Près de 600 jeunes sont partis durant la révolution à Cuba envoyés par le Conseil National de la Révolution afin d’acquérir une formation professionnelle. Mais on sait peu de choses sur cette expérience. Peu d’anciens de Cuba ont raconté leur vécu. C’est pourtant un exemple très concret de la solidarité de Cuba avec l’Afrique, en plus de l’intervention de ce pays aux côtés des pays sur la ligne du front avec l’apartheid. C’est pour palier ce manque que nous avons voulu interviewer l’un d’entre eux, M.Salifou Sana. Nous le remercions d’avoir bien voulu répondre à nos questions.

La rédaction


Question : Vous êtes parti à Cuba en quelle année ?

Salifou Sana : En 1986, plus précisément dans la première quinzaine de septembre. Cette date coïncide avec la veille du début de l’année scolaire.

Comment vous a été présenté ce projet ?

Salifou. S. : Premièrement, l’envoi de jeunes burkinabé à Cuba a été vu comme une opportunité offerte par la Révolution Démocratique et Populaire (RDP) aux orphelins et fils de pauvres. Une telle vision s’y prête à cause de la situation de sous-développement que vivait le pays.

Pourquoi étiez-vous volontaire ?

Salifou. S. : Comme je l’ai déjà dit, à cause du chômage et donc, de la pauvreté. A cette période, c’était réellement un privilège d’aller à l’école, mais surtout de pouvoir accéder au secondaire quand on était de parent pauvre, ayant ou n’ayant pas réussi ses passages aux différentes épreuves au CEP et à l’entrée en 6ème. C’est dans ce contexte académique plus ou moins général qu’intervient les bourses cubaines.

Quels étaient les critères de choix des jeunes qui sont partis ?

Salifou. S. : Très simple : être en classe de CM2, de couche sociale modeste et être volontaire. Bien entendu, cela sous-entendait l’accord des parents.

Combien sont partis en tout ?

Salifou. S. : Environ 600 jeunes burkinabés entre garçons et filles d’âge compris entre 13 et 16 ans tout au plus.

Y a –t-il eu une sélection au Burkina ou bien tous les volontaires ont-ils pu partir ?

Salifou. S. : Bien sûr qu’il y a eu sélection. Elle a été à base des critères déjà mentionnés sur l’orphelinat, la pauvreté. Toutes il y a des provinces où ces critères n’ont pas suffi. Ce qui a poussé à des tirs au sort ou des tests de sélections. Sinon, l’effectif de 600 enfants ne suffisait pas pour emmener tous les enfants de pauvres du Burkina (volontaires) à Cuba.

Que saviez-vous de Cuba avant d’y aller ?

Salifou. S. : Pratiquement rien : que c’était un pays révolutionnaire avec dix millions d’habitants ; que c’était un pays où nos grands-parents ont étés emportés dans le cadre de l’esclavage. Et ensuite, c’est les rumeurs sur les buts et les objectifs de notre allée. Je me rappelle que certains voyaient dans les spécialités qui nous étaient réservées, une certaine condescendance.

 

Vous voulez dire que certains pensaient que l’on allait vous former sur des professions de seconds ordres ?

Salifou. S. : Oui.

Vous rappelez vous le discours de départ du Burkina ? Le discours d’accueil des cubains ?

Salifou. S. : Je crois que l’enthousiasme ne m’a rien laissé au passage. Je me rappelle seulement de la consigne tellement répétée qui était de former des cadres techniques politiquement et idéologiquement compétents au bénéfice du peuple burkinabé et de sa révolution le CNR.

Comment avez-vous été accueilli ? Étiez-vous logés entre burkinabé ou avec des jeunes d’autres pays ? Des cubains ? Quelles autres nationalités ?

Salifou. S. : Pour ma part, nous avions été bien accueillis même s’il faut reconnaitre que notre insertion, côté alimentaire surtout, n’a pas été facile pour la plupart des 600 enfants Burkinabé. Nous avons été logés dans un établissement des « ESBEC » qui est un style d’établissement éducationnel basé en campagne. Nous y menions nos activités académiques qui incluent les études et quelques heures d’activité champêtres. Une fois dans la petite île appelée « L’ÎLE DE LA JEUNESSE » c’est LA ESBEC 37 Rodolfo Carballosa Gutierrez qui a accueilli les enfants Burkinabé.

photo Serge Bonneton

Vous étiez entre burkinabè ou bien mélangés avec d’autres nationalités ?

