Union des partis sankaristes : « Les fantômes de nos morts hanteront nuit et jour les criminels »

mardi 4 septembre 2007.

 

Le dimanche 2 septembre dernier, l’Union des partis sankaristes (UPS) est allée prêter main-forte aux « femmes en noir » dans leur pèlerinage mensuel sur la tombe de Norbert Zongo au cimetière de Gounghin. Voici la déclaration qu’elle y a lu et qu’elle nous a fait parvenir.

Pour la nième fois, vous femmes ; vous, nos sœurs ; vous, nos mères éplorées, éprises de paix, de vérité, de justice, vous femmes en lutte, dignes de respect, vous commémorez chaque 1er dimanche du mois, ici, au cimetière de Gounghin, sur les tombes de Norbert Zongo et de ses compagnons d’infortune, au nom de tous les morts dont le souvenir réclame vérité et justice, le refus de l’oubli, en réclamant à cor et à cri que la lumière soit faite sur la mort de vos maris, de vos frères, de vos enfants, bref, de Burkinabè qui méritaient le droit de vivre.

En ce premier dimanche de septembre 2007, en prélude à ce mois béni du Ramadan pour le carême musulman, l’Union des Partis Sankaristes (UPS) joint son cri du cœur au vôtre, vous, femmes en noir du Faso, pour exiger vérité et justice pour les crimes de sang non encore élucidés.

 

Femmes en noir, Militantes et militants de l’UPS, Peuple du Burkina,

Depuis 1982, Blaise est à la page

L’UPS, héritière et continuatrice de la Révolution d’août 1983, sous la direction du capitaine Thomas Sankara, est aussi touchée par la folie meurtrière de la violence en politique.

C’est pourquoi, en prélude à la célébration des 20 ans de l’assassinat du président Thomas Sankara et de ses compagnons, et avec eux tous les autres tués par la Rectification, avec le massacre de Koudougou, de l’assassinat de Guillaume Sessouma et toutes les autres victimes, l’UPS qui mène le même combat que les femmes en noir, réclame et exige du pouvoir de Blaise Compaoré que la lumière soit faite sur les crimes de sang survenus au Burkina Faso.

Peuple du Burkina Faso, les Sankaristes que nous sommes, pour avoir géré le pouvoir d’Etat, reconnaissons les erreurs et les fautes de notre époque. Mais l’UPS refuse qu’autrui batte sa coulpe sur notre poitrine. Les faits sont clairs et parlent d’eux-mêmes.

Le collège de sages dans son rapport de mai 1999 a stigmatisé la violence en politique dans notre pays, violence qui a eu son point culminant sous la rectification du capitaine Blaise Compaoré.

Si les origines de la violence, selon le Rapport du Collège de sages, remontent à 1982, il faut admettre que depuis 1982, si un acteur est toujours à la page, c’est Blaise Compaoré.

Ce qui veut dire que les crimes sous la RDP, s’ils étaient les faits de Thomas Sankara, auraient cessé en 1987, sinon que les victimes après 1987 seraient les héros déchus le 15 octobre 1987.

Mais hélas, même ceux qui ont aidé la rectification à pousser ont été dévorés par le monstre, et on cite à se perdre : Lingani Jean-Baptiste, Zongo Henri, Zizien, Koundaba, Oumarou Clément, Gaspard Somé, Zouma Ouédraogo dit Otis, etc. Est-ce Thomas Sankara, depuis sa tombe de Dagnoën, qui les a faits ? A qui profite le crime ?

20 ans de forfaiture

Parlant des crimes sous la RDP, dès lors que le n° 1 est mort, que le n° 2 ! QUI était le n°2 sous la RDP, quitte alors à nous Sankaristes, de répondre collégialement avec le n° 2 devenu n°1 depuis 20 ans de forfaiture.

Que personne ne se méprenne, car si les crimes étaient estampillés Thomas Sankara, le régime actuel n’aurait pas gardé sous silence de tels secrets. C’est en toute sincérité que l’UPS se solidarise avec les femmes en noir et toutes les victimes pour exiger, loin de la folie meurtrière des bourreaux, dans la sérénité, la lumière sur les crimes qui se sont abattus sur notre pays, depuis le Lieutenant Colonel Nézien Badembié Pierre Claver le 9 novembre 1982 jusqu’aux suppliciés de Bèla, 25 ans après.

L’UPS invite les Sankaristes, ceux épris de justice, tous les humains qui refusent la barbarie, à soutenir l’œuvre des femmes en noir et à faire du 20e anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara, un moment intense, en répondant massivement aux manifestations prévues à cet effet.

Ni les tanties amnésiques de la souffrance de leurs coépouses, ni la jeunesse abaissée, toutes moins méritantes que le lionceau médaillé du Parc animalier ne sauront couvrir à travers leurs « djandjobas et méga-concerts » les crimes restés cachés depuis un quart de siècle, et la misère d’une jeunesse studieuse au chômage croissant et chronique.

Nous insistons pour dire que si les victimes doivent pardonner, il n’en demeure pas moins qu’elles ont droit à la vérité et à la justice, conformément aux propos des responsables de l’Eglise catholique burkinabé.

Que Dieu Tout-Puissant nous guide sur le chemin de la Lumière ! Que nos pénitences fassent triompher la justice des hommes dans l’esprit de ce que Dieu a prescrit. Que nos morts reposent en paix après vérité et justice sur les crimes. Sinon leurs fantômes hanteront nuit et jour les criminels et leurs commanditaires que l’histoire rattrapera un jour.

Pour la Coordination de l’UPS, P/O, Le coprésident, Jean-Hubert Bazié

 

Source : L’Observateur http://www.lobservateur.bf

 

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