ISBN 978-2-35639-135-3

Février 2014, 64 pages

Edition ELYTIS Diffusion harmonia mundi 6€50


Présentation du livre. 4ème de couverture

Figure révolutionnaire messianique, Thomas Sankara fut le premier président du Burkina Faso, de 1983 à 1987. Il fit baisser la mortalité infantile, promut l’instruction, améliora la condition féminine et rendit son pays auto-suffisant en essayant de le détacher de la tutelle des grandes puissances.

Le discours sur la dette qu’il prononça à Addis-Abeba en 1987 est emblématique car il proposait de renégocier l’ensemble de la dette, jugée inique, des pays endettés du continent africain.

Thomas Sankara sera assassiné quelques mois plus tard.

Jean Ziegler, sociologue de notoriété internationale, rencontra le chef d’Etat à plusieurs reprises et devint son ami. Nous parlant de cet homme atypique, il nous présente ici la situation de tutelle à laquelle les organismes financiers soumettent les pays endettés.

Présentation de l auteur 4eme de couverture

Jean Ziegler, premier rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, de 2000 à 2008, est vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme. Il est auteur de nombreux essais dont Destruction massive, géopolitique de la faim, paru en 2013, qui l’ont rendu mondialement célèbre.

<media1126|insert|left>Complément de la rédaction : Jean Ziegler, sociologue est un militant de longue date, membre du parti suisse du travail qui appartient à l’international socialiste. Il a publié de nombreux ouvrages, abordant des sujets aussi différents que le rôle de la Suisse dans la blanchiment de l’argent ou celui des banquiers pour financer la guerre des nazis.
Plusieurs ouvrages sont consacrés à l’exploitation du tiers monde et aux rebelles combattant la spoliation de leur pays.
Dans la dernière période, il se consacre à la lutte contre la faim dans le monde, publiant plusieurs ouvrages sur le sujet. Il se fait remarquer par ses déclarations fracassantes, expliquant que la mortalité et la famine est un scandale, accusant les mutinationales de spéculer sur l’alimentation alors on pourrait sans difficulté nourrir l’ensemble de la planète. Pour lui « la faim est un crime contre l’humanité ». On se reportera à l’article du même nom à http://www.les-crises.fr.
Jean Ziegler a bien connu Thomas Sankara durant la révolution. Il a publié d’autres ouvrages précédemment, où il souligne plus longuement qu’ici la personnalité de Thomas Sankara et l’importance de la révolution burkinabè :
La Victoire des vaincus, oppression et résistance culturelle, Seuil, 1988.
Sankara – Un nouveau pouvoir africain avec Jean Philippe Rapp, P.-M. Favre ABC, 1986.

Nos commentaires

Un livre sur Sankara est toujours bienvenu. Vendu au prix de 6 EUROS 50, nous ne pouvons que souhaiter que ce livre touche un public large, surtout qu’il est introduit par Jean Ziegler, une personnalité renommée, qui a bien connu Thomas Sankara.

Le livre est composé du discours sur la dette et d’une introduction de Jean Ziegler. Ce discours, prononcé au cours d’une assemblée de l’OUA, est sans doute le plus connu, d’autant plus que, fait rare pour les discours de Sankara, nous disposons des images intégrales. Celles-ci sont d’ailleurs très largement diffusées (voir à l’adresse) sur le net et nous l’avons publié sur notre site (voir à l’adresse). Les altermondialistes et les nombreuses associations qui luttent contre le paiement des dettes illégitimes, se réfèrent souvent à Sankara, comme le premier à avoir appelé à ne pas la payer, à tel point qu’ils organisent souvent leurs rencontres internationales autour du 15 octobre, date de l’assassinat de Thomas Sankara.

L’essentiel du texte introductif de Jean Ziegler consiste en une présentation de Thomas Sankara et du problème de la dette.

Il connait bien Sankara et il nous en fait un portrait personnel en quelques lignes particulièrement bien tracé, montrant comment cet homme presque paradoxal renferme en lui, des qualités diversifiées. Il raconte quelques anecdotes pour illustrer sa force de caractère et son itinéraire. Il affirme avoir été à la recherche de son identité, du fait qu’il appartient à une lignée issue d’une alliance entre les peuhls et les mossis, mais cette ethnie est cependant parfaitement identifiée et dénommée, silmi-mossi. Et pour bien comprendre le problème que cela a engendré, il aurait été judicieux de rapporter le fait que Thomas a d’abord porté, le nom de Ouédraogo, un nom mossi, et a revendiqué lui-même auprès de son père de porter le nom de Sankara.

Par ailleurs on regrettera aussi qu’il intègre le père de Thomas aux « prolétaires urbains vivant d’expédients » alors que celui-ci était auxiliaire de gendarmerie et a ainsi pu bénéficier d’un logement au camp des gendarmes de Gaoua notamment, ce qui le différencie d’un prolétaire urbain. D’ailleurs Thomas Sankara, qui a ainsi pu aller à l’école, s’est plutôt considéré comme privilégié, même s’il ne nie pas la modestie de sa famille, ce qui n’enlève rien au fait qu’il avait une sensibilité particulière à la misère de son pays, qu’il a côtoyée.

Jean Ziegler connait bien la question de la dette, pour avoir été rapporteur des Nations Unies sur la problème de la faim dans le monde. Il nous en situe parfaitement bien la réalité à l’aide de chiffres récents, montrant non seulement que ne pas la payer ne mettrait certainement pas les pays riches en faillite mais surtout qu’il s’est agi de soumettre les pays du tiers monde, reprenant l’essentiel de l’argument de Thomas Sankara, développé dans le discours.

Peut-être aurait-il été utile d’ajouter que ce discours a été prononcé à l’époque où la France soumettait son aide bilatérale à la signature d’accord d’ajustement structurel avec le Fond Monétaire internationale. Sa connaissance précise du sujet, le discours est prononcé sans note comme le montrent les images, vient probablement du fait que comme de nombreux pays, le Burkina avait entamé des négociations avec le FMI, mais que contrairement à la plupart d’entre eux, il a refusé de signer comprenant que ce que le FMI tentait d’imposer était une voie opposée à celle qu’avait choisi la révolution burkinabè.

Le prix modique du livre, son nombre de pages modeste, la présentation du livre par Jean Ziegler, en fait un accès facile et une excellente introduction à Thomas Sankara, pour ceux que rebutent les gros pavés didactiques.

Bruno Jaffré

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