Salifou. S. : Nous étions tous des élèves burkinabés. Nos encadreurs étaient burkinabés et cubains. Mais nous n’étions pas dans un camp mais dans une école basée au champ. Ainsi, nous avions des heures d’études et 4 heures de travail au champ. Effectivement, nous étions libres de nos mouvements et nous rencontrions bien des jeunes d’autres pays comme les angolais, des mozambicains, des maliens, des congolais, des sahraoui, des ghanéens, des nicaraguayens, des capverdiens et j’en passe.

Quelles ont été vos premières impressions ?

Salifou. S. : Le processus d’adaptation n’a duré que quelques semaines. Comme je le disais, l’adaptation n’a pas été facile surtout côté alimentaire. Nous avons été soumis à des visites et traitements médicaux dont les effets secondaires n’ont pas été faciles pour la majorité. Peut-être à cause du fait que nous étions tous adolescents, éloignés de la famille et du pays, donc en face à des réalités différentes. Je me rappelle comme si c’était hier, pendant cette période, j’ai même calculé le nombre de seconde que nous avions à faire à Cuba sur les 6 ans.

Mais vous étiez volontaire ? Vous avez sous-estimé à quel point votre famille vous manquerait c’est ça ? Vos parents étaient contents que vous partiez ?

Salifou. S. : Pourquoi pas ? C’était une réelle opportunité pour la majorité d’entre nous dont la déscolarisation menaçait après la classe de CM2 au cas l’on n’arrivait pas à franchir le cap de l’entrée en 6ème et si les parents n’arrivaient pas à honorer les frais de scolarité. Et imaginez-vous bien qu’il s’agit d’orphelins et des enfants des couches modestes.

Précisez ce que veut dire les effets secondaires des traitements médicaux ?

Salifou. S. : Peut-être pour une question d’insertion sociale, à notre arrivée les cubains ont entrepris de nous faire des visites médicales après quoi il y a eu aussi du déparasitage pour certains, de la chirurgie et bien d’autres traitements selon chacun.

photo Serge Bonneton

Quelle formation avez-vous suivi ? L’enseignement était-il adapté aux besoins de votre pays ?

Salifou. S. : A l’issue de cette formation qui a duré sept ans, je suis devenu technicien supérieur en maintenance électrique. Une formation et un diplôme qui n’a pas eu l’accueil mérité dans notre pays. Avant notre retour effectif, une calomnie diligentée à propos, nous a devancé sans même que nous ayons démontré nos capacité techniques. Cette calomnie commanditée par le pouvoir assassin de la révolution a agi à ternir notre image, celle de la formation subie et peut-être aussi l’image de la RDP qui en était à la base.

Mais 7 ans de formation c’est énorme ? C’était un formation de niveau ingénieur ? Pourquoi était-ce si long ?

Salifou. S. : Si vous tenez compte que nous avions le niveau de CM2, je pense que ce n’est pas long que ça. Je suis revenu avec un niveau de technicien supérieur en maintenance électrique.

Avez-vous eu aussi des formations idéologiques ?

Salifou. S. : Sans équivoque. Nous avons été envoyés par la RDP avec l’objectif de « former », comme nos encadreurs aimaient à le souligner, « … des cadres politiques, idéologiquement et techniquement compétents » au bénéfice du CNR. Mais les spécialisations que nous avons suivies, ne sont pas de la Révolution, sinon du Front Populaire qui a fini par trahir les engagements pris à notre égard.

Sur ce point, nous pensons tout simplement que si les autorités du Front populaire ont pris la responsabilité de nous orienter dans des filières qu’ils estimaient nécessaires pour le pays, cette décision devait être suivie d’un embauche garanti. Cela se déduit comme une obligation morale. Au cas contraire, il fallait tout simplement laisser chacun choisir sa spécialité afin de se débrouiller conséquemment une fois au pays.

Donc, si je puis dire que l’enseignement académique était inévitablement compatible aux besoins du Burkina Faso, je ne saurai dire la même chose dès le point de vue politique : la RDP et ses leaders assassinés, il va s’en dire que la formation politique et idéologique révolutionnaire que nous avons en partie vécue, n’était plus à l’ordre du jour. Ce qui sans doute justifie la maltraitance et la négligence que nous avons durement souffert étant même à Cuba avec l’assassinat du Capitaine Thomas Sankara et ici quand nous sommes rentrés après avoir fini notre formation académique.

Vous dites que la formation politique n’était pas en adéquation avec les dirigeant du Front Populaire. Bien sur ? Mais la formation politique devait être générale, j’image des cours sur le marxisme léninisme, la révolution cubaine, l’impérialisme ? Était-ce adapté ou bien n’en sentiez pas l’intérêt ?

