une esquisse de bilan (1960-1993) », in R. Otayeck, F. M. Sawadogo & J.-P. Guingane (dir), Le Burkina entre révolution et démocratie (1983-1993), Paris : Karthala, 1996, p. 82.

[17]           SANKARA, Thomas, « Oser inventer l’avenir », la parole de Sankara », présenté par David Gazunki, Paris, Pathfinder & l’Harmattan, 1991, 290 p.

[18]           Sawadogo, op.cit, p. 40

[19]           Banegas, op. cit.

[20]        ANSPRENGER, Franz, Politische Geschichte Afrikas im 20. Jahrhundert, Verlag Beck, Munchen, 1992, p. 104.

[21]           op. cit., p. 259.

[22]        Jaffré, Bruno, Burkina Faso, les années Sankara : de la révolution à la rectification, Paris : l’Harmattan, 1989 (p.79-196).

[23]           Jaffré, ibid. p.189-193.

[24]        Ibid., p. 126.

[25]           Bazié, Chroniques, II, p.40

[26]        GAUVAIN, Lise, 1999, « Ecriture, surconscience et plurilinguisme : une poétique de l’errance », in Ch. Albert, Francophonies et identités culturelles, Kartala, p.13-29.

[27]        op.cit.Soubias, Pierre, 1999, « Entre langue de l’autre et langue à soi », in Albert, Christiane (sous la direction de) Francophonie et identités culturelles, Karthala, p. 119-135.

[28]           A travers le regard d’une jeune héroïne peul venue à la capitale, le roman passe en revue les acquis de la révolution burkinabè dont le panégyrique se déroule sur le mode de l’enthousiasme sankariste des années 1984-1987. Elles ont été diffusées lors d’une série d’émissions de radio en 1985.

[29]       Prignitz, Gisèle, 2001a, Une écriture « populaire » au service d’une cause révolutionnaire : les Chroniques du Burkina, de J.-H. Bazié, colloque Apela : le sujet de l’écriture africaine, sep. 1999, D. Delas et P. Soubias (eds), Toulouse, PUM, p. 74-82.

1 commentaire

  1. > « Une figure d’intellectuel populaire dans la révolution sankariste au Burkina Faso » de Gisèle Prignitz
    je n’interviens pas sur le fonds mais je voudrais exprimer toute ma satisfaction de lire cet article de Mme Prignitz mon ancien professeur a l’université de ouaga je vois qu’elle reste fidele a ce qu’elle a vécu. je tiens a le dire car je connais beaucoup qui n’ont meme pas la decence de la gratitude de ce qu’ils ont recu ou vu au burkina ils n’ont meme pas le courage de temoigner objectivement Merci
    somé

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