Salifou. S. : A cette période, les autorités du Front populaire déclaraient toujours poursuivre la révolution même si cela n’était un leurre pour les plus avisés. La réalité nous l’avons vécu au jour le jour. Après tout, les autorités du Front n’étaient-ils pas en parti les artisans de notre départ pour Cuba ? Donc l’implication morale de ces autorités sur notre sort est irréfutable à notre avis.

D’autre part, il faut souligner que les spécialités choisies l’ensemble des 600 enfants burkinabé formé à Cuba, sont en correspondance des sollicitations faites par les dirigeants du pays. Et une fois fini la formation, nous avons étés ingratement et inhumainement ignorés et exclus.

Combien cela devait-il durer?

Salifou. S. : J’y suis resté durant sept ans (1986-1993) et cet intervalle concerne la majorité. Certains sont revenus en 1992 pendant que d’autres y sont restés encore pour presque une décennie de plus pour accroitre le niveau de formation professionnelle.

Pour quoi cette différence de durée ? Mais comment s’effectuaient les retours ? Qui décidait ? C’était selon la volonté des jeunes ou bien de Cuba, du Front Populaire ? Les jeunes pouvaient-ils rentrer dès qu’ils le voulaient ? Qui payaient le rapatriement ? Quels ont été vos rapports avec les nouvelles autorités de l’ambassade du Burkina ? Quels discours vous tenaient les représentants du Front populaire ? Certains sont-ils restés définitivement à Cuba ? Ont-ils été enrôlés pour combattre aux côtés des troupes cubaines en Afrique ?

Salifou. S. : Non, il n’y a pas eu d’enrôlement pour combattre en Afrique. D’autres sont restés, peut-être par des procédures informelles et sont ensuite allés dans d’autres pays selon…. La différence de durée était due aux offres faites par les Cubains aux élèves de bonnes moyennes académiques, d’âge acceptable et qui voudraient continuer les études sur le territoire cubain. Du reste, je ne maîtrise pas la question de celui qui payait les rapatriements. Mais tout élève qui avait fini son cursus pouvait rentrer. Toutes les conditions semblaient bien prises de parts et d’autres pour cela.

Avez-vous rencontré lors de leur formation à Cuba Ernest Nongma Ouédraogo et Vincent Sigué ?

Salifou. S. : Pour Vincent Sigué, je ne crois pas. Quand à Ernest Nongma, il fut le dernier dignitaire de la RDP à nous rendre visite à Cuba après plusieurs comme le même Thomas Sankara. Plus précisément, c’est lors de la visite de Nongma et du Haut commissaire de la Tapoa, du nom de Kalifara (si je me rappelle bien) que le coup d’État de la trahison est intervenu le 15 Oct. 1987.

Nongma est rentré au Burkina 15 jours avant le 15 octobre je crois.

Salifou. S. : Si ma mémoire es bonne, il a usé de tout son courage pour rejoindre pays, pour le fait que le bouleversement l’a surpris quand il était à cheval entre Cuba et le Burkina.

Le 15 octobre 1987, vous étiez là-bas ? Comment la nouvelle de l’assassinat a été reçu ? Par les burkinabés, par les cubains qui vous encadraient ?

Salifou. S. : Bien sûr, nous étions à Cuba, quand l’ambassadeur de Cuba au Burkina (en congé à Cuba) a eu le devoir de nous en informer. Je me rappelle bien de ce sombre jeudi soir à 16 heures. Vu la confusion politique que cela a créé, nos encadreurs burkinabé ont tenu de nous consoler, de sorte à éviter le désespoir, la réprobation et l’incompréhension qui se faisaient déjà sentir. Leur démarche était quelque peu influencée par les consignes venant des nouveaux ténors du pouvoir. De même, partant des instructions du pays, nous avons étés prématurément divisés selon les oppositions politiques au pays.

Mais l’ambassadeur de Cuba d’alors était un cousin de Sankara, je crois Vincent Ouedraogo et lui avait fait des déclarations hostiles au Front Populaire non ?

Salifou. S. : Nous étions toujours un peu trop jeunes. Nous avons seulement constaté qu’il a été contraint à l’exil et je ne sais où.

Aviez-vous terminé votre formation ?

Salifou. S. : Non, cela faisait seulement presqu’une année que nous sommes à Cuba.

Je veux dire lorsque vous êtes rentré. La formation a donc continué après la mort de Sankara ? Rien n’a changé pour vous là-bas ?

Salifou. S. : Oui, la formation a continué mais avec des modifications portées sur la formation politique et idéologique ainsi que sur la préparation militaire. Ces deux matières ont tout simplement été annulées. En preuve, il y a les spécialisations qui en sont assorties.

Que s’est-il passé après le 15 octobre à Cuba?

Salifou. S. : Après le 15 Octobre 1987 ; après l’avortement du CNR et de l’assassinat de Thomas Sankara, c’est notre chemin de croix dans l’abandon quasi total que nous avons durement souffert jusqu’à notre retour en 1993. Ceux qui sont restés après, ont encore plus souffert de cette démission criminelle des renégats de la Révolutions qui s’entrebattaient. S’il y a eu amélioration, c’est bien après. Mais au finish, tous avons fini notre formation professionnelle, mais dans les conditions d’un pays du tiers monde, sous embargo économique, commerciale, politique et diplomatique qu’est Cuba. Pour motif, certains de nous en sont sortis ingénieurs et avec des masters en santé animal, en électronique et dans bien d’autres spécialités bien indispensables pour un pays comme le Burkina Faso. Mais que nos autorités commettent le crime de ne pas rentabiliser pour le bien du peuple burkinabé.

Vous êtes rentrés au Burkina à quel moment ?

Salifou. S. : En 1992 pour certains, 1993 pour d’autres et après les autres jusqu’en 2003.

Comment avez-vous été accueilli par le nouveau pouvoir ?

Salifou. S. : Quel regret ; avec négligence, avec peur et ingratitude. Compte tenu de son origine traitresse et sa nature démagogique, nous avons étés accueillis avec des promesses d’insertion sociale par embauche (selon nos spécialisations). Mais jusqu’à nos jours, près de quatre cents 400 (des 600 qui constituaient l’effectif) peinent toujours dans le chômage.

Vous pouvez préciser ? Avec des faits ? On vous accueillait officiellement ou bien on vous ignorait complètement sans même que vous sachiez à qui vous adresser ?

Salifou. S. : Il y avait bien à qui s’adresser pour régler d’éventuels problèmes. Mais comment ? Tenez-vous bien qu’avant les promesses d’embauche non tenues, des rumeurs ont été répandues de sorte à vilipender les formations professionnelles reçues. Ensuite nous avons assumé les frais de transport pour rentrer chez nos parents, grâce à seulement trente mille francs qui ont été remis à chacun, après sept ans passés hors du pays avec le statu d’élèves que nous étions.

Avez-vous pu trouver du travail dans la spécialité à laquelle vous étiez formé ?

Salifou. S. : Non. La majorité continue de souffrir de cette démission de la République post-révolutionnaire.

Mais certains ont-ils pu créer de petites entreprises ?

Salifou. S. : Bien sûr, à des différents niveaux et par des canaux aussi différents. Pour préciser que certains y sont arrivés parce que leurs parents y étaient déjà et d’autres par leur propres efforts. Mais il faut souligner que cette alternative intervient, en majorité à titre palliatif. C’est-à-dire, pour combler le vide alarmant créé par le chômage que souffrent toujours la plupart d’entre nous.

Pouvez nous dire ce que sont devenus ceux avec qui vous êtes restés en contact ?

Salifou. S. : Comme je vous l’ai déjà dit, beaucoup se débrouille. Et nous souffrons douloureusement des séquelles de cette démission de l’Etat burkinabé. D’autres sont devenus fous. Tout cela, en grande partie à cause des atrocités psychologiques et morales subies dont les responsables actuels sont coupables.

Vous pouvez préciser les atrocités psychologiques et morales dont vous parlez?

Salifou. S. : Il faut comprendre par atrocités psychologiques, les effets négatifs causé par la désillusion face au vide de l’emploi. La décrépitude morale et désolation sociale sont évidentes sur ce point. Surtout quand on sait beaucoup de nos camarades, compte de leur statut dans un pays comme le Burkina Faso, devaient faire face à des attentes de leurs parents sans oublier les leurs propres.

Est-ce que vous vous retrouvez de temps en temps ?

Salifou. S. : Nos intentions et tentatives de nous rencontrer ont toujours étés vivement nourries. Mais les difficultés qui nous ont été infligées vont au-delà de toutes les imaginations possibles et la majorité toujours en chômage « se cherchent » sous les fouets de la réalité dramatique d’un pays sous-développé comme le Burkina Faso.

photo Serge Bonneton

Vous étaient-ils possible de rester à Cuba ? D’aller dans un autre pays ?

Salifou. S. : Au respect des closes entre les deux États du Burkina et Cuba, une telle perspective était exclue, mais néanmoins elle n’a pas pu l’être entièrement.

Cela veut dire que certains sont restés ? D’autres ont été dans d’autres pays semble-t-il ? A titre d’exemple vous deviez avoir des amis proches là-bas ? Que sont-ils devenus. ? Vous-même comment vivez-vous ? Avez-vous un emploi ?

Salifou. S. : Oui, je ne chôme pas. Comme on dit ici, « je me débrouille ». Mais j’écris aussi comme je vous l’avais dis entre temps. Au total c’est le quatrième manuscrit que j’essaye de concrétiser. Seulement les voies pour voire ses écrits édités ne sont pas faciles. Mon premier titre, c’est « la cause de la crise culturelle en Afrique ». Il est édité dans des conditions pénibles, rien que pour cent exemplaires. Le second c’est sur Sankara que j’ai eu la chance de vous le faire feuilleter lors du symposium, à l’occasion du vingtième anniversaire de l’assassinat de THOMAS. La troisième œuvre c’est « l’Anti-grégarisme africain…. » dont j’attends quelques cinquante exemplaires d’ici la fin de ce mois de mars 2012. Actuellement, j’ai une que je m’efforce de terminer. Je profit de l’occasion pour invoquer le sponsorat afin que mes idées soient entendues. Je vous assure que tous ces écrits sont dépourvus de stéréotype. Songez-y.

Avec le recul, que retirez-vous de cette expérience ?

Salifou. S. : Avec le recul, je trouve que les bourses cubaines ont été une aubaine pour le Burkina Faso et son peuple, dans la mesure qu’elles ont permis tant peu soit-il d’instruire et de donner des perspectives à 600 jeunes burkinabé. Mais il est amère de constater qu’une telle analyse ne peut pas être dégagée de l’attitude de la République qui a fait déchoir la révolution. Le Front populaire, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas eu le scrupule de faire profiter le peuple burkinabé des fruits de ses efforts fournis dans production des techniciens que nous sommes tous sortis, dans tous les domaines du développement social. La quatrième république a tout simplement déshonoré à son engagement à notre égard, pour des intérêts politiques partisans. L’histoire apportera son jugement !

Que pensez-vous de la révolution cubaine ?

Salifou. S. : C’est une révolution glorieuse, noble, juste, qui mérite d’être menée dans tout pays sous le joug de l’impérialisme. Elle est un exemple d’humanisme, d’engagement et de justice sociale. Enfin un exemple de fraternité et d’aide entre les peuples. Quelle vive encore, encore et encore !

photo Serge Bonneton

Aujourd’hui, vous êtes engagés en politique ? Dans une association ?

Salifou. S. : Partant de tout ce qui est dit, nous avons un compromis avec l’histoire, avec la RDP et avec Thomas Sankara dont les progénitures sont actuellement expatriées à cause de l’amour patriotique et africain qu’il a hébergé et qu’il a eu l’ossature d’exprimer pour l’humanité.

En cette occasion que je veux solennelle, mes réflexions et mes hommages sont pour ceux qui ont su honoré leur engagement envers le Cap Thomas Sankara, par le sacrifice suprême, pour la patrie et pour le bonheur de tous les Burkinabé. Un encouragement aux veuves Mariam et Madame Bamouni sans oublier les innombrables orphelins, qui ne sont que la partie visible de la iceberg.

Ce sacrifice au nom du peuple burkinabé et pour la justice et la fraternité, ne saurait être vain. Comme l’autre a su le dire « El présente es de lucha, el futuro es nuestro ! »

Pourquoi n’avez vous pas créer une association pour vous regrouper et vous défendre collectivement? A Cuba on a du vous apprendre que pour se défendre il faut se regrouper et s’organiser non ?

Salifou. S. : Oui, mais là-dessus, il y a beaucoup à dire et n’en pas finir. Permettez-moi de résumer tout cela en deux mots : « la théorie est facile, mais la pratique est difficile ». Sinon l’association y est, mais qu’elle a toujours du chemin à faire comme l’Afrique dans sont incohérence. Pero seguiremos luchando,

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

Propos recueillis pour le site thomassankara.net en mars 2012 par courrier electronique.

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1 COMMENTAIRE

  1. “les bourses cubaines ont été une aubaine pour le Burkina Faso… La quatrième république a tout simplement déshonoré à son engagement à notre égard, pour des intérêts politiques partisans” interview de Salifou Sana parti étudier à Cuba pendant la révolution
    Je suis très heureux de lire l’interview de mon frère d’arme si vous me le permettez et je tiens à l’encourager.

    Nous avons tous été choqués quand à notre situation. Beaucoup se sont donnés la mort par suicide à cause de la dépression.

    Comment pouvez-vous le comprendre, envoyer des orphelins loin de leurs parents dans l’espoir qu’ils puissent participer activement dans les actions de développement de ce pays et les voici où plus de la moitié se trouvent dans la rue.

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